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Olivier de Cointet
Recommandation | 7 janvier
6 mn

Jeff Koons au-delà du bling
Cinq conseils pour apprécier son œuvre à sa vraie valeur.

Junkyard, Jeff Koons © Junkyard, 2002, Whitney Museum of American Art, New York ; promised gift of Thea Westreich Wagner an
Large Vase of Flowers, Jeff Koons © Large Vase of Flowers, 1991, Sammlung Ludwig – Ludwig Forum für Internationale Kunst, Aix-la-C
Balloon Dog, Jeff Koons © Balloon Dog (Magenta), 1994 - 2000, Santi Caleca Pinault collection © Jeff Koons
Gazing Ball, Jeff Koons © Gazing Ball (Ariadne), 2013, Tom Powel Imaging Monsoon Art Collection
© Jeff Koons
Rabbit Jeff Koons © Rabbit, 1986, Museum of Contemporary Art Chicago, Partial Gift of Stefan
T. Edlis and H. Gael Neeso
Il est l’artiste vivant le plus cher du monde et ne laisse personne indifférent. Le Centre Pompidou consacre à Jeff Koons sa première rétrospective complète, qui comprend une sélection exhaustive de son travail depuis 35 ans. En contemplant des œuvres où il n’est parfois jamais intervenu, comme les affiches de « Luxury and Degradation », il n’est pas inutile de s’armer de quelques clés de lecture pour se faire une opinion sur ce sulfureux artiste. En voici cinq, proposées par Bernard Blistène, commissaire de l’exposition et directeur du Musée National d’Art Moderne.

Dali et Koons

Un lien fort existe entre Salvator Dali et Jeff Koons, qui se sont rencontrés une fois à New York. Comme Jeff Koons, Dali a toujours pris le contre-pied des choses, avec un recul élégant. Il fallait déconstruire la peinture, lui l’a traitée de la manière la plus académique qui soit. Il fallait célébrer les artistes qui étaient à distance du métier et du savoir-faire, Dali peignait à la loupe. Dali, mal aimé des surréalistes, est longtemps apparu comme un pitre plutôt que comme un artiste. Sa réhabilitation est contemporaine de l’avènement de Koons. Ce rapport à la société et à l’argent les rapproche à des générations de distance.

Du passé faire table rase

Les séries « The Great New » et « The New » présentent la rupture que Koons souhaite affirmer au tournant des années 1980. C’est le néon qui l’intéresse dans le travail de Dan Flavin, célèbre artiste minimaliste américain des années 1960. Il l’associe à des objets du quotidien, comme l’aspirateur, pour leur pouvoir évocateur. En les montant l’un sur l’autre dans la série « The Great New », il vide ainsi le néon de sa substance symbolique, et le réduit à son rôle usuel, celui d’éclairer. Par là il vide également les mouvements historiques qui précèdent son travail de toute la symbolique qui s’y attachait.
Hoover Celebrity III, Jeff Koons © Hoover Celebrity III, 1980, Douglas M. Parker Studios, Los Angeles The Museum
Of Contemporary Art,

Le goût des autres

Le jugement est une notion fondamentale du travail de Koons. Il bouleverse les critères sur lesquels se fondent habituellement notre analyse et montre qu’ils sont intimement liés aux connotations sociales attachées aux objets. Dans la série « Luxury and Degradation », Koons moule par exemple trois objets différents dans un même matériau, ce qui neutralise leur signification et brouille le sens de chacun, renforcé par l'usage de l’acier chromé, qui donne l’illusion du luxe. Derrière l’apparente simplicité des images et des procédures, se révèle une sophistication extrême de l’impact que ces images vont pouvoir avoir sur la société américaine. Koons s’empare de la culture de masse et élabore un vocabulaire plastique accessible : « Je recherche toujours la familiarité afin que le public ne se sente pas menacé par ces images. »
Jeff Koons © Two Kids, 1986, Douglas M. Parker Studios, Los Angeles Rubell Family collection, Miami © Jeff Koons
 L’acceptation
« Made in Heaven » est le rêve d’un film dont Koons et la Cicciolina seraient les héros. On ne sait si on regarde l’artiste Koons ou la star qu’il souhaite être, et qu’il devient. Le gigantesque poster présenté dans la rétrospective a été installé par Koons à côté du Whitney Museum, qui le lui avait commandé. La ville est importante pour lui comme lieu de passage et d’invention du quotidien. Elle lui permet d’exposer de gigantesques sculptures, souvent assimilables à de réelles performances. La série photographique présentant ses ébats sexuels avec la Cicciolina est transformée en œuvres de différentes natures – sérigraphie sur toile, bois polychrome ou cristal de Murano. Koons ambitionne de délivrer le public de la honte et de la culpabilité associées à l’acte sexuel. En regardant ces images, on est soi-même regardé par d’autres, ce qui est pour Koons une première étape dans l’acceptation.
Self-Portrait, Jeff Koons © Self-Portrait, 1991, Douglas M. Parker Studios, Los Angeles Collecton particulière © Jeff Koons
 Artisans
Dans la série « Celebration », on observera également l’une des dimensions importantes de l’œuvre de Koons : la mise en valeur du travail des artisans. La reproduction d’objets éphémères réalisés en formes monumentales est d’une immense précision. Koons met en œuvre des moyens de production extrêmement ambitieux, notamment des technologies de pointe. Il fait appel à des artisans, mais aussi à des entreprises spécialisées, consacrant parfois plus de dix années à la production d’une seule pièce.
Michael Jackson and Bubbles Jeff Koons © Michael Jackson and Bubbles, 1988, Douglas M. Parker Studios, Los Angeles
Collection particulière ©
Au Centre Pompidou, jusqu’au 27 avril 2015.
Crédits photo : Two Kids, 1986, Douglas M. Parker Studios, Los Angeles Rubell Family collection, Miami © Jeff Koons, Self-Portrait, 1991, Douglas M. Parker Studios, Los Angeles Collecton particulière © Jeff Koons, Rabbit, 1986, Museum of Contemporary Art Chicago, Partial Gift of Stefan T. Edlis and H. Gael Neeso, Michael Jackson and Bubbles, 1988, Douglas M. Parker Studios, Los Angeles Collection particulière ©, Large Vase of Flowers, 1991, Sammlung Ludwig – Ludwig Forum für Internationale Kunst, Aix-la-C, Junkyard, 2002, Whitney Museum of American Art, New York ; promised gift of Thea Westreich Wagner an, Hoover Celebrity III, 1980, Douglas M. Parker Studios, Los Angeles The Museum Of Contemporary Art,, Gazing Ball (Ariadne), 2013, Tom Powel Imaging Monsoon Art Collection © Jeff Koons, Balloon Dog (Magenta), 1994 - 2000, Santi Caleca Pinault collection © Jeff Koons
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Article paru dans le numéro #48 RÉSOLUTIONS
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