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Tiphaine Illouz
À savoir | 29 mars
7 mn
Débarqué dans le monde de la nuit par le hasard des rencontres, après une carrière chez l’Oréal et dans le conseil, Rasmus Michau jongle entre une levée de fonds, son site de mondanités Say Who et une avalanche de nouvelles idées. En 2006, il a lancé les soirées Institut Bonheur dans les Jardins de Bagatelle, alternant pendant quelques années habits de lumière les week-ends et costume cravate le lundi matin. Puis il a repris l’ancien Man Ray pour en faire Le Cirque, un club d’hiver aux soirées décadentes entre nains et gogo danseuses. Entre temps, il a créé et revendu une agence de communication (Hmm!). Aujourd’hui, ce boulimique de projets fourmille d’idées, dont il donne à Pluris un aperçu.

Pluris – Après un parcours classique dans les grandes écoles françaises, vous avez pris le large. Sur quoi travaillez-vous en ce moment ?

Rasmus Michau – Je me concentre principalement sur deux projets : le développement de l’application BonjourBonjour, un réseau social pour célibataires avec partage de contenus et photos. Il compte aujourd’hui 150 000 membres, mais j’ambitionne de faire une levée de fonds de 2 millions d’euros pour le développer. En parallèle, je travaille sur mon site Say Who qui couvre aujourd’hui 200 soirées par an. Dernièrement, j’ai crée une application de playlists de musique élaborées par des dj’s avec la possibilité de télécharger 50 morceaux par mois pour un tarif modique. Je dis oui à tout, car j’ai toujours besoin d’une nouvelle balle avec laquelle jouer, même si j’ai déjà eu quelques mauvaises surprises qui ont failli me coûter cher.

Comment définissez-vous le branché ?

Je préfère parler de mondain, et Say Who permet d'en fédérer 200. Être mondain, c’est se nourrir de rencontres, s’inspirer du monde, et avoir envie de faire bouger les choses. À travers ce site, je défends l'idée qu'être mondain n'est pas lié à une catégorie socio-professionnelle : il y a des banquiers amateurs d’art, mais aussi des gens qui brillent par une élégance folle ou des créatifs hors-normes… Paris est une ville où les mondanités sont essentielles, car c’est en dehors du bureau, dans les soirées et vernissages, que se jouent les rencontres et que se montent les projets. Dans l’année, il y a des moments d’une grande intensité pour les mondains, comme la Fashion Week ou le Festival de Cannes. Les soirées contribuent à rendre chaque ville plus intéressante.
Rasmus Michau © DR

Rasmus Michau

Vous avez grandi au Danemark, puis étudié en Italie pour finalement habiter Paris. Quels liens entretenez-vous avec la capitale ?

Paris reste pour moi une découverte perpétuelle, une ville dont on ne fait jamais le tour, où chaque soir il se passe quelque chose. En ce moment, elle est en effervescence totale, toutes les expériences sensorielles y sont possibles, c’est la révolution culinaire, la capitale mondiale de la musique électronique, avec notamment la Pick up Society, We love green, le Wanderlust, le Social club, le Rex. Des projets se montent tous les jours et les gens mettent de plus en plus leur cœur dans ce qu’ils font. Au premier abord, la ville peut sembler difficile, mais les relations humaines y sont très importantes, et il y a une vraie convivialité et solidarité. Pour ces raisons, je crois profondément qu’il est plus facile d’entreprendre en France qu’ailleurs, et que Paris n’a surtout rien à envier à Berlin ou à San Francisco.

Quel regard portez-vous sur le monde de la nuit des trente dernières années ?

La nuit s’est démocratisée. Il y a vingt ans, c’était un univers élitiste avec des endroits où il fallait être, des passages obligés comme le Palace ou les Bains Douches où l’on allait pour voir des personnalités. Aujourd’hui, au Silencio, croiser cinq stars dans la soirée est devenu banal. Ce qui compte c’est de retrouver les copains, d’écouter de la bonne musique. La nuit s’organise maintenant selon les tribus et les styles. À Paris, même s’il y a beaucoup d’endroits, je ressens une fidélité aux lieux plus importante qu’à New York par exemple. La nuit ouvre des portes, et grâce à elle j’ai rencontré plein de monde de tous les milieux, j’ai été invité partout et j’ai même découvert la chasse !

Qu’est ce qu’une soirée réussie selon vous ?

Une soirée commencerait par un dîner entre copains, puis se terminerait à 7h du matin en dansant au Baron ou au Raspoutine. Les ingrédients ? Une ambiance bon enfant, surtout pas prétentieuse et sans drogue. Au Baron, le taulier est là, toujours fidèle, et on sent que c’est son bébé d’origine. Cela fait dix ans que j’y vais, et j’y suis accueilli comme un habitué. Tous les ans je vais au festival Calvi on the Rocks, où il n’y a que des aficionados et de la bonne bouffe corse.

Et en dehors de Paris, quelles villes vous inspirent ?

Los Angeles ! C’est une ville hédoniste, toujours animée d’un esprit pionnier, toute entière habitée par une attitude positive et élégante. Il y fait beau, il y a un melting-pot culturel très riche composé d’Occidentaux, de Latins et d’Asiatiques. À l’inverse, San Francisco m’a semblé très introverti. Très bientôt, je m’envole pour la première fois vers le Japon, mon cadeau pour mes 40 ans, et qui sait, une autre ville où entreprendre ?
Crédits photo : DR
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Article paru dans le numéro #59 BOL D'AIR PUR
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