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Théo Siffrein-Blanc
Portrait | 27 février
6 mn

Certifié entrepreneur français de l’étranger
Des tamagotchis à la certification : les vies multiples de Sébastien Breteau, pdg d'AsiaInspection, serial entrepreneur, ex-politique et philanthrope.

Sébastien Breteau, pdg d'AsiaInspection © Pluris / Sylvain Fuchs
Sébastien Breteau, pdg d'AsiaInspection
Fin 1995, Sébastien Breteau, alors étudiant à HEC, décide de partir à Hong Kong. Durant son VIE chez Sagem (ex-Safran), il flaire une opportunité : importer les premiers tamagotchis en France. Il convainc alors un businessman chinois de lui avancer la marchandise et réalise en trois semaines 100 000 € de profit grâce aux animaux de compagnie virtuels.
La fièvre entrepreneuriale, caractéristique de cette époque où le dragon asiatique est en pleine expansion, l’a contaminé. Grâce à l’argent de ce « coup de trading », il fonde en 1998 Sebo, un business d’import-export de produits asiatiques revendus à des distributeurs européens. « Mais avec l'avènement des vols à bas coût et d’Internet, justifier d’un métier d’intermédiaire, dont l’âge d’or se situait dans les années 90, n’était plus de mise », explique-t-il. Il revend donc Sebo en 2006.
Entre temps, il avait identifié une faille dans le nouveau modèle : acheter directement aux usines pose un problème de confiance, en termes de qualité et de délai de livraison. Or,« quand on traite avec l’Asie, on paie à l’avance. Et donc quand on a payé des produits qui ne sont pas conformes, on a un problème. » C’est la raison d’être d’AsiaInspection, qu’il crée en 2005.

AsiaInspection : ubériser la certification

Sébastien Breteau fait le pari de concurrencer Bureau Veritas et SGS, mastodontes cotés en bourse, en digitalisant l’activité et en s’adressant aux PME. Concrètement, il suffit à une entreprise qui souhaite, par exemple, produire 10 000 verres dans une usine en Malaisie de faire une demande sur le site d’AsiaInspection en donnant ses spécifications, et pour 300 dollars, un inspecteur qualifié se rend dans l’usine et émet un rapport d’inspection disponible en ligne le jour-même. À partir de ce dernier, l'entreprise valide ou non le paiement et l'expédition de la marchandise.
Pour parvenir à une telle réactivité, la force de l’entrepreneur est d’avoir su constituer un réseau d’inspecteurs au maillage très dense : « Dans un sens, on a fait de l’ubérisation en recrutant à distance via Linkedin et en mettant en place un e-learning en interne pour former les inspecteurs. Une fois le réseau constitué, nous n’avions pas à envoyer les inspecteurs en avion, ils sont à proximité des usines, ce qui nous permet de sortir des prix raisonnables. »
Dix ans plus tard, Asialnspection emploie 1500 collaborateurs dans 17 bureaux à travers le monde. Elle inspecte désormais en Afrique, en Amérique du Sud ou encore au Moyen Orient, et compte parmi ses 5500 clients des géants comme Gap ou Ralph Lauren. Grâce à ce modèle numérique, Sébastien Breteau a créé le numéro quatre mondial du secteur, pour les biens de consommation, sans jamais avoir levé de fonds.

« En politique, il n'y a pas de place pour la société civile »

Issu d’une famille qui valorise davantage la chose publique que la réussite entrepreneuriale, ce Bordelais a voulu s’essayer à la politique en 2012 en briguant la plus grande circonscription française du monde : la 11e des Français de l’étranger, qui regroupe l’Europe orientale, l’Asie et l’Océanie. Bloqué par l’UMP, qui lui avait préféré Thierry Mariani, il a été défait sous l’étiquette divers droite par l’ex-ministre des transports. « J’ai compris qu’il n’y a pas de place pour la société civile, les politiciens de carrière ne supportent pas qu’il y ait des gens qui ne consacrent que 5 ou 10 ans à la vie politique », observe-t-il.
À 44 ans, s’il se tient depuis éloigné du milieu politique, son envie d’être utile reste intacte. Il y a trois ans, il a donc créé une fondation pour l’éducation digitale dans les écoles des pays dans lesquels opère AsiaInspection. Une équipe dédiée de sept personnes fournit gratuitement à 20 000 élèves de 5 à 10 ans des tablettes et des applications éducatives, et forme leurs professeurs.
Crédits photo : Pluris / Sylvain Fuchs
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121 Rue d'Aguesseau
92100 Boulogne-Billancourt - France
Article paru dans le numéro #100 PÉPITES
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