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Pascal de Rauglaudre
News | 24 nov.

Des chapeaux et des chevaux
À l'hippodrome, le spectacle est autant dans les tribunes que sur la piste. Le dresscode des courses les plus huppées.

Prix de Diane Longines, hippisme, France Galop © Pluris
Prix de Diane Longines, hippisme, France Galop © Pluris
Prix de Diane Longines, hippisme, France Galop © Pluris
Longines © DR
Chaque premier week-end de juin, bibis à plumes, chapeaux extravagants, robes aux couleurs vives, hauts-de-forme et queues-de-pie élégants, se pressent dans les tribunes de l’hippodrome d’Epsom Downs, en Angleterre. La haute société anglaise se retrouve pour le Derby d’Epsom, la prestigieuse course hippique de plat, et l’un des événements les plus courus de la saison.
Depuis que les hippodromes existent dans leur forme moderne, c’est-à-dire depuis la première moitié du 19e siècle en Angleterre et en France, ils sont le théâtre des rendez-vous mondains, et les personnalités en vue y rivalisent d’élégance : ce que l’on porte compte davantage que le cheval sur lequel on parie. Les organisateurs du Derby d’Epsom ont d’ailleurs publié un guide à destination des néophytes qui ne savent pas comment s’habiller. Suprême subtilité : les règles dépendent de la tribune où l’on se trouve. Dans celle de la reine, par exemple, les femmes portent obligatoirement un chapeau ou un bibi, et les déguisements sont interdits, sans parler des jeans, joggings ou baskets. Même les enfants doivent être vêtus « smartly ». Dans la grande tribune, les règles sont moins strictes : le jean est autorisé, mais pas déchiré ni troué. Dans les autres tribunes, les cravates, les chapeaux et les bibis sont simplement recommandés.
Synonyme de grande course hippique mondaine et élégante, le Derby s’est exporté dans le monde entier. Ainsi, tous les premiers samedis de mai sur l’hippodrome de Churchill Downs à Louisville, Kentucky, le Kentucky Derby réunit la meilleure société du Deep South américain, qui doit se soumettre aux codes de la saison. Dans le Millionaire Row ou au clubhouse, les femmes sont tenues d’exprimer la part de « Southern Belle », figure de la jeune femme élégante du sud des Etats-Unis, qui se cache en elles. Elles portent des robes de printemps ou des tailleurs aux couleurs pastel impeccablement coordonnées avec le chapeau et les accessoires.
Prix de Diane Longines, hippisme, France Galop © Pluris

Marketing et sensibilités locales

La course du Victoria Derby Day, au Flemington Racecourse de Melbourne, en Australie, se singularise par un dress code strict : les invités doivent être obligatoirement vêtus en noir et blanc. Une tradition qui aurait moins à voir avec une origine prestigieuse qu’avec un plan marketing efficace. En 1960, un prix sponsorisé par la marque de whisky Black and White, de James Buchanan and Co, avait récompensé la femme qui portait l’ensemble en noir et blanc le plus original. Mais selon une autre version, la combinaison de couleurs aurait été inspirée par le film My Fair Lady.
Ce n’est pas un Derby, c’est une compétition très récente mais sa notoriété est désormais mondiale. Inaugurée en 1996, la Dubai World Cup est aujourd’hui la course la mieux dotée du monde, avec 10 millions de dollars pour le gagnant. Depuis 2010, elle se tient à l’hippodrome de Meydan, gigantesque complexe sportif situé au pied de l’hôtel Jumeirah Meydan, pour que les spectateurs puissent assister au spectacle depuis leur suite. Un guide édité pour l’occasion précise que les invités doivent être habillés avec style tout en « évitant d’offenser les sensibilités locales ». Costume deux pièces et cravate de rigueur pour les hommes. Robe ou jupe élégante avec des accessoires chic pour les femmes, mais « avec modestie », c’est-à-dire en dessous du genou, sans décolleté et le ventre couvert. Et les matières ne doivent pas être transparentes. La seule extravagance autorisée se concentre dans le chapeau, où toutes les folies sont permises. À la fin de la journée, le Jaguar Style Stakes récompense la femme et l’homme les mieux habillés.
Pas de bibis excentriques pendant le Palio de Sienne, en Italie : il n’y a tout simplement pas la place. Cette course hippique de 90 secondes, qui se tient deux fois par an, en juillet et en août, ne ressemble à aucune autre. La piste s’enfonce dans les ruelles de la vieille ville de Sienne, envahies par une foule compacte. Réminiscence des rivalités médiévales entre familles, la course réunit dix jockeys aux couleurs de dix quartiers de la ville. Les jockeys montent à cru, et la foule les défie avec fureur, au point de les faire tomber de cheval dans les virages trop serrés. Autre particularité : la corruption. Du jockey au temps de départ, tout s’achète et se vend, une tradition qui perdure depuis les origines de la compétition, au Moyen-Âge.
Prix de Diane Longines, hippisme, France Galop © Pluris
Crédits photo : Pluris, DR
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