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Plur.is
Évasion | 24 février
4 mn

Cathédrale au secret
À Bazas, petite ville de Gironde, un joyau oublié de l'architecture gothique.

Gargouilles de la cathédrale de Bazas © DR
Cathédrale de Bazas après la pluie © DR
Cathédrale de Bazas © DR
Cathédrale de Bazas © DR
On connaît celles de Reims, Chartres, Paris, Albi, Lyon… Mais Bazas ? La cathédrale de la petite ville girondine, ancien évêché à une soixantaine de kilomètres de Bordeaux, est un joyau architectural. Construite en 1233, mise à bas au 16e siècle par les Huguenots, elle mêle en une singulière beauté le gothique du 11e à des éléments du 13e et du 18e. Avec sa façade flamboyante, ses portails décorés d’une des plus belles statuaires de la région, sa nef étroite, ses 64 vitraux créés par le maître verrier Joseph Villiet de 1852 à 1862, elle se dresse comme un vaisseau au bord de la place de la République qui y mène en pente douce. Dédiée à Jean Baptiste, elle raconte abondamment son histoire, avec d’étonnantes représentations presque orientalisantes de Salomé obtenant sa décapitation auprès du roi Hérode.
Mais le saint homme en perdrait une nouvelle fois la tête à constater le traitement réservé au bâtiment par les Bazadais. Très dégradé par le temps et les intempéries, il fait certes l’objet d’un important chantier de rénovation, réclamé de longue date par l’association des amis de la cathédrale. Mais la communication ne suit pas. Bazas semble manifester une déroutante indifférence vis-à-vis de sa belle endormie. Que la cathédrale soit classée par l’Unesco au titre des Chemins de Saint Jacques de Compostelle n’y change rien. Il faut fouiller longuement sur le site de l’Office du tourisme pour dénicher quelques informations laconiques à son sujet. Les touristes sillonnant la Gironde font rarement le détour par l’ancien évêché. La cathédrale doit se contenter de susciter l’ébahissement chez les pèlerins qui font étape à Bazas en empruntant la voie de Vézelay pour se rendre à St Jacques. Et personne ne leur explique l’improbable ajout, près du chœur, d’une série de tableaux apparemment contemporains dont l’un figure une femme de dos à demi dénudée, dans une posture presque inconvenante dans ce lieu saint.
Un ancien professeur universitaire d’histoire du moyen âge, rencontré au hasard d’une balade autour de la ville, se désole : « Personne ne connaît Bazas. Un évêque du diocèse de Bordeaux n’a appris l’existence de la cathédrale qu’à l’occasion de sa nomination. » Une constatation confirmée par un Néo-Zélandais installé dans la ville : « Les Bazadais se méfient du marketing touristique, ils pensent ne pas en avoir besoin. » Et de fait, les habitants sont bien davantage diserts sur leur vraie fierté, le bœuf de Bazas. Confirmation, la viande est d’une extraordinaire onctuosité agrémentée d’un subtil parfum de noisette. Mais est-ce suffisant pour s’affranchir d’un tour à la cathédrale ?
Gravure de la Cathédrale de Bazas après la pluie © DR
Crédits photo : DR
Article paru dans le numéro #60 À PLUMES ET À POILS
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Cathédrale au secret à un ami.
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