Fermer
Plur.is
À savoir | 12 mars
8 mn
« Il y a beaucoup d’amour dans le travail réalisé par nos ateliers. Chacun met du cœur pour que chaque pièce ait une âme. » Fawaz Gruosi résume ainsi parfaitement l’impression ressentie quand on s’attarde dans les nouveaux ateliers de haute joaillerie et d’horlogerie de de Grisogono, la maison qu’il a fondée à Genève il y a vingt ans. Le bâtiment est moderne, léché, et tire son originalité du rapprochement voulu entre la joaillerie et l’horlogerie. Rapprochement physique car les deux univers ne sont plus séparés que par une simple vitre, mais également dans l’esprit car l’une des spécificités de la maison est de développer ce que Fawaz Gruosi appelle « des objets portables », qui cassent les codes traditionnels et expriment le parti pris esthétique et créatif qui a fait son succès. « Mes bijoux sont audacieux, plein de couleur et de joie », ajoute-t-il. La connivence avec les équipes est évidente, elle participe de cette même volonté d’apporter aux pièces la plus grande élégance et de la gaité, sans se prendre au sérieux, « en rendant possible l’impossible ».

Les ateliers de joaillerie : plaisir et créativité

Quelques regards échangés suffisent, pas besoin d’un dire plus. Entre Fawaz Gruosi et Patrick, le responsable d’atelier, la complicité date de plus de seize ans, depuis les origines de la marque. L’un ne parlait pas encore français et l’autre pas anglais, mais malgré tout, l’alchimie a fonctionné. Fawaz Gruosi résume ainsi l’esprit de cette collaboration : « On a jamais travaillé sérieusement. Ce qui primait était le plaisir, on rigolait, on avait des idées bizarres. À une époque où le minimalisme règne en maître, on a fait du volume, en mélangeant des pierres précieuses et semi-précieuses et en nous focalisant sur la ligne mais aussi sur la matière. »
Lorsqu’en 2005, de Grisogono passe d’une production externalisée à la création de ses propres ateliers, il s’agissait d’aller dans le détail de chaque pièce en suivant les étapes de réalisation du dessin jusqu’aux finitions. En étant précurseur de nombreuses techniques comme l’or noirci ou l’or brun, la maîtrise des savoir-faire en interne permet une plus grande réactivité, flexibilité et confidentialité. Poussant encore plus loin cette logique, les nouveaux ateliers ouverts en 2014 renforcent l’ensemble des compétences essentielles du métier.
Face à chaque joaillier, un simple dessin. « Avec un dessin, ils imaginent la pièce. Chez nous c’est l’impulsion qui compte, on peut l’interpréter et proposer. C’est un dialogue qui rend heureux et responsabilise », résume Patrick. En observant un sertisseur placer l’une des 600 pierres sur les volutes d’une boucle d’oreille avec la même précision et la même patience, après 200 heures de travail, on comprend l’importance de la confiance pour amener chacun à se dépasser.
Ce dessin, réalisé par des designers internes, va également guider le choix fondamental des pierres et le travail des nuances si cher à de Grisogono.
« Lorsque les dessinatrices mettent de l’ombre pour insuffler de la vie dans le dessin, les ombres ne sont pas des ombres, mais des différences de couleur. Chaque pièce a une âme, elle doit dégager une émotion. Il faut essayer de surprendre. L’assemblage de couleurs, leur dégradé ou leur contraste, y contribue fortement. »

Les ateliers d’horlogerie : objets portables

« On a gardé la base classique, mais en la modernisant pour l’homme et la femme d’aujourd’hui. Ce sont des objets portables qui vont au-delà de l’horlogerie et de la joaillerie », précise Fawaz Gruosi. L’esthétique est souvent très simple, mais magnifiée par une complexité qui ne se voit pas. Comme pour la joaillerie, où l’envers des pièces est sculpté d’arabesques, les montres de Grisogono cachent des détails infimes, comme la Meccanico, simple dual time, mais dont le digital est actionné par le mouvement analogique grâce à un mécanisme ultra complexe de rouages, cames et tambours...
À l’origine atelier de prototypage pour répondre au rythme très soutenu de nouveautés, l’atelier s’est renforcé pour compter aujourd’hui sept horlogers. Du montage des mécanismes à l’assemblage des bracelets en galuchat, autre signe distinctif de la maison, le geste est précis. Les moyens ont été renforcés pour répondre aux demandes les plus exigeantes des clients, notamment pour usiner les boites, bracelets et fermoirs en petites séries de 5 à 20 pièces.
Le lien avec la joaillerie se ressent dans la plupart des modèles, comme pour Allegra lancée en 2014, avec le sertissage de la lunette ou le rhodiage noir des pièces. Mais c’est une véritable philosophie qui questionne les approches classiques et rend possible la création de pièces totalement uniques à l’image de la Skull et de la langue qu’il tire, en faisant appel à des concepts d’assemblages et de volumes que seule la joaillerie sait maîtriser. Le goût des défis est clairement partagé par les équipes et encouragé par Fawaz Gruozi qui conclut : « Faire un dessin, tout le monde peut le faire, mais avoir l’idée c’est autre chose et avoir le courage de la mettre en œuvre, c’est bien plus rare. »

Découverte inédite des ateliers de Grisogono





Crédits photo : Pluris
Fermer
L'art et la matière à un ami.
(*) Obligatoire
Fermer
Modifiez votre mot de passe
Fermer
Veuillez saisir votre identifiant
Fermer
Bienvenue sur Pluris
, complétez le formulaire pour terminer votre inscription.