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Sophie Colin
Reportage | 29 nov.
7 mn

Quand l’art et les affaires se déclinent au féminin
Les femmes d'affaires aussi sont des collectionneuses. 12 d'entre elles affichent leur passion pour l'art à la galerie La Vitrine am.

Quand l’art et les affaires se déclinent au féminin. : Diane Thalheimer-Krief, Fanny Picard et Cristina Falcone © DR
Diane Thalheimer-Krief, Fanny Picard et Cristina Falcone
Quand l’art et les affaires se déclinent au féminin : Titled, Face to face with God - Sherine Echad, Banksy © DR
Titled, Face to face with God - Sherine Echad, Banksy
Quand l’art et les affaires se déclinent au féminin : Floriane de Saint-Pierre, Catherine Vautrin, Patricia Barbizet © DR
Floriane de Saint-Pierre, Catherine Vautrin, Patricia Barbizet
Quand l’art et les affaires se déclinent au féminin : Margaret Harrison : Good enough to eat 4, Cécile Le Talec  : Fugue, les claviers 2014, Patricia Leite : Barreiras 2013 © DR
Margaret Harrison : Good enough to eat 4, Cécile Le Talec : Fugue, les claviers 2014, Patricia Leite : Barreiras 2013
Elles sont à la tête de grandes entreprises. Leur terrain d’action : le monde des affaires, où elles excellent aux côtés des hommes. Leur image publique est en permanence sous contrôle. Leur vie privée est un sujet tabou. Mais leurs émotions et leurs fantaisies ne sauraient entraver le cours du business. De leur passe-temps, on ne sait rien. Pourtant plusieurs d’entre elles se passionnent pour l’art contemporain, au point d’avoir constitué une collection importante.
L’exposition « Femmes de tête, Femmes esthètes », à La vitrine am, met ces femmes à l’honneur. Elle explore la manière dont elles collectionnent, et comment l’art nourrit leur métier et leur épanouissement personnel. Douze dirigeantes révèlent cette partie intime d’elles-mêmes en exposant une pièce maîtresse de leur collection.
Diane Thalheimer-Krief, nez et fondatrice de Red Berry, a choisi de montrer Titled, un tableau reprenant des définitions du mot red. L’art a une forte influence sur son travail : « Dans mon métier, j’imagine des scénarios autour d’univers olfactifs et j’ai besoin de me renouveler. Cette curiosité artistique nourrit mon inspiration. » Sur la différence entre un homme et une femme collectionneurs, elle estime que « chez les femmes, il y a plus d’intimité, de discrétion. Alors que l’homme a tendance à afficher des symboles statutaires, la femme, elle, peut exister à travers d’autres valeurs : les enfants, le travail et des passions personnelles qui n’ont pas nécessairement besoin d’être exposées. »
Un avis partagé par d’autres participantes, dont Fanny Picard, présidente de Alter Equity : « Dans l’art comme dans les affaires, les femmes sont discrètes. On connaît plus les grands collectionneurs que les grandes collectionneuses. » Sur l’art source d’inspiration, elle explique : « Les artistes expriment leurs émotions alors que dans nos métiers, nous les bridons. Entrer dans leur travail me conduit à m’interroger sur l’identité, les valeurs, la politique, cette compréhension du monde qui m’est nécessaire professionnellement. » La photo de Sherine Echad, qu’elle a choisie, Face to face with God, série Women of Allah, traite avec force et esthétique de la religion et de la violence.
« Ces femmes d’affaires ne font pas entrer l’art dans l’entreprise et ont aimé être mises en lumière par rapport à l’art et non pas par rapport à leurs performances professionnelles. » Pascale Cayla, curatrice de l'exposition
Cristiana Falcone Sorrell, conseillère du président du World Economic Forum, a puisé la thématique de sa collection dans ses fonctions : « Je travaille avec des leaders et donc je m’intéresse aux portraits de personnalités, Obama, Mao, Tchang Kaï Tchek… Trouver un portrait satirique de femme leader est rare. Pour moi, l’art est la seule manière d’avoir une réflexion libre sur le monde et ses problèmes. » Elle a choisi une œuvre de Banksy pour l’exposition.
Pascale Cayla, co-fondatrice de la Vitrine am et curatrice de l’exposition, se réjouit de ce que cet évènement a révélé : « Ces femmes achètent avec un décomplexé et une authenticité ! Aucune ne s’est préoccupée du regard du public sur son œuvre. Elles ne font pas entrer l’art dans l’entreprise et ont aimé être mises en lumière par rapport à l’art, et non par rapport à leurs performances professionnelles. » Le problème de la parité dans l’entreprise est le même que dans l’art : « Les femmes y sont moins présentes, elles parlent moins fort et ont un management plus discret. »
Les douze seront les marraines de la seconde édition 2016 pour laquelle Pascale Cayla cherche une curatrice : « Nous regardons une entreprise qui nous paraît légitime pour être partenaire, et qui ferait vraiment écho aux valeurs de parité et d’innovation. » Elle aimerait aussi que les cinq continents soient représentés : « Avec ces femmes décideurs qui ne s’expriment jamais, on casse des frontières », se réjouit-elle.
Femmes de tête, Femmes esthètes, exposition à La vitrine am, jusqu’au 11 décembre 2015.
Quand l’art et les affaires se déclinent au féminin : Floriane de Saint-Pierre, Catherine Vautrin, Patricia Barbizet © DR
Floriane de Saint-Pierre, Catherine Vautrin, Patricia Barbizet
Quand l’art et les affaires se déclinent au féminin : Margaret Harrison : Good enough to eat 4, Cécile Le Talec  : Fugue, les claviers 2014, Patricia Leite : Barreiras 2013 © DR
Margaret Harrison : Good enough to eat 4, Cécile Le Talec : Fugue, les claviers 2014, Patricia Leite : Barreiras 2013
Crédits photo : Noire Contemporary Gallery, DR
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Article paru dans le numéro #89 CLIMAX
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