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Élodie Fondacci
Recommandation | 25 oct.
8 mn

Apocalypse Soon
La fin du monde ? Et après ? 5 livres à lire avant de mourir.

2084 - La fin du monde, de Boualem Sansal, Gallimard © DR

2084 - La fin du monde, de Boualem Sansal, Gallimard

Allah reconnaîtra les siens : 2084 - La fin du monde, de Boualem Sansal

Inspiré par 1984 de Georges Orwell, l’Algérien Boualem Sansal imagine une société dominée par l’islamisme radical. Réduit à néant par « la Grande Guerre sainte », l’ancien monde n’est plus. Il a été remplacé par l’Abistan, immense empire aux 60 provinces, baptisé ainsi en l’honneur du prophète Abi, « délégué » de Yölah sur terre.

Obéissance, soumission, obscurantisme… la vie des fidèles est strictement encadrée, exclusivement organisée autour de la foi, de la prière et des pèlerinages. Toute pensée personnelle est bannie et nul ne songe à se rebeller, jusqu’à ce qu’un homme, Ati, se retrouve en proie au doute et défie le système qui lui interdit de penser.
Avec une voix ensorcelante, digne des conteurs d’Orient, Boualem Sansal brocarde tous les fanatismes dans cette satire qui figure (quand même !) sur les dernières listes du Goncourt, de l'Académie française, de l’Interallié et du Femina.
 2084 - La fin du monde, de Boualem Sansal, Gallimard, 275 p., 19,50 €.
La Supplication - Tchernobyl. Chronique du monde après l'Apocalypse, de Svetlana Alexievitch, Editions Jean-Claude Lattès © DR

La Supplication - Tchernobyl. Chronique du monde après l'Apocalypse, de Svetlana Alexievitch, Editions Jean-Claude Lattès

Le supplice radioactif : La Supplication - Tchernobyl. Chronique du monde après l'Apocalypse, de Svetlana Alexievitch

Elle vient d’être couronnée par le Prix Nobel de littérature. Figure dissidente - ses livres sont interdits en son propre pays - cette ancienne journaliste biélorusse écrit des romans qui sont à la frontière du reportage, récoltant des témoignages pendant des mois voire des années pour en faire de la littérature.

Dans La Supplication, elle fait entendre les voix suppliciées des survivants de Tchernobyl. Celle des liquidateurs chargés de nettoyer le site, d’enterrer arbres et maisons ; celles des gens simples qui – ne comprenant pas pourquoi ils devaient arrêter de manger les légumes de leur jardin - ont vu mourir leurs enfants… Chronique du monde après l'apocalypse, La Supplication est surtout la dénonciation d’un crime politique : le sacrifice de milliers de vie pour des raisons idéologiques.
 La Supplication - Tchernobyl. Chronique du monde après l'Apocalypse, de Svetlana Alexievitch, Editions Jean-Claude Lattès, 267 p., 18,50 €.
Tout ce qui est solide se dissout dans l'air, de Darragh Mckeon, Belfond, traduit de l'anglais (Irlande) par Carine Chichereau © DR

Tout ce qui est solide se dissout dans l'air, de Darragh Mckeon, Belfond, traduit de l'anglais (Irlande) par Carine Chichereau

L'irradiation qui ne pardonne pas : Tout ce qui est solide se dissout dans l'air, de Darragh Mckeon

Même sujet pour cet immense roman russe signé par un… Irlandais.
Le 26 avril 1986 à 1h23, le réacteur numéro 4 de la centrale Tchernobyl prend feu. Toute la nuit le ciel flamboie ; les particules affolées se ruent dans l’air, dans les peaux et les sols. Un des meilleurs chirurgiens d’URSS, le docteur Grigory Brovkin est appelé sur les lieux par les autorités pour aider à l’évacuation,

mais très vite il prend conscience de son impuissance à dénoncer les mensonges d'un gouvernement, sous ce régime où toute parole de contestation est considérée comme un affront au Parti. L’évacuation de la zone sinistrée, le « nettoyage » des alentours de l’usine par des volontaires sacrifiés, l’acharnement des autorités à dissimuler l’ampleur du désastre au reste du pays… À travers les voix de plusieurs personnages que la catastrophe va lier - un enfant prodige du piano, la famille d’un liquidateur, Grigory et la femme qui l’aime, Darragh Mckeon raconte Tchernobyl de l’intérieur, sans pathos, dans une fresque romanesque d’une ampleur exceptionnelle.
 Tout ce qui est solide se dissout dans l'air, de Darragh Mckeon, Belfond, traduit de l'anglais (Irlande) par Carine Chichereau, 425 p., 22 €.
La route, de Cormac McCarthy, Editions de L'Olivier © DR

La route, de Cormac McCarthy, Editions de L'Olivier

Mangez-vous les uns les autres : La route, de Cormac McCarthy

Inutile de vous mentir, en refermant ce roman, j’ai fait des provisions dans ma cave. Dix ans après ce livre me hante encore. Pour sa force visionnaire et parce qu’on ne croise pas tant de chefs-d’œuvres que ça dans sa vie de lecteur.
Dans un monde dévasté, un monde couvert de cendres qui fument encore, un homme marche avec son petit garçon. Sur une route qui ne mène nulle part, ils avancent, poussant un caddie où s’entassent quelques vivres

et une poignée d'outils, au milieu des ruines et des cadavres. Survivants d’une catastrophe dont on ne saura rien, ils doivent affronter la peur, la nuit, le froid, et ce qui reste d’une humanité retournée à la barbarie : des hordes de pillards cannibales. Une prose lancinante, désespérée - pourquoi continuer ? Pour préserver quelle innocence ? – et une parabole d’une tragique noirceur qui valut à son auteur le Prix Pulitzer.
 La route, de Cormac McCarthy, Editions de L'Olivier, 256 p., 21 €.
À ouvrir en cas d’Apocalypse, de Lewis Dartnell, Editions Jean-Claude Lattès © DR

À ouvrir en cas d’Apocalypse, de Lewis Dartnell, Editions Jean-Claude Lattès

Manuel de survie : À ouvrir en cas d’Apocalypse, de Lewis Dartnell

Ce sera peut-être une catastrophe nucléaire, une pandémie virale ou un coup des islamistes. Bon. Si le monde a pris fin et que vous êtes parmi les survivants vous serez peut-être contents d’avoir jeté un œil sur cette petite encyclopédie du savoir minimal pour reconstruire le monde. Si vous devez tout recommencer – tel un Robinson Crusoé post apocalyptique – saurez-vous cultiver de quoi vous

nourrir, produire de l’électricité, préparer des médicaments ou extraire du métal des entrailles de la Terre ? Pour nous que la vie moderne a déconnectés de tous les processus de base, un petit précis des connaissances essentielles pour redémarrer une civilisation digne de ce nom.  À ouvrir en cas d’Apocalypse, de Lewis Dartnell, Editions Jean-Claude Lattès, 350 p., 22 €.
Crédits photo : Dimension Films, DR
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Article paru dans le numéro #84 BÂTIR
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