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Automates plus vivants que nature

Oiseaux chanteurs, robots, humanoïdes, et Léonard de Vinci faisant des clins d'œil : des automates extraordinaires qui sont le fruit du génie de François Junod.

Léonard de Vinci fixe les visiteurs, et leur fait un clin d’œil complice comme pour les rassurer. Cette scène est l’une des expériences singulières que réserve la visite de l’atelier de François Junod, concepteur de génie, spécialisé dans les automates en tous genres : oiseaux chanteurs, robots, humanoïdes plus vrais que nature. Demandées dans le monde entier, ses sculptures singulières ont même conquis Martin Scorsese qui en avait utilisé pour son film « Hugo Cabret ».
La visite de son atelier, sis dans le petit village de Sainte-Croix en Suisse, se mérite. En quittant les bords du lac Léman, on monte patiemment vers le Jura Suisse par une petite route en lacets pour atteindre ce petit village entre deux forêts. À quelques mètres de la fameuse fabrique de boîtes à musiques Reuge, une étrange bâtisse avec un écriteau de bienvenue en japonais, est indiquée comme l’atelier de François Junod.
Sur plusieurs étages, chaque millimètre carré de cette caverne d’Ali Baba est occupé par de petites pinces, tournevis, limes, cames, scies à métaux et à bois, clés, moulages en plâtre, cages à oiseau, horloges, appareils de mesure, machines à souder, et mille autres trucs dont seul François Junod connaît l'usage. Malgré la surabondance des gros instruments et petits outillages, l’ensemble donne une impression de très grande précision, comme si chaque élément avait une place minutieusement négociée. Plus étranges, un crâne rempli de liquide gélatineux translucide, des jambes en plâtres.
Au détour d’un établi, un squelette portant fièrement un feutre noir,
plus loin une sculpture d’homme aux lunettes teintées jaune évoquant
celles de John Lennon. Tous ces visages, ces parties de corps,
ces animaux habitent l’atelier et le rendent étrangement vivant.
À mesure que François Junod parle de ses créations, on comprend le talent unique de ce boulimique de création mécanique, dont le plus grand plaisir consiste à démonter des objets pour en créer de nouveaux. Ses yeux pétillent lorsqu’il nous entraîne au dernier étage de son atelier pour nous montrer sa collection de jukebox. Le bras mécanique qui saisit le disque fascine tout autant que la machine à sous démontée sur une petite table basse, pour en comprendre le mécanisme aléatoire, qu’il a pu ainsi reproduire en l’adaptant dans un mouvement horloger. Cette créativité est liée à son ingéniosité et à une fascination sans cesse renouvelée pour les défis.
Le développement des métiers d’art était l’une des dimensions importantes du travail de Pierre Jaquet Droz au 18e siècle. Près de trois siècles plus tard, la manufacture poursuit cette tradition en collaborant étroitement depuis plusieurs années avec François Junod. La réalisation du mécanisme de l’oiseau siffleur de la Charming Bird était un défi passionnant pour François Junod et les équipes de Jaquet Droz, car tout était à inventer pour concevoir cette prouesse de miniaturisation et de technique, qui a exigé plus de deux ans, des esquisses à la réalisation de la pièce.
Si faire pivoter l’oiseau pouvait s’inspirer des boîtes à musiques anciennes, de nouvelles approches ont été nécessaires pour lui permettre de siffler à une échelle réduite. Quand les systèmes anciens étaient à soufflet, ici des cylindres à pistons ont été fabriqués à échelle miniature, seule solution pour générer suffisamment de force pour le chant de l’oiseau. Dans le processus de réalisation, chaque pièce a été travaillée séparément, avec de nombreux essais de matériaux et techniques avant d’être assemblées. Un prototype à l’échelle 10 du mécanisme siffleur a notamment été réalisé avant d’être miniaturisé, afin de permettre une simulation la plus parfaite du produit final. Enfin, chaque pièce est assemblée à la main car à ce niveau de finesse, « il y a toujours d’infimes différences à ajuster, que seule la main de l’homme peut maîtriser », tient à préciser François Junod.
www.jaquet-droz.com


Crédits photo : Pluris
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