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Olivier de Cointet
6 mn

Cinquante talents pour réaliser un cadran
La mission d'Antonio Calce, à la tête de Sowind : propulser Girard-Perregaux au firmament de l’horlogerie suisse.

The Pearl Of Wonders Manufacture Girard-Perregaux © Pluris
The Pearl Of Wonders Manufacture Girard-Perregaux © Pluris
The Pearl Of Wonders Manufacture Girard-Perregaux © Pluris
The Pearl Of Wonders Manufacture Girard-Perregaux © Pluris
The Pearl Of Wonders Manufacture Girard-Perregaux © Pluris
Antonio Calce, CEO de Sowind (Girard-Perregaux et JeanRichard) © Pluris
Propulsé à la tête de Sowind (Girard-Perregaux et JeanRichard) depuis janvier dernier, Antonio Calce est un pur produit de l’horlogerie suisse, à moitié italien, né à Neuchâtel et ex-directeur de Corum après un passage chez Piaget et Panerai. En faisant appel à lui, Kering, l’actionnaire majoritaire aux côtés de la famille Macaluso, a voulu parier sur un homme de produit, maîtrisant parfaitement les aspects industriels, et fin connaisseur du marché. Sa mission : faire décoller Girard-Perregaux, l’une des plus anciennes manufactures, référence de l’horlogerie suisse.

Pluris – Qu’est-ce qui fait la singularité de Girard-Perregaux ?

Antonio Calce – L’année prochaine nous fêterons 225 années d’existence dans l’industrie horlogère, sans interruption, avec à notre actif, plus de 80 brevets avec notamment l’invention du mouvement à haute fréquence. C’est un patrimoine en béton qui nous différencie d’autres marques et qu’il faut absolument valoriser pour pérenniser la marque. J’aime comparer l’art et l’horlogerie. L’œuvre d’art survit au génie qui l’a créée. Or pour créer une montre, il faut plusieurs centaines de métiers. Rien que pour un cadran, il en faut cinquante, qui se transmettent souvent de manière empirique.
 © Pluris

Comment communiquez-vous sur ce patrimoine ?

Nous organisons des visites de l’outil industriel, des expositions itinérantes, et nous possédons un musée qui est l’un des plus beaux de l’industrie horlogère. Ces dernières années, nous n’avons pas pleinement utilisé ce potentiel. Aujourd’hui, je veux le réexploiter, en cherchant à faire évoluer le mode de communication sans toucher au contenu.

Ainsi nous sommes en train de mettre en place un musée qui retranscrira les 225 années de la marque à travers un parcours initiatique, où le client pourra déambuler parmi de grandes feuilles explicatives.

Sur quels axes fondez-vous le développement des produits ?

Girard-Perregaux est une marque de manufacture, qui a le souci de la finition des mouvements. Elle possède une vraie crédibilité en la matière. Nous déployons des stratégies de mouvements sur 10-15 ans, en y investissant beaucoup de moyens. Aujourd’hui nous avons une signature, le Trois ponts. J’ai décidé en début d’année de créer une véritable famille de produits avec ces Trois ponts, car ils étaient uniquement liés au tourbillon, alors qu’on peut créer un ensemble de produits avec d’autres complications et se placer dans des gammes de prix différentes.

Cela vous permettra-t-il de toucher de nouveaux clients ?

Oui, car aujourd’hui pour la première fois dans l’histoire de la marque, nous allons lancer une collection en acier pour rester dans des segments de prix entre 7 500 et 12 000 francs suisses [environ 7 000 à 11 000 euros]. Cette famille en acier va s’agrandir, et comprendra des formes classiques mais aussi du sport contemporain, toujours en ligne avec les codes de la marque. Donc en effet nous allons augmenter le bassin de consommateurs. Mais il y aura aussi dans cette gamme de 1966 un mouvement squelette et un quantième perpétuel.
 © Pluris

Quelles limites vous donnez-vous dans l’évolution d’une famille ?

Ce qui est important c’est de travailler par fonction. C’est comme les voitures : le modèle demeure, mais il évolue tout en conservant son identité, voyez la Porsche 911.

Nous apportons nous aussi des modifications extrêmement subtiles au niveau de la boîte et des cadrans pour faire évoluer ce produit vers la modernité.

Ces développements produit s’accompagnent-ils d’une évolution au niveau du retail ?

D’une manière générale, nous suivons une logique de recentrage de nos points de vente en y augmentant les volumes. C’est comme ça que vous créez de la densité de marque. Je préfère vendre 100 montres sur 10 points de vente, 250 sur 100 points de vente, même 300 sur 100 points de vente. L’impact, le prestige de la marque et la création de valeur sont fondamentalement différents.
Antonio Calce, CEO de Sowind (Girard-Perregaux et JeanRichard) © Pluris
Antonio Calce, CEO de Sowind (Girard-Perregaux et JeanRichard)
Crédits photo : Pluris
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Article paru dans le numéro #76 REPARTIR
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