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Tiphaine Illouz
Portrait | 21 février
7 mn

Art in the Flat
Si tu ne viens pas à la galerie, la galerie ira à toi grâce à Samuel Raharison.

Samuel Raharison, Art in the Flat © DR
Samuel Raharison, Art in the Flat © DR
Samuel Raharison, Art in the Flat © DR
Samuel Raharison souhaitait mieux faire connaître les œuvres de la création française en exploitant un canal de diffusion inédit : l’exposition en appartement. Il a donc fondé Art in the Flat pour réunir tous les acteurs du secteur, et en particulier Loft Galerie, la Galerie éphémère, Interface à Dijon, et L’Appartement à Marseille. « Le milieu des expositions en appartement est à la fois confidentiel et officiel, peu développé en France, alors que ces manifestations privées permettent de présenter des artistes émergents ou confirmés d’art contemporain dans des espaces privées et décontractés. »

Donner accès à l’intention de l’artiste

Si l’idée des expositions en appartement n'est pas nouvelle – Gertrude Stein, écrivaine, poétesse et collectionneuse, recevait chez elle au 27 rue de Fleurus pour faire découvrir les œuvres de l’avant-garde parisienne au début du 20e siècle – Samuel Raharison rêve avant tout de faire découvrir des artistes émergents, rassemblés autour d'un thème choisi ou exposés seuls. Dernièrement, il a organisé une exposition autour des Frères Ripoulain (David Renault et Mathieu Tremblin) pour leur série Stand By, un triptyque de carrés noirs parsemés de points lumineux qui sont la reproduction des témoins lumineux présents dans des appartements, et de Benoît Broisat pour Les Témoins, une série de diptyques où l'artiste associe une page de journal ou de magazine à un objet présent sur la photographie.
Président du Club art contemporain de Sciences Po, Samuel Raharison est un collectionneur passionné depuis plus de dix ans, spécialiste du Street Art. Très impliqué dans l’art contemporain, il a toujours souhaité donner au public des clés de compréhension des œuvres. « Dans l’art contemporain, et encore plus particulièrement dans l’art conceptuel, il faut des repères pour acquérir une meilleure ouverture aux œuvres et être en mesure de les recevoir. Car l’art contemporain est avant tout une tentative pour faire émerger ce qui n’apparaît pas, et les œuvres sont rarement compréhensibles en première lecture. »
Samuel Raharison, Art in the Flat © DR
En prenant comme référence les salons des 18e et 19e siècles, « où l’on parlait d’art de manière décomplexée », il s’agit de pénétrer d’une manière active dans l’œuvre d’un artiste et de donner à voir ses intentions et le sens caché d’une oeuvre. « Dans un Musée, les casques commentés sont un mode de connaissance passif. Partager une démarche artistique dans le cadre privé d’un appartement permet d’avoir des interactions directes, de favoriser les rencontres entre galeristes, experts, et grand public, et de participer à une certaine émulation artistique. » Et quand il s’agit d’artistes émergents, Samuel souhaite qu’ils soient présents afin de pouvoir exprimer leurs intentions.

Un circuit souterrain offline

À terme, l’objectif de Samuel est de devenir L’Officiel des Spectacles, de ces manifestations. En contrepoint des centres d’art incontournables comme le Centre Pompidou ou le Palais de Tokyo, il souhaite bâtir un réseau d’appartements pour offrir un circuit underground aux amateurs d’art contemporain « avec un côté très privé et la possibilité d’être reçu de manière privilégié dans un contexte où les expositions d'art connaissent un engouement sans précédent ». Au-delà de l’art contemporain, il s’agit aussi de militer en faveur d'un retour au réseau traditionnel fait de rencontres humaines en chair et os. « Aujourd’hui, on parle énormément des réseaux sociaux. Or exposer dans un appartement et échanger autour d’une œuvre est un retour au rapport offline. Les expositions en appartement sont une manière de soutenir les échanges immédiats, le partage des émotions, et des discussions ouvertes. »
Pour accéder à ces évènements intimistes et gratuits, c'est le bouche-à-oreille qui fonctionne le mieux au sein d'un public de collectionneurs et de CSP+, mais la curiosité vaut aussi sésame. « Derrière chaque appartement, il y a un réseau unique et une communauté faite d’amis, d'amis d'amis, et de famille. On ne vient pas à ces expositions par hasard. Il faut être très curieux pour nous trouver. » En ce moment Samuel essaye de susciter des vocations chez les particuliers afin qu’ils ouvrent, le temps d'une exposition, les portes de leur intimité. « Il n’est pas forcément nécessaire d’avoir un grand appartement, seulement un éclairage correct et le mobilier suffisant pour permettre aux gens de discuter. » Et pour dénicher les nouveaux talents de l’art contemporain, il est en « perpétuel éveil », et court les foires et vernissages, et aussi « l’inévitable » Palais de Tokyo, le Plateau, et la Maison rouge « pour ses très belles expositions qui expriment une subjectivité ».
Samuel Raharison, Art in the Flat © DR
Crédits photo : DR
Article paru dans le numéro #54 COLLECTIONNITE
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