Fermer
Stéphanie Estournet
News | 7 déc.
6 mn

La bonne santé du cinéma en France
En 2015, les salles obscures ont fait le plein, et la télévision se convertit à la VOD et au streaming. Passage en revue des grandes tendances du secteur cette année.

Bilan de l'année culturelle 2015 - Culture et Management + Pluris Magazine - Le cinéma. © Pluris
En 2015, les salles obscures se portent globalement bien (l'exception culturelle française n'est pas un mythe), même si leur modèle économique reste fragile et précaire (emplois intermittents, rémunérations par droits d'auteur, valeur économique d'un film dépendante d'une part subjective – il doit « rencontrer » son public). Quant à la télévision, elle a largement entamé son virage vers une consommation à la demande (VOD et streaming).
Voici quelques chiffres emblématiques de cette année 2015.
Bilan de l'année culturelle 2015 - Culture et Management + Pluris Magazine - Le cinéma. © Pluris

750 000

C'est le nombre d'abonnés supposés à Netflix France. Révolution annoncée, le service a certes trouvé sa place, mais son concurrent, l'historique CanalPlay reste très bien placé auprès du grand public. La plateforme américaine s'est également lancée dans la production cinématographique, avec le long métrage Beast of No Nation, film de Cary Fukunaga. Montré en salles aux Etats-Unis, ce film sera en France en sortie VOD. Dans cette même dynamique, la série maison Marseille, avec Gérard Depardieu, sera visible en 2016.

Alors que les accords se finalisent avec les fournisseurs d'accès (l'association avec Free est encore en discussion), la plateforme américaine devrait multiplier son nombre d'abonnés. Objectif : être le leader de la VOD en France en 2019.
Bilan de l'année culturelle 2015 - Culture et Management + Pluris Magazine - Le cinéma. © Pluris

30

C'est le pourcentage acquis par Vincent Bolloré en septembre de la société de production et de distribution cinématographique indépendante Mars Film. En renforçant son empire culture et médias, le président du conseil de surveillance de Vivendi (Universal, Ubisoft, Groupe Canal, Havas, Direct Matin, Dailymotion) comme ses pairs Dassault, Lagardère ou Arnault, concentre les choix éditoriaux et pose le problème du pluralisme de l'information et du contenu, les médias indépendants étant désormais des exceptions (groupe NRJ entre autres).
Bilan de l'année culturelle 2015 - Culture et Management + Pluris Magazine - Le cinéma. © Pluris

203

C'est, en millions, le nombre estimé d'entrées au cinéma en France en 2015. Un chiffre inférieur de 3,9 % par rapport à 2014, à la même époque, mais cependant dans la tendance des dix dernières années (avec un maximum de 217 M en 2011, et un minimum de 178 M en 2007). Les productions françaises reculent de 43,3 % à 37,3 % de parts de marché au profit des Américains (49,8 %) mais aussi des autres films (12,9 %).
Bilan de l'année culturelle 2015 - Culture et Management + Pluris Magazine - Le cinéma. © Pluris

3

C'est le nombre de semaines qu'il aura fallu aux Nouvelles Aventures d'Aladin pour rassembler 1,4 millions de spectateurs. Dépassant Prof 2, de Pierre-François Martin-Laval, le film d'Arthur Benzaquen est aujourd'hui le plus gros succès cinématographique français de 2015, avec 3,5 millions d'entrées. Rien à voir cependant avec les raz-de-marée du type Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu, de Philippe de Chauveron (12,24 M, en 2014) ni, bien sûr, d’Intouchables, d’Olivier Nakache et Eric Toladeno (19,44 M, en 2011).

L’animation hexagonale se porte particulièrement bien avec le succès de réalisations essentiellement françaises : les Minions, de Kyle Balda et Pierre Coffin (sorti le 8 juillet, 6,4M d’entrées), et le Petit Prince, de Mark Osborne (sorti le 29 juillet : 1,8M, et 12,5M dans le monde, plus gros succès international pour un film d’animation hexagonal).
Bilan de l'année culturelle 2015 - Culture et Management + Pluris Magazine - Le cinéma. © Pluris

007

C’est le nom de code du célèbre agent britannique, qui, sous les traits de Daniel Craig, s’est imposé dans l’épisode Spectre, de Sam Mendes, comme le plus gros démarrage d’un épisode de la licence en Grande-Bretagne puis en France (plus de deux millions d’entrée, en dépit de la fermeture des cinémas le 14 novembre, lendemain des attentats).
Bilan de l'année culturelle 2015 - Culture et Management + Pluris Magazine - Le cinéma. © Pluris

30

C'est, en millions, le plafond du crédit d'impôt cinéma et audiovisuel international (CII) – contre 4 millions précédemment. Une mesure qui vise à renforcer la compétitivité de la production française et à attirer dans l'Hexagone des productions délocalisées pour raisons fiscales. Effet immédiat : Luc Besson tournera son prochain Valérian en France plutôt qu'en Hongrie.

Selon Frédérique Bredin, présidente du CNC, « avec le crédit d’impôt, c’est l'Etat qui gagne » : une étude de 2014 montre que lorsque l'Etat accorde 1 euro de crédit d'impôt dans la production d'un film, cela génère 11,60 euros de dépenses directes et indirectes sur notre territoire et aussi 3,10 euros de recettes fiscales. (chiffres mi-novembre)
Bilan de l'année culturelle 2015 - Culture et Management + Pluris Magazine - Le cinéma. © Pluris
Crédits photo : Pluris
Partager :
Article paru dans le numéro #91 NUMÉRICUS
Recevoir le magazine Inscrivez-vous pour recevoir chaque semaine l'essentiel de la culture, du business et de l'art de vivre.
Fermer
La bonne santé du cinéma en France à un ami.
(*) Obligatoire
Fermer
Modifiez votre mot de passe
Fermer
Veuillez saisir votre identifiant
Fermer
Fermer
Bienvenue sur Pluris
Inscrivez-vous pour rejoindre
la communauté Pluris et recevoir chaque semaine le magazine.
Créer un compte avec un email
Bienvenue sur Pluris
, complétez le formulaire pour terminer votre inscription.