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Théo Siffrein-Blanc
News | 29 nov.

Paris sur l'avenir
Cinq ans après sa libéralisation, le marché des paris en France connaît des mutations qui l'obligent à se réinventer.

Course hippique Prix de Diane Longines © Pluris
Qatar Prix de l'Arc de Triomphe, Longines Prix de l'Opéra © Pluris
Qatar Prix de l'Arc de Triomphe, Longines Prix de l'Opéra © Pluris
Qatar Prix de l'Arc de Triomphe, Longines Prix de l'Opéra © Pluris
Le 6 avril 2010, la France votait l'ouverture des paris et jeux de hasard en ligne, autorisant des opérateurs comme Betclic, Zeturf et Unibet à empiéter sur les plates-bandes de l'acteur historique du turf en France, le Pari Mutuel Urbain (PMU). Pourtant, cinq ans plus tard, le PMU continue de se tailler la part du lion, collectant en 2014 85 % des mises totales pour un chiffre d'affaires de près de 10 milliards d'euros. En tant que groupement d'intérêt économique à but non lucratif, il reverse l'intégralité de son résultat net à la filière hippique, soit la bagatelle de 860 millions d'euros en 2014. Poumon de cette industrie qu'il finance à 80 %, le PMU fait vivre l'ensemble de ses acteurs (jockeys, propriétaires, éleveurs, vétérinaires, etc.).
Evolution des paris en France (Million d'euros) © Pluris
Or deux phénomènes viennent bouleverser les équilibres de ce marché. D'une part, les paris hippiques connaissent un léger ralentissement depuis trois ans. Les mises sont en diminution d'1 % depuis 2012, année où un pic d'enjeux a été atteint, et elles décroissent plus vite que le nombre de joueurs, ce qui signifie que ces derniers parient moins d'argent ou moins souvent. Le marché pâtit en effet de la concurrence des paris sportifs, en croissance de 30 % sur l'année 2014, particulièrement séduisants auprès des plus jeunes. Cette année, le montant des mises engagées sur les paris sportifs (1,1 milliard d'euros) a même dépassé pour la première fois celui des paris hippiques (1 milliard d'euros).
Course hippique Prix de Diane Longines © Pluris
D'autre part, les pure players internet ont obtenu la séparation des masses d'enjeux du PMU auprès de l'Autorité de la Concurrence. Disposant à la fois d'un monopole en dur via son réseau d'agences et d'une plateforme internet, le PMU pouvait jusqu'alors mettre en commun les mises issues de ces deux sources, ce qui lui permettait de proposer des cotes plus stables et des tirelires plus importantes. Cette scission, ayant pris effet en septembre 2015, permet aux derniers entrants d'aligner leurs offres sur celle de l'acteur historique.
Evolution des mises en France (Million d'euros) © Pluris
Face à ce trou d'air du marché et à une concurrence qui bat son plein, les différents acteurs doivent repenser leur stratégie. Leur première réaction a été de diversifier leurs activités vers les paris sportifs et l'international. Le PMU, qui pèse désormais 25 % des paris sportifs, et Zeturf, qui a lancé Zebet, comptent sur la croissance du marché pour contrebalancer le recul du turf. Quant à l'international, les plateformes bénéficient de la forte attraction des paris étrangers sur les courses françaises (+14 % en 2014). Dans cette perspective, le PMU a récemment fait l'acquisition d'opérateurs belges et allemands qui enregistrent de fortes croissances. Demain l'ouverture potentielle du marché chinois, où les paris hippiques sont pour l'instant prohibés, devrait être un enjeu majeur, les autorités chinoises ayant manifesté un intérêt pour le savoir-faire français en la matière.
Cela signifie-t-il pour autant que l’avenir du marché des paris hippiques s’assombrit en France ? Loin s'en faut. Selon Xavier Hürstel, le directeur général du PMU, les chiffres en baisse ne reflètent pas tant un désamour des Français pour le pari hippique qu’un effet conjoncturel lié à la crise. Cet énarque et ancien jockey amateur rappelle qu'il s'agit d'un marché dans lequel un point de chômage supplémentaire induit deux points de chiffre d'affaires en moins. De surcroît, les innovations amorcées par les différents acteurs devraient permettre de relancer son attractivité. Le PMU a entamé une modernisation de son réseau physique. Vitrines de ce renouvellement, les ouvertures de PMU City dans les grandes villes ont vocation à attirer de nouvelles clientèles, non-initiées, plus jeunes et mieux connectées via une expérience des courses plus ludique : accès aux événements en 3D, tournages avec des drones, usages d'écrans tactiles interactifs.
Course hippique Prix de Diane Longines © Pluris
Une autre avancée technologique majeure concerne la mise en place d'un tracking system, qui consiste à équiper les chevaux de puces permettant de relever un certain nombre de données pendant la course : vitesse instantanée du cheval, accélération, mouvement, etc. À l'instar du tennis ou du football, il s'agira d'enrichir le spectacle en offrant une profusion de statistiques dont les parieurs devraient être les premiers bénéficiaires. Pour autant, ce système ne devrait pas avoir vocation à permettre aux opérateurs de proposer des paris sur des courses totalement virtuelles, comme c’est le cas en Grande-Bretagne pour relancer les paris hippiques.
Crédits photo : Pluris
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Article paru dans le numéro #89 CLIMAX
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