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Théo Siffrein-Blanc
News | 29 nov.

Des chevaux en or massif
Dotations en hausse, afflux d'investisseurs étrangers, course à l'achat de pur-sang : les courses hippiques brassent des milliards d'euros.

Course hippique Prix de Diane Longines © Pluris
Course hippique Prix de Diane Longines © Pluris
Course hippique Prix de Diane Longines © Pluris
Course hippique Prix de Diane Longines © Pluris
Course hippique Prix de Diane Longines © Pluris
Difficile de mesurer l’ampleur des enjeux des courses de chevaux. Dans les médias, les sports hippiques sont en effet occultés par les autres sports de masse, football, rugby ou athlétisme. Pourtant, avec 60 000 spectateurs, 1 milliard de téléspectateurs dans plus de 45 pays, 5 millions d'euros de dotations et 28 millions d'euros de paris engagés, une course comme le Qatar Prix de l'Arc de Triomphe, organisée par France Galop et Le Qatar Racing et Equestrian Club (QREC), affiche des résultats vertigineux.
Les comparaisons avec d'autres grands événements sportifs sont éloquentes. La course de galop sur gazon la mieux dotée au monde offre au vainqueur 2,86 millions d'euros, soit plus que les 2,62 millions récoltés par le vainqueur masculin de Wimbledon 2015, pourtant le prize money record dans l'histoire du tennis. Un milliard de téléspectateurs, c'est autant que la finale de la Coupe du Monde de football 2014, événement le plus suivi dans l'histoire du sport, et quarante fois plus que le Grand Prix de Monaco (25 millions en 2015).
Course hippique Prix de Diane Longines © Pluris
L'arrivée de nouveaux investisseurs n'est pas étrangère à l'intérêt grandissant des spectateurs pour les courses hippiques. Lorsqu’en 2008, l'émir du Qatar a conclu un partenariat avec l'Equestrian Club pour organiser le Qatar Prix de l'Arc de Triomphe, les dotations ont plus que doublé. Non contents de sponsoriser la course la plus célèbre du monde, les Qataris animent aujourd’hui l'ensemble de la filière hippique française. Ils investissent en amont dans l'élevage de yearlings – ces poulains de haut pedigree, descendants des meilleurs chevaux de course – et enflamment les salles de ventes aux enchères de pur-sang, aiguillonnés par leur plus grand rival, l'émir de Dubaï Mohammed Al Maktoum. Celui-ci a eu le dernier mot et a fait tomber le record de prix pour un pur-sang en acquérant un futur cheval de course pour 2,6 millions d'euros à Deauville en août dernier, dans le prestigieux établissement Elie-de-Brignac, temple des ventes aux enchères de yearlings depuis le 19e siècle.
Cependant, la sociologie des propriétaires de chevaux de course est en train d'évoluer. Loin d'être l'apanage de la vieille aristocratie ou de nouveaux riches étrangers, l'acquisition de chevaux de courses tend à se démocratiser. Une nouvelle loi a tout changé : elle stipule que le nombre de détenteurs de parts d'un même cheval peut désormais être illimité tandis qu'il était jusqu'alors plafonné à dix propriétaires. Inspirées par ce modèle de syndicat très répandu en Angleterre et en Australie, des sociétés comme Arqana, proposent de devenir copropriétaire d'une écurie clé en main à partir de quelques centaines ou milliers d'euros.
Crédits photo : Pluris
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Article paru dans le numéro #89 CLIMAX
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