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Sophie Colin
Reportage | 30 oct.
12 mn

Les nouveaux combats des chefs
Sur le ring, patrons et boxeurs échangent beaucoup plus que des gnons.

Gant de boxe, SweatBoxing, Ring © DR
Entraineur et boxeur, Gant de boxe, SweatBoxing, Ring © DR
Temple Noble Art, Ring, boxe © DR
Boxe, Boxeurs, SweatBoxing, Ring © DR
« Au premier round, il reçoit un énorme coup de tête qui l’ouvre profondément. Il est KO. On le soigne, mais il est vraiment sonné. Au deuxième round, il tourne un peu, retrouve ses esprits et reprend de la distance avec ses poings, prend une droite sur un contre et valse au tapis. Il est KO. Mais il veut se relever, il se relève, il est là. L’arbitre donne le compte, et le match reprend. Il tient, on lui redemande de lever sa garde, il prend des coups mais il tient bon. Nouveau round, la cloche sonne. Il n’est pas bien du tout, mais il ne veut pas arrêter, parce qu’il a tellement attendu ce championnat du monde. A la sixième reprise, il est toujours sur le ring. Et il tient les douze rounds… »
Stéphane Demouy, Cyril Durand © DR
Stéphane Demouy, Cyril Durand
Cet esprit de la boxe, Cyril Durand et Stéphane Demouy l’ont longuement décortiqué, chacun de son côté. Puis l’un et l’autre ont ouvert une salle, le premier Temple Noble Art, le second Sweat Boxing, pour développer un concept de boxe innovant et haut de gamme.
C’est en gérant un fonds d’investissement, HH Développement, spécialisé dans le patrimoine immobilier et les projets innovants, que Cyril Durand s’est lancé dans le business de la boxe. Le fonds avait en effet investi dans la très raffinée salle de boxe Temple Noble Art. « C’est une opportunité business. La société a besoin de sport autrement : du confort, du service, un bon emplacement. C’est un projet entrepreneurial pour lequel j’ai une grande ambition et que je fais avec beaucoup de sincérité. On est en train de changer le regard porté sur la boxe et je crois aux valeurs véhiculées par le sport. Après, tout projet doit avoir une viabilité économique », explique Cyril Durand, qui pratique la boxe depuis qu’il est étudiant. Il a puisé son inspiration dans le concept de White Collar Boxing, salle de boxe pour cols blancs., très en vogue aux Etats-Unis.
Le destin de Stéphane Demouy bascule le jour où, gravement blessé, il est obligé d’arrêter une carrière de tennisman de haut niveau alors qu’il était l’un des meilleurs espoirs français. « C’est psychologiquement très violent car vous avez dédié votre vie à un rêve et tout d’un coup tout s’arrête. J’avais envie de rester dans le monde du sport. Il fallait que je fasse des études pour avoir les connaissances médicales qui me distingueraient des autres entraîneurs. J’ai des diplômes de kiné, de podologie, de réflexologie et de diététique. J’ai réuni mon expérience sportive et médicale pour devenir préparateur physique et psychologique de sportifs de haut niveau. »
Un jour, Louis Acariès, grand promoteur de boxe et ex-champion, lui présente Brahim Asloum, qu’il a entraîné pendant dix ans et qui est devenu champion de France et champion olympique. Le show-biz et les hommes d’affaires font appel à lui. Stéphane Demouy, Brahim Asloum et David Bitton, ancien champion du monde, lanceront Sweat Boxing pour une pratique de ce sport dans un environnement chic, mixte et non violent.
Entraineur et boxeur, Gant de boxe, SweatBoxing, Ring © DR
Entraineur et boxeur

NOBLE ART ET DÉPASSEMENT DE SOI

Les deux salles renouent avec l’esprit noble de la boxe, inspiré du noble art ou l’art de donner des coups sans en prendre, et ses atouts : stratégie, adresse, maîtrise de soi, montée de l’adrénaline, plaisir sans compétition, mixité ; ce sport très complet implique de se sentir bien dans son corps et apprend la confiance en soi. À la clé : le dépassement de soi, conviennent Cyril Durand et Stéphane Demouy, conscients que c’est ce résultat que les clients leur achètent.
Pour y parvenir, chacun a sa méthode. Stéphane Demouy fait suivre ses clients par des médecins et les soigne : « Je fais un bilan santé-forme de la personne et, en fonction de son assiduité, je fixe un programme personnalisé et des objectifs réalistes. J’utilise les mêmes méthodes pour les amateurs que pour les professionnels. Pour les champions, je ruse pour les forcer à se dépasser toujours plus. »
Cyril Durand, lui, répond à des problématiques managériales à travers des séminaires d’entreprise et des mises en situation qui révèlent, sur le ring, des comportements que l’on retrouve en entreprise : la position de leader ou de retrait, la moquerie, la peur, la capacité à prendre une décision lucide alors qu’on est agressé. « Beaucoup de chefs d’entreprise qui s’entraînent ici, sont en situation de dominants, ils cherchent sur le ring à être dominés pour reconquérir de l’assurance et reprendre le pouvoir. Ils ont le mental et ce parcours est valorisant. Ceux qui acceptent de recevoir les coups les plus forts ou de combattre avec les plus forts ont en général un rang élevé dans l’entreprise. »
Escalier  Temple Noble Art salle de boxe © DR
Escalier de Temple Noble Art
« Sur le ring, c’est l’adrénaline. Sur les sacs, c’est l’intensité. A l’arsenal, la poire vous fait entrer dans la légende », promet Cyril Durand avant de nous plonger dans l’univers de la boxe à travers films et romans. Stéphane Demouy, lui, explique le concept de sweat boxing qu’il a développé : il consiste à combiner différentes techniques de sports de combats, de les mettre en musique et de les accompagner de mouvements de renforcement musculaire. Pour Pluris, il mime les coups imparables de boxe qui mettent KO l’adversaire. On entre alors un peu plus encore dans la légende.
Cyril Durand et Temple Noble Art offrent un cours d’essai aux membres de Pluris.
Temple Noble Art
Cyril Durand
11 rue Molière, 75001 Paris
+33 1 49 27 03 11
contact@temple-nobleart.fr
Sweat Boxing
Stéphane Demouy
142 avenue Malakoff, 75016 Paris
+33 1 45 00 87 80
contact@sweatboxing.fr
Ring, boxe © DR
Temple Noble Art , le ring
SweatBoxing, ring, boxe © DR
SweatBoxing, le ring

LA BOXE EN QUELQUES MOTS

La boxe, autrefois appelée pugilat, est pratiquée selon les règles du noble art de la boxe anglaise édictées par le Marquis de Queensberry en 1865. Deux adversaires de même catégorie de poids, munis de gants rembourrés, se rencontrent sur un ring pour échanger des coups de poings. Le combat est divisé en rounds de 3 min. Entre chaque round, une cloche annonce 1 min de repos, pendant laquelle les boxeurs peuvent recevoir soins et conseils.

L’enjeu est d’éviter les coups de son adversaire en essayant de le toucher. Des points sont attribués à chaque coup jugé net, puissant et précis. À la fin du combat, est déclaré vainqueur le boxeur qui a le plus de points, celui qui a mis son adversaire KO (knockout), c’est-à-dire dans l’incapacité de se relever ou de reprendre le combat après le compte de 10 secondes de l’arbitre, ou encore celui dont l’adversaire est blessé.
La différence entre boxe anglaise, boxe française, boxe américaine, boxe thaï, boxe pieds-poings, savate boxe française, kick-boxing américain… tient aux cibles corporelles à atteindre (visage, buste, jambes) et aux armes corporelles utilisées (poings, coudes, genoux, pieds, tibias).
Entrainement de Boxe  © DR
Boxe anglaise : le direct du gauche
Entrainement de Boxe © DR
Boxe anglaise : le direct du droit
Entrainement de Boxe, Ring © DR
Boxe française : le Chassé
Entrainement de Boxe, Ring © DR
Boxe Thaï : le Low Kick
FILMS & LIVRES autour de la boxe, recommandés par Cyril Durand, Temple Noble Art
FILMS
Charlot boxeur (1915).
Charlot Boxeur, Boxe © DR
Charlot Boxeur
Dans les années 30/40, on a des films qui mettent en évidence la noblesse du sport avec des héros plutôt grands, blancs et blonds :
Gentleman Jim, de Raoul Walsh.

Le champion, de King Vidor.
Dans les années 50/60, la boxe a pas mal été mise en scène dans des films noirs, qui mettent en évidence l’environnement un peu malsain autour (paris, mafia, …). Les boxeurs sont des personnages beaucoup plus ambigus :
Nous avons gagné ce soir (The Set-Up), de Robert Wise.
Sang et Or (Body and Soul), de Robert Rossen.
Le baiser du tueur (Killer’s Kiss), de Stanley Kubrick.
Combat de Boxe, Ring © DR
Combat de Boxe
Plus dure sera la chute (The Harder They Fall), de Mark Robson.
La femme modèle (1957), de Vicente Minnelli avec Lauren Bacall et Gregory Peck.
Dans les années 70 : Rocky, de John Schlesinger, où l’on revient à une histoire classique de l’ascension du héros.
Dans le même style en plus contemporain :
Ali, de Michael Mann.
Million Dollar Baby, de Clint Eastwood.
The Fighter, de David O’Russel.
L’ambiance Las Vegas / couleurs, ce sera dans Snake Eyes de Brian de Palma.
LE meilleur film de boxe, c’est Raging Bull de Martin Scorsese, difficilement classable.
Robert De Niro, Raging Bull, Boxe © DR
Robert De Niro, Raging Bull
LIVRES
De la Boxe, de Joyce Carol Oates.
Sur le Ring, de Jack London.

Jack London Sur le Ring © DR

De sueur et de sang, de FX Toole.
L’âme du papillon, les saisons de ma vie, de Muhammad Ali.
Alias Ali, de Frédéric Roux.
Histoire de la boxe, d’Alexis Philonenko
50000 Dollars d’Ernest Hemingway.
Night Train, de Nick Tosches.
Boxeo Classico, de Christaan Felber's.
Constellation, de Adrien Bosc (Stock).
Very Boxe (Editions Orbis Pictus club - Photos rares d'un combat entre Jack Johnson et l'artiste Arthur Cravan).
Combat de Boxe, boxeurs, ring © DR

Combat de Boxe

Crédits photo : DR
Bonnes adresses
11 rue Molière
75001 Paris - France
+33 1 49 27 03 11
contact@temple-nobleart.fr
142 avenue Malakoff
75016 Paris - France
Article paru dans le numéro #40 RING
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