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Stéphanie Estournet
News | 9 déc.
5 mn

Le spectacle vivant en pleine tourmente
Les attentats de Paris malmènent un secteur déjà fragilisé par la baisse des subventions et en pleine mutation numérique.

Les financements privés gagnent du terrain dans le spectacle vivant, même si l’État, via le ministère de la Culture, reste l’acteur clé, et un interlocuteur indispensable dans le dialogue avec les intermittents et en légiférant. Enfin, le numérique confirme son entrée sur la scène de l'opéra et du ballet.
Festival du jazz d'Amiens, Festival du film asiatique de Deauville, Uzès Danse... En 2015, le spectacle vivant paie cher la baisse des subventions publiques allouées à la culture, avec une centaine de festivals annulés ou supprimés ainsi que la disparition de dizaines de structures et associations. La Cour des comptes s'interroge, en avril, sur « la coexistence de deux orchestres symphoniques » au sein de Radio France, dénonçant un coût prohibitif en période de crise. Suite aux attentats, la fréquentation des théâtres privés a baissé de 35% (fin novembre), et les petites salles ont du mal à se remplir. Elles doivent notamment faire face au coût de mesures de sécurité inhabituelles. Face aux 4 millions débloqués par Fleur Pellerin le 18 novembre, le syndicat des producteurs de spectacles vivants et patrons de salle (Prodiss), réclamait un plan de soutien de 50 millions.
Augmenter le nombre de contrôles dans le monde des intermittents, reconnaître les abus et les sanctionner... Avec la loi Rebsamen, qui « sanctuarise » le régime, le gouvernement joue la carte de l'apaisement. L'objectif est d'assainir un système nécessaire au monde du spectacle.
Marigny, Pleyel, Disney Live, Stromae... Marc Ladreit de Lacharrière cumule les casquettes. En investissant chez des producteurs indépendants et dans la diffusion, le patron de Fimalac, qui acquiert en novembre le théâtre de la Madeleine et celui de la Porte-Saint-Martin, confirme sa position de leader du spectacle privé.
Mathieu Amalric, Eric Reinhardt, Pierre Even... Mi-septembre, l'Opéra de Paris lève le rideau sur sa « 3e Scène », aux côtés du Palais Garnier et de l’Opéra Bastille : un espace numérique dont les créations sont commandées par l’Opéra à des cinéastes, écrivains, photographes. Sans frontière ni contrainte, cette troisième scène propose des créations inédites – une trentaine par an. Parmi ses objectifs : l’ouverture vers les nouvelles générations et vers de nouveaux spectateurs, en France et à l’étranger.
Chorales, rencontres théâtrales ou musicales... La loi Liberté de création, architecture et patrimoine, adoptée début octobre, permet finalement, après discussions, l'intervention d'artistes amateurs dans le cas de scènes avec billetteries payantes – une donnée essentielle pour le spectacle vivant.
Claquettes, chansons et rentabilité... Créée au Châtelet dans une mise en scène de Robert Carsen, la comédie musicale Singin' in the Rain sera en 2017 à New York. Le Châtelet a déjà signé, l’an dernier, An American in Paris, qui, traversant l’Atlantique, reçoit depuis les honneurs de Broadway.
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Article paru dans le numéro #91 NUMÉRICUS
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