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Théo Siffrein-Blanc
News | 28 février
10 mn

Ces nouvelles technologies qui vont bouleverser la mode
Imprimante 3D, textiles intelligents, vêtements connectés et réalité virtuelle : les innovations qui feront la mode de demain débarquent dans les rayons.

Habit imprimé en 3D 'Caress of the Gaze' par la créatrice Behnaz Farahi, textiles intelligents, vêtements connectés, impression 3D, caresse du regard © Behnaz Farahi
Habit imprimé en 3D "Caress of the Gaze" par la créatrice Behnaz Farahi
Selon l’IFM, le marché français de la mode a décliné de 0,8 % en 2015. En baisse continuelle depuis sept ans, les revenus du secteur ont chuté de 13 % depuis 2007. Quant au panier moyen, il stagne aux alentours de 400 € annuel. Les nouvelles technologies pourront-elles inverser ces tendances négatives ? Tour d’horizon des innovations qui pourraient bien révolutionner ce marché, en France et dans le monde.

L’impression 3D

Visionnaire, Iris Van Herpen était la première créatrice à introduire une robe imprimée en 3D dans un défilé en 2013. En juillet dernier, Karl Lagerfeld lui faisait écho en lançant pour Chanel son tailleur 3D. Mais loin d’être l’apanage de la haute couture, cette technologie est amenée à se vulgariser.
La fabrication additive connaît déjà un immense succès chez les bijoutiers, qui seraient les premiers acheteurs de machines dans le monde. Gemmyo, startup française qui a levé 4 millions d’euros depuis sa création en 2011, a prouvé qu’on pouvait bâtir un business model solide à partir de cette technologie. Vendant uniquement par internet, ses imprimantes façonnent à la demande et sur mesure les moules en résine, avant d’y couler les métaux précieux. Cela réduit les coûts, raccourcit les délais de production (3 semaines au lieu de 3 mois) et offre un gain de précision important.
Bijoux imprimés en 3D, bijoux sur mesure, gemmyo, innovation bijouterie © Gemmyo
Bague Gemmyo
Du fait de ces avantages, de jeunes créateurs comme Anastasia Ruiz se lancent également dans le prêt à porter 3D. Son modèle Dantelle, créé en partenariat avec Sculpteo, a été réalisé avec le matériau le plus souple du monde. Cependant, à l’image de cette robe, les vêtements issus de la 3D demeurent pour l’heure trop rigides (pour s’asseoir notamment), difficilement lavables et excessivement chers.
Jupe Bulle Anastasia Ruiz, matériau le plus souple du monde, imprimante 3D, jeune créatrice ESMOD, Sculpteo © DR / sculpteo.com
Jupe Dentelle Anastasia Ruiz
En réalité, les premières applications prêtes pour le grand public devraient provenir d’équipementiers tels que Nike, New Balance et Adidas. Le premier évoque déjà la possibilité de fabriquer ses propres chaussures à domicile tandis que les deux autres ont annoncé la sortie de chaussures de running dotées d’une semelle imprimée en 3D. Le client pourra ainsi bientôt se rendre en boutique, faire quelques foulées sur un tapis de course et repartir avec son modèle personnalisé.

Les textiles intelligents

Aux États-Unis, une étude récente de Forrester montre que 12 % de la population adulte américaine envisage de porter des vêtements intelligents. En France, le gouvernement a fait du textile intelligent l’un des trente-quatre domaines prioritaires du Programme d'investissements d'avenir.
S’il existe déjà un certain nombre d’applications médicales ou sportives, certaines startups parviennent à réconcilier mode et high-tech. C’est l’ambition de The Faraday Project qui a lancé une gamme de vêtement haut-de-gamme permettant de protéger son corps contre les ondes nocives des smartphones et de se prémunir contre toute tentative de piratage. Leur technologie brevetée, qui repose sur le fil d’argent, permet en effet d'isoler tout appareil connecté, dont les smartphones et les cartes contenant des puces RFID ou NFC. La startup de Neuilly-sur-Seine, dont les jeans sont vendus 290 €, reverse 10 € par article à l'Union for international cancer control (UICC).
Vêtements anti-ondes, jean anti-ondes, vêtement anti-hacker, textiles intelligents © The Faraday Project
Jean The Faraday Project
Behnaz Farahi, créatrice américaine d’origine iranienne, a quant à elle conçu un habit imprimé en 3D et muni d’une caméra qui réagit au regard. Baptisé « Caresse du regard », il détecte le regard humain, le sexe et l’âge de la personne et surtout le niveau d’insistance du regard, en fonction duquel les poils en plastique de ce haut se hérissent et se rétractent, comme le montre la vidéo ci-dessous.
Les nanotechnologies permettent également de concevoir des vêtements anti-taches, comme l’a fait ODO, une start-up pakistanaise, en transformant les propriétés moléculaires de ses jeans et t-shirt. Résultat : ketchup, café ou vin... aucun d’eux n'adhère. La startup vient de lever 115 000 USD sur Kickstarter.

Les vêtements connectés

Pas une semaine ne se passe sans que les projections de croissance des objets connectés ne soient revues à la hausse : 15 milliards sont en circulation dans le monde aujourd’hui et ils pourraient atteindre 30 à 80 milliards d’ici à 2020.
Les vêtements connectés n’échappent pas à ce phénomène. De Rigueur fait partie des start-up françaises qui se sont illustrés au CES de Las Vegas en remportant un Innovation Award grâce à son Connected Sleeve, un étui permettant de recharger sans fil n’importe quel smartphone. Sa technologie reposant sur l’induction électromagnétique a vocation à intégrer également les baise-en-ville et sacs de voyage que la société propose. En phase de préindustrialisation, la Connected Sleeve fait en ce moment l’objet d’une campagne Kickstarter et devrait être commercialisée dès septembre à partir de 99 €.
Vêtement connecté, chargement electromagnétique par induction, maroquinerie made in france, maroquinerie de luxe, étui smartphone en cuir © De Rigueur
Chargeur "The Connected Sleeve" par De Rigueur
Autre pépite française qui a tapé dans les yeux des États-Unis, Wair, lauréate du défi Cisco, a conçu un foulard connecté anti-pollution. Intégrant un textile capable de filtrer la pollution, les micro-particules et même les microbes, elle est également équipée d’un capteur relié à une application. Ce dernier permet d'analyser la qualité de l'air qu'on respire et d'être alerté en changeant de couleur quand les seuils de pollution atteints sont trop élevés.
Plus simplement, de plus en plus de vêtements ont vocation à intégrer une puce RFID permettant d’assurer la traçabilité et de faciliter la logistique du produit. Concrètement, la technologie permet d’éviter la contrefaçon, de localiser et de suivre le vêtement tout au long du processus de distribution. Bleu Forêt en partenariat avec Primo1D a ainsi conçu une chaussette connectée.

La réalité virtuelle

Contrairement à la précédente, cette technologie est encore loin d’un usage grand public. Aux États-Unis, 2,5 millions de casques de réalité virtuelle seulement ont été vendus en 2015. Mais Mark Zuckerberg, le fondateur de Facebook, qui a racheté Oculus Rift, espère en vendre 50 à 100 millions dans la décennie à venir.
De nombreuses maisons ont déjà parié sur la technologie. Dès 2014, TopShop proposait à quelques utilisateurs de voir le défilé automne/hiver 2014 à travers le casque Oculus Rift. Dior a même lancé l’année dernière son propre casque, Dior Eyes. Intégrant le son et l’image à 360°, ce casque imprimé en 3D permet aux adeptes de la marque de s’immiscer en backstage et d’assister aux préparatifs des mannequins ou encore au travail des maquilleuses.
Casque Dior Eyes, LVMH, réalité virtuelle défilé,  © Dior
Casque Dior Eyes
Demain, la réalité virtuelle devrait révolutionner le marketing et les modes d’achat. En utilisant un casque RV, on pourrait ainsi visiter une boutique, s’immerger dans les ateliers d’une marque et surtout essayer des vêtements chez soi. Il serait ainsi possible d’apprécier la manière dont tombe un pantalon ou de voir à quoi ressemble une paire de chaussure lorsqu’on marche avec. Néanmoins, les plus optimistes estiment qu’il faudra attendre 2 à 5 ans avant de pouvoir faire du shopping virtuel.
D’ores et déjà, la consommation de contenu via cette technologie immersive permettrait selon Abi Mandelbaum, le directeur Youvisit, de déclencher une transaction ou une inscription aux supports de communication dans 13,3 % des cas, contre 5,5 % pour un contenu standard.
Crédits photo : The Faraday Project, Gemmyo, Dior, De Rigueur, DR / sculpteo.com, DR, Behnaz Farahi
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Article paru dans le numéro #100 PÉPITES
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