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Stéphanie Estournet
News | 7 déc.
5 mn

La musique numérique s'envole
En 2015, la musique bénéficie des changements de comportements liés au numérique, ainsi qu'à l'irruption de nouveaux acteurs.

La musique ? Elle va plutôt bien, merci. Sans excès d’optimisme, le secteur bénéficie, en 2015, des changements de comportements liés au numérique, ainsi qu'à l'entrée en scène de nouveaux acteurs. La mutation n'est pas simple, mais via les usages, elle devrait rapidement prendre forme.
Adele. La vague était attendue, elle ne lasse cependant pas les commentateurs. Sorti le 20 novembre, 25, le troisième album d'Adele, bat tous les records aux Etats-Unis. En 24 heures, ce sont quelque 900 000 copies et téléchargements qui sont légalement vendus – et 2 300 000 en trois jours. Ce phénomène souligne que, comme au cinéma, un succès se joue désormais dans les tout premiers jours de diffusion.
À l'origine, il y a bien sûr une préparation marketing conséquente, ainsi qu'un effet d'entraînement (le succès du précédent album de la chanteuse Britannique conjugué à son titre pour la bande originale de Skyfall, l'avant dernier James Bond, ainsi qu'une farandole de prix). Mais il faut surtout voir ici la confirmation d'un changement des comportements dans la consommation de musique. Alors que traditionnellement on se rendait à son magasin de disques pour acheter les dernières sorties, on bondit désormais sur son mobile pour rafler l'album attendu. Résultat : des ventes massives concentrées.
Streaming. Tendance forte de 2015 : le streaming réalise les deux tiers des revenus numériques et 28 % du marché global (qui est lui en baisse de 6,2 %). Preuve que les comportements changent, on note par ailleurs une chute des téléchargements de 15 %. Grands gagnants de ce nouvel usage, Spotify et Deezer enregistrent une croissance respective de +18 % et +9 %, de juin à juin (chiffres : Snep). Confirmant la tendance, Apple lance, en juin, son service de streaming, Apple Music. Objectif : convertir les 500 millions d’utilisateurs d’iTunes à ce nouvel usage.
Investisseurs. Preuve que le secteur se porte bien, il est en capacité de lever des fonds. Exemple, le français Believe Digital, qui, en juin, a levé 60 millions de dollars (56,54 millions d'euros). L'éditeur de services de distribution numérique entend ainsi attirer davantage de labels indépendants. Plus généralement, l'industrie de la musique attire aujourd'hui de nouveaux acteurs qui, à l'instar de Mathieu Pigasse (les Inrockuptibles, Nova Press), ou de Marc Ladreit de Lacharrière (Pleyel, Auguri Productions), permettent à des salles et des médias de rester en vie.
Musiciens. Chez les artistes aussi, les comportements changent, et s'adaptent au marché. Traditionnellement, les artistes se rémunéraient sur les ventes de disques et les concerts. Aujourd'hui, alors que le streaming rapporte peu (3 % des dépenses totales réalisées pour un bien culturel en 2014, selon Nielsen), il n'est plus honteux pour un musicien de voir ses titres repris pour la publicité.
Le clip joue un rôle fondamental dans le développement de l'image des artistes, associé à des prestations scéniques de grande qualité. Certains francophones l'ont bien compris comme Stromae (650 000 ventes de son dernier album Racine carrée) ou encore Christine and the Queens (Chaleur humaine, plus de 300 000 ventes).
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Article paru dans le numéro #91 NUMÉRICUS
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