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Sophie Colin
Reportage | 28 mai
5 mn
« La transmission du métier d'orfèvre est familial. Pour moi, c'est une transmission de passion. » En vacances scolaires, Camille Gras a découvert l'atelier et l'univers d'un orfèvre, et prend soudain conscience d'avoir trouvé sa voie. Depuis treize ans, il exerce ce métier d'artisanat d'art.
Son atelier, situé au cœur du quartier historique des orfèvres, est nimbé de lumière. Conçu pour que tout soit à portée de main, il est ponctué de contrastes flatteurs entre ombre et clarté. Devant la forge, Camille travaille à la soudure d'un motif sur une pièce en argent. Il dépose une poudre blanche sur l'objet afin de fluidifier la soudure puis le chauffe à 750° C. Son expérience s'affirme dans une appréhension intuitive des choses. À l'œil, il sait à quel rouge correspond la température à atteindre. Une fois refroidie, la pièce est trempée dans l'acide pour être décapée. Contrairement à la soudure en étain qui casse, celle en argent est d'une solidité à toute épreuve.
« Le mouvement a l'air anodin mais je suis en tension pour pouvoir maîtriser l'outil. »
Camille restaure, conçoit et réalise des pièces d'orfèvrerie en argent massif et en métal argenté. Il travaille pour des antiquaires, des maisons d'orfèvrerie qui n'ont plus d'atelier ou plus d'orfèvre, et des particuliers. Il réalise également des prototypes pour des designers et des architectes d'intérieur. Son projet le plus fou ? Un porte-caviar en forme de montgolfière.
« C'est un métier où le savoir se transmet à l'ancienne. Le CAP ne dure que deux ans alors qu'il faut dix ans pour acquérir les bases : apprendre à souder, à marteler jusqu'à ce qu'on maîtrise les gestes », explique Camille en précisant que les techniques ont peu évolué depuis le 18e siècle. Quelles sont les qualités d'un bon orfèvre ? « La patience, la précision, être malin pour trouver comment travailler la pièce, ne pas avoir peur car entre la forge, la scie circulaire, l'établi, il y toujours des risques de se blesser. »
Camille Gras, orfèvre à Paris © Pluris
Camille restaure à présent une timbale en argent bosselée. « Il n'y a jamais deux bosses au même endroit ! » À grands coups de marteau, il fait ses gammes sur l'objet qui émet des sons graves et aigus à la manière d'un xylophone. Les bruits de l'atelier rythment la manipulation des outils : triboulets, recingles, bigornes, trusquins, marteaux, échoppes, compas, équerres, ciselets... Le contraste avec leur surface mate, brillante, brossée, patinée, lisse ou rugueuse donne envie de les toucher.
Autrefois, les apprentis, âgés de 13 ans, restaient un an auprès du maître, à le regarder sans pouvoir manier les ciselets. C'était la tradition. Camille Gras, lui, s'affaire à l'atelier depuis son enfance.
Ateliers Camille Gras, orfèvre à Paris © Pluris
Ateliers Camille Gras, orfèvre à Paris © Pluris
Ateliers Camille Gras, orfèvre à Paris © Pluris
Ateliers Camille Gras, orfèvre à Paris © Pluris
Ateliers Camille Gras, orfèvre à Paris © Pluris
Ateliers Camille Gras, orfèvre à Paris © Pluris
Camille Gras, orfèvre à Paris © Pluris
Ateliers Camille Gras, orfèvre à Paris © Pluris
Ateliers Camille Gras, orfèvre à Paris © Pluris
Ateliers Camille Gras, orfèvre à Paris © Pluris
Ateliers Camille Gras, orfèvre à Paris © Pluris
Ateliers Camille Gras, orfèvre à Paris © Pluris


Crédits photo : Pluris
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