Fermer
Francois de Guillebon
À savoir | 3 février
11 mn

Bornéo, dernier paradis sur terre
Une île immense, une forêt primaire, des orangs-outans, des coupeurs de tête et des explorateurs subjugués.

 © © www.photo-tourisme.com
 © © www.photo-tourisme.com
 © © www.photo-tourisme.com
 © © www.photo-tourisme.com
 © © www.photo-tourisme.com
 © © www.photo-tourisme.com
 © © www.photo-tourisme.com
 © © www.photo-tourisme.com
 © © www.photo-tourisme.com
Partagé entre la Malaisie, l’Indonésie et le Sultanat de Brunei, Bornéo, quatrième plus grande île du monde par sa superficie (736 000 km2) est un pur paradis pour les amateurs de faune et de flore. Entre mer, montagne et forêt, à vous de définir votre voyage en trois dimensions.

Archipel de Sipadan : le très Grand Bleu

De Kuala Lumpur, il faut s’envoler vers le nord-est de l’Etat du Sabah et survoler l’immense et très ancienne forêt primaire. Direction Tawau, pour s’approcher de l’archipel de Sipadan, la Mecque des plongeurs, avec ses 3000 espèces de poissons, et ses centaines d’espèces de coraux. On y vient du monde entier pour approcher requins marteaux, raies mantas, bancs de barracudas ou énormes tortues vertes.
Semporna est le point de départ de toutes les plongées. Diverses écoles proposent la formation au Padi, des excursions vers les centaines d’îles qui parsèment la mer de Célèbes. Le Sipadan Scuba propose logement et cours. L’hôtel n’est pas un 5 étoiles, mais les cours y sont d’excellente qualité. En attendant d’accéder au Graal, sans certitude, reste à aborder les différentes petites îles, véritables cartes postales, sable, mer bleu profond, soleil et palmier. Dans la clarté de ces eaux tropicales, la visibilité est incroyable, à peine troublée par le courant marin. Pour les plongeurs, qu’ils soient débutants ou aguerris, la faune est omniprésente. Quelques barracudas adultes, des poissons lions, des poissons crocodiles, de minuscules hippocampes ressemblant à des plantes… Sur ce qu’on pourrait appeler « Turtle Boulevard » aux abords de l’île de Mabul, les tortues vertes passent et repassent sans faire attention aux quelques plongeurs présents. À près de vingt mètres, l’une d’elles, particulièrement imposante, nous regarde, ni apeurée, ni particulièrement attentive. Après cette brève rencontre, elle nage et s’éloigne tranquillement. Impossible de ne pas être ému par ce tête-à-tête sous-marin. Les heureux élus, eux, iront face à la muraille de Sipadan et observeront le balai des requins marteaux.
 © © www.photo-tourisme.com

Mont Kinabalu : plein la vue

Changement de décor. Toujours dans l’état du Sabah, le Mont Kinabalu culmine à 4095 m, et s’étend sur 750 km2. Pour les locaux, il est considéré comme le lieu de renaissance des défunts, la porte la plus proche de la mort.
Ici, on dénombre environ 4000 espèces de flore et de faune et 10 % des orchidées mondiales. Rien que pour cette famille, on compte plus de 800 variétés, plus de 600 fougères, et une cinquantaine de plantes carnivores.
Pour monter au sommet, un guide agréé est indispensable. Les moins sportifs se sentiront rassurés en voyant des personnes âgées grimper les sentiers. Qu’on ne s’y trompe pas, mieux vaut être un peu entraîné physiquement. La vue sur la région est sublime. Chaque année, 30 000 randonneurs font l’ascension. Pour atteindre l’étape de Laban Rata, il faut compter de quatre à six heures. Rarement un endroit aussi sommaire ne vous semblera aussi accueillant et reposant par rapport à la fatigue de l’escalade. Dîner sur place, couché le plus tôt possible et réveil à 2h pour continuer l’escalade jusqu’au sommet (entre deux et quatre heures) et assister au lever du soleil. Commence alors une épreuve pire encore, la descente. Si le paysage et la vue sont époustouflants, redescendre est une corvée pour qui n’est pas préparé. Attention aux genoux ! Chaque année, un climbathon réunit le gotha des coureurs de trail. En tête en 2014, un athlète japonais est parvenu au sommet en 2h17, 4h11 en comptant la descente. Pour info, le prochain aura lieu en octobre 2015.
Pour se reposer et réapprendre à marcher sans douleur dans les cuisses, il faut a minima le Shangri La Rasa Ria. Dans ce havre de paix, il n’y a qu’à se laisser au confort des chambres, à la douceur du climat, à la longue plage de sable blanc. Pour un premier contact avec les orangs-outans, il faut absolument se rendre le matin au feeding du Sanctuary Program. Depuis 1996, les bébés orangs-outans abandonnés ou blessés y sont recueillis pour être soignés et surtout acclimatés à la vie en pleine nature. Ils sont ensuite envoyés vers un autre programme, à Sepilog, avant d’être définitivement relâchés dans la nature. Principal cours dispensé ? Faire son nid soi-même. L’endroit est magique et curieusement, pas encore très fréquenté par les touristes français.
 © © www.photo-tourisme.com

Chez les ex-coupeurs de têtes

« Si vous n’aimez pas la mer, si vous n’aimez pas la montagne… » vous pouvez toujours vous enfoncer dans la forêt primaire, à la recherche des tribus Ibans, anciens coupeurs de têtes, et des orangs-outans. Aujourd’hui, on ne passe plus l’ennemi au fil de l’épée et les indigènes se sont organisés pour recevoir les touristes. Premier impératif cependant, faire le plein d’offrandes pour le village et son chef. À Serian, arrêt shopping au marché local pour y découvrir les produits que l’on ne connaît pas ici. Tarap, Rambutan, Durian, Snake fruit ou encore produits séchés de la mer. Dans un coin, sur un étal, deux pythons découpés en morceaux, de la taille d’une cuisse de rugbymen, attendent d’être cuisinés. Pour les locaux, grand plaisir à regarder les étrangers effrayés et dégoûtés.
Les bras chargés d’offrande, direction la rivière Batang Aï. Après deux heures de pirogue, voilà la Long House, une maison sur pilotis qui accueille l’ensemble du village. Pour connaître son importance, on calcule le nombre de portes. Celle-là en comporte quatorze, une par famille. Les habitants vous saluent poliment mais pas au-delà, tant que le chef ne vous a pas officiellement présenté à la communauté. Vous faites alors partie de la famille. L’alcool de riz n’y est pas totalement étranger non plus.
Avec fierté, ils vous racontent alors leur passé de chasseurs de tête. Cette pratique ne serait plus autorisée, ni pratiquée depuis 1920. À l’époque, elle faisait partie du paysage lors des querelles entre tribus, pour un territoire, une dot. Pour « nettoyer » la tête coupée, ils la plaçaient dans la rivière, laissant au courant et aux cailloux le soin de faire le travail. Certains préféraient la fumer. Peut-être iront-ils chercher dans leur grenier les crânes portés sur un plateau de paille, sur lesquels figurent des offrandes. Dans un coin, on remarque un vieil homme couvert de tatouages, dont la rumeur dit qu’il aurait été par le passé un de ces « coupeurs de tête » recrutés par l’armée britannique… Affabulations ? Vérité ? Nous ne saurons jamais.
Promenade sur la rivière Batang Aï. Nous croisons alors trois rangers qui reviennent de patrouille sur une zone de 24 000 ha. Censés protéger les orangs-outangs et les autres espèces, ils vivent en pleine nature pendant des jours. Ils nous proposent d’accoster et nous préparent le produit de leur pêche, dans un incroyable barbecue en pleine jungle, animé par le chant des oiseaux et des grillons. Nous sommes à deux nuits de pirogue de l’Indonésie. Pendant que les hommes s’occupent du feu, les femmes préparent le riz dans des bambous coupés. « Le nombre d’orangs-outangs dépend du nombre de nids. Ici, il doit bien y en avoir 800 », explique le chef des rangers, bardé de tatouages indigènes. Pour se nourrir, les Ibans vont parfois chasser le serpent, le sanglier, le cerf ou le singe. Avec un peu de chance, ils vous emmèneront chasser. Hier autorisée, la chasse à la sarbacane a été remplacée par le fusil et le chien. Quant à la pêche, elle est devenue impossible depuis que les plantes toxiques dont ils se servaient sont interdites.
Avant de retourner vers Kuala Lumpur, étape indispensable à Kuching, une ville où l’on trouvera douceur de vivre, repos, et une architecture chinoise et coloniale rappelant la ville de Malacca en Malaisie péninsulaire. Parce qu’après cette aventure en 3D, retrouver une autre forme de civilisation est indispensable.
Crédits photo : © www.photo-tourisme.com
Article paru dans le numéro #52 GENÈSE
Recevoir le magazine Inscrivez-vous pour recevoir chaque semaine l'essentiel de la culture, du business et de l'art de vivre.
Fermer
Bornéo, dernier paradis sur terre à un ami.
(*) Obligatoire
Fermer
Modifiez votre mot de passe
Fermer
Veuillez saisir votre identifiant
Fermer
Fermer
Bienvenue sur Pluris
Inscrivez-vous pour rejoindre
la communauté Pluris et recevoir chaque semaine le magazine.
Créer un compte avec un email
Bienvenue sur Pluris
, complétez le formulaire pour terminer votre inscription.