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Stéphanie Estournet
News | 7 déc.
5 mn

Le trop lent décollage du livre numérique
L'érosion des ventes de livres se poursuit et n'est pas encore compensée par l'édition numérique, malgré la multiplication d'initiatives 2.0.

Avec ou sans enthousiasme, on se voyait à l’avenir tous équipés d’une liseuse, à dédaigner les livres comme jadis les vinyles. Et voici que le marché de l'édition numérique a du mal à trouver son public (2,9 % en 2014 contre 2,3 % en 2013). Pourtant, le virage est entamé. Selon le Syndicat national de l'édition, les ventes de livres papier sont en baisse pour la quatrième année consécutive. En cause : « l'érosion du temps de lecture et du budget moyen dédié à l'achat de livres ». Des initiatives 2.0 challengent les éditeurs traditionnels et les rôles bougent. Chronique d'une bataille de positions.
Abonnements illimités. Mi-février, la médiatrice du livre, Laurence Engel, jugeait illégaux les abonnements illimités proposés par les plateformes numériques pour violation de la loi sur le livre de 2011 qui prévoit que les éditeurs fixent le prix des ouvrages. En juin, suite à des négociations avec lesdites plateformes, elle a validé la possibilité de s'abonner en streaming. Les plateformes Amazon et Cyberlibris, elles, sont toujours en négociations.
TVA. La Cour de justice européenne a rendu son verdict le 5 mars : la France devra relever sa TVA de 5,5 % à 20 % sur les livres numériques, considérés non comme des produits culturels mais comme des services. Une décision qui ne s’appliquera pas sans difficultés, indiquait Sébastien Rouault, chargé du panel Livre à l'institut GfK, dans un article du Monde du 5 mars 2015.
BookTubeurs. L'édition s'orienterait-elle vers un marché de la demande ? En mai, Livre Hebdo publiait un dossier intitulé « Le temps des booktubeurs ». Le magazine professionnel y dissèque cette forme de critique littéraire 2.0 réalisée par des lecteurs, majoritairement jeunes et de sexe féminin, qui se posent en prescripteurs via des vidéos – plus glamours qu'un bibliothécaire, et surtout plus connectés. Parmi les têtes d'affiche francophones, les lectures de Nine totalisent 28 300 abonnés (ouverture en mars 2013), et Justine de Fairy Neverland (et ses « cyber-bisous tous doux ») comptent 20 371 abonnés.
« Nobel » numérique. Le 5 octobre, Amazon lance le premier Prix des romans autoédités par Amazon France. Sur la plateforme KDP (Kindle Direct Publishing d'Amazon), les droits d'auteur montent à 70 % contre un maximum de 14 % dans l'édition traditionnelle. Comme au Loto, les exemples de réussite sont spectaculaires et attirent l'amateur. Le roman d'Agnès Martin-Lugand, autoédité sur KDP, puis en version papier par Michel Lafon, s'est vendu à 300 000 exemplaires. Les droits cinématographiques ont été achetés au printemps par le producteur américain Harvey Weinstein.
Plume. Ecrivain est-il un métier ? Faut-il envisager un revenu a minima pour les auteurs ? Les droits du livre papier doivent-ils s'aligner sur ceux du numérique ? Telles sont quelques-unes des questions posées par les professionnels du livre lors d'une table-ronde organisée au Centre national du livre à Paris, le 19 novembre. En France, seul un écrivain sur vingt vit de sa plume quand, en Allemagne, les prises de parole des auteurs sont rémunérées.
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Article paru dans le numéro #91 NUMÉRICUS
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