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Olivier de Cointet
BIG BANG Les Grands Entretiens | 11 juillet , mis à jour le 3 août
8 mn

La compétition dans le sang
À la tête de SRO Motorsports Group, Stéphane Ratel s’est imposé comme le spécialiste de l’organisation des courses Gran Turismo en Europe.

Blancpain GT Series © SRO Motorsport Group
Blancpain GT Series © SRO Motorsport Group
Stéphane Ratel, CEO de SRO Motorsport Group © SRO Motorsport Group
Blancpain GT Series © SRO Motorsport Group
Blancpain GT Series © SRO Motorsport Group
Des Venturi Trophy aux Blancpain GT Series, Stéphane Ratel a vécu les 25 dernières années le pied sur l’accélérateur, à l’image des compétitions automobiles qu’il a dans le sang. SRO Motorsports Group, qu’il préside depuis 1995, s’est notamment imposé comme le spécialiste dans l’organisation et la promotion des courses Gran Turismo (GT) en Europe. Au cœur de la saison qui bat son plein, il partage avec Pluris sa passion et quelques-unes des recettes de son succès.
Stéphane Ratel CEO de SRO Motorsport Group © SRO Motorsport Group
Stéphane Ratel, CEO de SRO Motorsport Group

Pluris – Vous avez eu une très belle collection de voitures. Comment l’avez-vous constituée ?

Stéphane Ratel – Ce sont les hasards de la vie, ainsi qu’une vraie passion. J'ai toujours aimé ces voitures. Quand j’avais 25 ans, j’achetais et je vendais. J’en achetais jusqu’à quinze à la fois. Elles arrivaient par conteneurs, et je les revendais aux enchères ou à des particuliers. C’était une époque formidable.

Vous collectionnez toujours ?

Non, les plus belles voitures me sont passées entre les mains, mais je les ai toutes revendues. Je ne suis pas collectionneur dans l’âme. J’aurais dû les garder mais j’ai été vacciné par l’expérience des années 90 où je me suis retrouvé avec énormément de voitures qui d’un seul coup ne valaient plus rien. Ma première Ferrari 512 valait à peu près 45 000 euros, son prix est monté quelques années plus tard à 450 000 euros, et quand la bulle a explosé, elle ne valait guère plus de 15 000 euros ! Il n’y avait même plus la valeur originale. C’est comme la crise de la tulipe en Hollande : j’ai vécu l’effet d’un mouvement spéculatif !

Qu'est-ce qui a favorisé l'essor des courses GT ?

À la base, l’intérêt de la GT est de faire concourir une grande variété de voitures fabriquées à au moins 25 exemplaires, contrairement au GT prototype, où une voiture est spécialement construite pour la course. Or, pendant longtemps, on a assisté à un phénomène où une voiture était toujours techniquement plus performante que les autres et raflait toutes les compétitions, diminuant de facto leur intérêt. Par exemple la Ferrari F40, la McLaren F1 avec sa conduite centrale, la Porsche GT1, jusqu’à la Maserati MC12. Ce qui a tout changé, c’est l’invention par Max Mosley, le président de la Fédération internationale de l’automobile entre 1993 et 2009, de ‘la balance des performance’, qui consiste à équilibrer artificiellement les performances des voitures pour qu’elles aient toutes autant de chances de victoire.

Quels en sont les leviers ?

On peut agir sur quatre points différents : réduire l’aérodynamique en coupant les ailerons, ce qui était le cas de la Maserati MC12, brider le moteur, lever la hauteur de caisse et enfin mettre du poids pour l’alourdir. Ces quatre éléments peuvent équilibrer les performances de différents modèles de voitures. Ce rôle d’arbitre est l’une des compétences du groupe que j’ai créé. Nous le faisons pour les Blancpain Endurance Series, ainsi que pour d’autres championnats au Japon, en Australie, en Chine, etc. Les voitures sont équipées de boitiers électroniques enregistrant des paramètres essentiels contribuant aux performances de chaque voiture que l’on peut alors comparer aux données que l’on accumule depuis dix ans, et un pilote essaie toutes les voitures sur le même circuit. Résultat : aujourd’hui, toutes les marques peuvent prétendre à la victoire et nous avons douze marques différentes dans une même catégorie avec 70 voitures qui s’alignent au départ. C’est du jamais vu !

Et au niveau des pilotes ?

Après la balance des performances, la deuxième innovation en 2005 dont je suis à l’origine, c’est l’équilibre des pilotes. On a classé les pilotes en fonction de leur niveau en quatre catégories : les Platinum, pilotes professionnels qui sortent de la F1 ou sont pilotes d’usine ; les Gold, pilotes professionnels de moindre envergure ; les Silver, jeunes pilotes qui veulent faire une carrière dans le sport automobile ou amateurs de très haut niveau ; enfin, les vrais pilotes amateurs sont rassemblés dans la catégorie Bronze.

Cela a redonné de l'intensité aux courses ?

Oui car au final dans cette formule, beaucoup plus de voitures sont à la bagarre. Où que vous soyez, trois voitures sont devant, et deux derrière. Vous ratez votre freinage de justesse, deux voitures vous passent devant. Il se crée une espèce de magie, source de plaisir pour les concurrents et le public.

Et combien ça coûte ?

La fourchette des budgets est assez large. Pour une écurie, la saison représente un budget de 500 000 euros en moyenne. Les 24 heures de Spa vont coûter 100 000 et chacune des autres courses entre 50 000 et 60 000 euros. Pour un pilote, moins vous êtes rapide, plus ça vous coûte et si vous êtes très bon, vous ne payez pas, et pouvez même être payé !

Une nouvelle catégorie ?

En effet, nous avons introduit une nouvelle compétition pour les amateurs, la GT Sports Club. J'ai d’ailleurs fait ma première course depuis longtemps et je suis arrivé dernier. Les amateurs sont devenus bons ! (rires)

Quelle est votre recette du succès ?

Avoir un objectif. Et même si on doit louvoyer, transiger, trouver toutes sortes d’avenues pour y arriver, j’ai toujours eu le sentiment que ces voitures ont les plus belles marques, les plus belles formes, le plus beau bruit. Ce spectacle a un potentiel mondial.
Stéphane Ratel, CEO de SRO Motorsport Group © SRO Motorsport Group
Crédits photo : SRO Motorsport Group
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Article paru dans le numéro #74 GRAN TURISMO
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