Fermer
Valerie Boas
Recommandation | 11 sept.
5 mn

Red Rose et Natür Therapy, deux films pour une rentrée
Sélection cette semaine de deux films improbables tout en finesse sur la condition humaine, l’un norvégien, l’autre iranien. Moteur !

Red Rose

Red Rose

Film iranien dont l’action se situe en 2009 pendant le « Printemps de Téhéran », à la suite de la réélection de Mahmoud Ahmadinejad à la présidence de la République islamique d'Iran, sur laquelle pesaient de lourds soupçons de fraude. Des manifestants étaient descendus massivement dans la rue et s’étaient emparés des réseaux sociaux alors naissants pour faire souffler un vent d’espoir et de contestation vite réprimé mais bien réel.
Red Rose, le film de Sepideh Farsi, revient sur cet épisode avec une approche intimiste. Les émeutes sont la toile de fond d’une histoire d’amour naissante entre une étudiante manifestante et un homme mûr, Ali, chez qui elle trouve refuge alors que dehors la répression s’organise. Incandescence des sentiments, possibilité d’une rencontre entre deux êtres si différents, lui en partance pour l’étranger, elle au seuil d’une vie de femme soumise.
Sobre, profond et sombre, ce beau film au dispositif dépouillé - un appartement à moitié vide, un téléphone portable et un ordinateur - sonne juste. À travers ces deux corps qui se dévoilent, ce sont deux générations dont les désillusions s’affrontent. Avec un ton mordant et réaliste, sans chercher à juger ni à convaincre, le film témoigne aussi sans pathos du désespoir et du courage des Iraniens au plan intime comme au plan collectif. Le tout sans montrer une seule rue de Téhéran, le troisième protagoniste du film, dont l’absence à l’écran créée habilement une tension et une vague sensation de manque, comme un exil.

  Les salles où vous pouvez le voir
Natür Therapy

Natür Therapy

Changement de décor avec ce film d'Ole Giæver. On n’est plus confiné dans un appartement d’une grande ville mais on respire au grand air, dans ces forêts de Norvège célébrées en leur temps par Claude François et Michel Legrand. Martin, père de famille d’une quarantaine d’années, part pour le week-end en randonnée. Seul mais avec sa conscience qui le taraude, remettant en cause ses choix d’homme et titillant sa mauvaise conscience de mari et de père.
Avec ce pitch qui tiendrait sur un timbre-poste, Ole Giæver fait mouche. Il livre un film déroutant et cinglant sur les affres de la maturité et plus largement, de la condition humaine. En se mettant lui-même en scène - il avait initialement prévu de faire jouer un comédien avant de prendre conscience qu’il était le mieux placé pour un interpréter son personnage - Ole Giæver donne largement de sa personne : il court fesses à l’air sur les sentiers, plonge dans des étangs au petit matin, se traîne dans une boue glaciale…
Mais surtout, en contraste avec le paysage sublime et immuable dans lequel il évolue, il rend un hommage ironique au double intérieur de chacun d’entre nous. Un double tour à tour lâche puis ingénieux, tourmenté puis gouailleur, parfois un peu encombrant mais dont nous ne pouvons ni nous cacher ni nous débarrasser. Ni en randonnée ni dans une salle de cinéma !

  Les salles où vous pouvez le voir
Crédits photo :
Partager :
Fermer
Red Rose et Natür Therapy, deux films pour une rentrée à un ami.
(*) Obligatoire
Fermer
Modifiez votre mot de passe
Fermer
Veuillez saisir votre identifiant
Fermer
Bienvenue sur Pluris
, complétez le formulaire pour terminer votre inscription.