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Paul Dupin de Saint Cyr
Entretien | 3 oct.
6 mn

Golf pour tous
En 2018, Paris accueille la Ryder Cup. Pascal Grizot, son président, veut en profiter pour convertir les Français aux plaisirs du swing.

En 2018, la France organisera pour la première fois la Ryder Cup, sur le parcours du Golf national, à Guyancourt dans les Yvelines. Pascal Grizot, le président du comité d'organisation, fait le point sur les principaux enjeux de l'évènement. Son souhait: que la Ryder Cup fasse rayonner le golf dans l'Hexagone.
Pascal Grizot, le président du comité d'organisation de la Ryder Cup 2018 © Sylvain Fuchs

Pluris – Votre profil d’entrepreneur est plutôt atypique dans le monde du sport. Que peut-il apporter à l'organisation d'un évènement sportif ?

Pascal Grizot – Même si je ne suis plus entrepreneur, je suis toujours impliqué dans les affaires comme investisseur privé. Mon job de vice-président de la Fédération française est bénévole, cela me laisse une grande liberté. Si je participe à l'organisation de la Ryder Cup, c'est par passion pour ce sport. J'ai été joueur en équipe de France et capitaine pendant 7 ans ! Je connais bien le golf et je connais aussi les mécanisme d'une Fédération. Je sais gérer un budget aussi important que celui de l'organisation de la Ryder Cup. J'ai donc toutes les armes pour mener à bien ce projet.

La Ryder Cup est un évènement de grande ampleur. Qu'allez-vous faire pour l'organiser dans les meilleures conditions ?

La Ryder Cup, c'est le troisième événement sportif mondial. On a la chance de pouvoir utiliser les infrastructures existantes, notamment pour les transports. Mais on doit aussi faire des travaux, en particulier sur les parcours. On crée notament des villages d'hospitalité pour accueillir les spectateurs dans les meilleures conditions. La question de la date va aussi se poser. Fin septembre, début octobre, il y a la Fashion Week, le Mondial de l'Automobile. Il faut essayer d'éviter que cela se chevauche. Nous devons également être irréprochable en terme de développement durable car l'Etat a investi de l'argent dans l'opération. Nos travaux s'inscrivent dans cette pratique. Là, par exemple, on change notre système d'irrigation et de drainage pour récupérer les eaux que nous allons utiliser pour arroser le parcours. Nous voulons également profiter de l'événement pour créer des passerelles qui pourront être créatrices de richesses. On a mis en place un Pass Museum qui permettra à chaque spectateur de pouvoir visiter pour des prix réduits la totalité des musées. Ce sera le plus de cette Ryder Cup par rapport aux autres, rendu possible par l'attractivité et les infrastructures de Paris.
Le golf n'a aucun problème avec le monde, c'est la France qui a un problème avec le golf : à peine 425 000 licenciés et 800 000 personnes qui le pratiquent sur une population de plus de 66 millions d'habitants !

Comment l'évènement est-il financé ?

La Fédération apporte 50% du budget. L'Etat en apporte 25%. Pour le reste, nous avons créé un club des partenaires. Avec l'équilibre financier de l'évènement, nous n'allons rien gagner.

Quels sont les objectifs que vous vous êtes fixés ?

Accueillir 300 000 spectateurs. Ce serait un record pour les Ryder Cup, la dernière a rassemblé 250 000 personnes. Nous voulons aussi faire repartir le nombre de licenciés, qui a stagné ces deux dernières années. L'objectif est de se rapprocher des 500 000.

Pour la première fois la France va accueillir la Ryder Cup, c’est un événement exceptionnel. Quelles retombées en attendez-vous ?

Avant tout, développer la pratique du jeu en France. C'est dans cet objectif-là que la Fédération a voulu candidater. On sait bien que l'accueil d'un grand évènement a toujours dynamisé les pratiques. Le golf est le premier sport individuel au monde, avec 70 millions de pratiquants. Aux Etats-Unis et dans les îles britanniques, cela concerne environ 10% de la population. Au Japon, ils sont 15 millions. Le golf n'a aucun problème avec le monde, c'est la France qui a un problème avec le golf : à peine 425 000 licenciés et 800 000 personnes qui le pratiquent sur une population de plus de 66 millions d'habitants ! L'enjeu est aussi financier. Plus la Fédération vend de licences, plus elle peut mener des opérations pour accueillir de grandes compétitions. Et obtenir de meilleurs résultats sportifs. Les grands champions d'aujourd'hui doivent beaucoup à ce que fait la fédération en terme de formation. Ces très bons joueurs qui ont très bien joué au niveau amateur grâce aux efforts de la Fédération peuvent aujourd'hui briller au plus haut niveau professionnel.

Crédits photo : Sylvain Fuchs
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Article paru dans le numéro #81 TROUS
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