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Sophie Colin
Recommandation | 19 avril
4 mn

Fantasme, fiction et fantasy
Le collectionneur David Roberts exalte l'art contemporain en exposant ses 2000 œuvres à la DRAF, à Camden.

1 200 m2 intégralement dédiés à l’art contemporain, et bientôt plus de 2 000, logés au sud de Camden, dans une ancienne manufacture de meubles. Ce lieu d’exception héberge aujourd’hui l’une des scènes artistiques les plus innovantes de Londres. Créée en 2008, la David Roberts Art Foundation (DRAF) est née d’une passion partagée pour l’art, celle de David Roberts, grand collectionneur, et celle de Vincent Honoré, directeur et commissaire d’exposition de la fondation.
C’est au milieu des années 90 que David Roberts, promoteur immobilier écossais, a lancé sa collection. Celle-ci réunit aujourd’hui plus de 2000 œuvres sur tous supports, résultat du travail de 600 artistes internationaux : figures majeures du Pop Art (Andy Warhol, Roy Lichtenstein, Rosenquist), Young British Artists (Damien Hirst, Tracey Emin, Marc Quinn, Sarah Lucas), sculpteurs des années 80 (Anish Kapoor, Richard Deacon, Tony Cragg). Très anglaise au départ, elle s’internationalise dès 2007 avec Daniel Buren, Sol Le Witt… À présent, son but est de constituer des groupes conséquents d’œuvres d’artistes comme Sergej Jensen, Danh Vo, Martin Boyce…
« La collection, c’est aussi un rapport à l’errance.
On se fixe des objectifs pour justement ne jamais les atteindre. »
Cet engagement pour l’art contemporain a conduit David Roberts à créer une fondation. Il en a confié la gestion et la programmation à Vincent Honoré, qui a travaillé au Palais de Tokyo à Paris et à la Tate Modern à Londres. Quatre à huit solo shows, expositions de groupe, conférences et symposium, animent chaque année ce lieu créatif et original.
À la DRAF, on est rapidement touché par l’atmosphère propice à la rêverie et la liberté. Tout semble possible, rien n’est fermé. L’approche de Vincent Honoré est à la fois très intellectuelle et sensible, et les mots avec lesquels il définit sa démarche laissent deviner l’âme des lieux. Il compare les expositions à des « fictions », l’œuvre à un « fantasme ». À propos des lignes artistiques de la collection fixées en amont, il précise : « Il ne s’agit pas de règles que l’on suit strictement puisqu’il faut se laisser porter par la découverte. La collection, c’est aussi un rapport à l’errance. On se fixe des objectifs pour justement ne jamais les atteindre. » Il aime travailler dans des endroits « étonnants » car il veut empêcher que la collection se muséifie : « Elle doit rester ce fantasme domestique. Il faut la garder vivante. » En écho à cette approche, la personnalité de David Roberts lui-même, « toujours prêt à revoir ses positions, à être bousculé dans ses habitudes ».
La DRAF a cette fantaisie que l’on envie aux Anglais : « Ils sont plus décomplexés, irrévérencieux. C’est très libérateur », confirme Vincent Honoré. De l’art de collectionner outre-Manche.
Crédits photo :
Bonnes adresses
37 Camden High Street
NW1 7JE Londres - Royaume-Uni
Article paru dans le numéro #62 WAVE
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