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Théo Siffrein-Blanc
News | 10 janvier

Le rêve de la Silicon Valley à la française
Paris est la capitale européenne des startups, mais cela suffit-il à en faire une Silicon Valley ?

Le rêve de la Silicon Valley à la française © DR

Le rêve de la Silicon Valley à la française

En févier 2014, la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche de l’époque, Geneviève Fioraso, affichait son ambition de créer une « Silicon Valley à la française ». Le 6 octobre dernier, en visite à Paris, le président de Cisco, John Chambers, lui faisait écho en déclarant « avoir l’impression de voir la Silicon Valley en France » à propos de la French Tech. Il ajoutait en substance que « les décideurs de la France comprennent mieux que tout autre ce que la révolution numérique peut apporter à chacun » et annonçait un investissement de 200 millions d’euros dans les startups françaises – autant que le budget total de la French Tech alloué par la BPI. Un discours détonnant de la part d'un dirigeant américain au pays des 35 heures, du code du travail obèse et des entrepreneurs-pigeons.

Paris, capitale européenne des startups

Pourtant, avec 10 000 startups, la France dispose du premier vivier européen. À elle seule, Paris compte plus de la moitié des startups du pays, surpassant Londres et Berlin. Les structures d'accompagnement, incubateurs, accélérateurs ou encore fablabs y font florès ces dernières années. Le quartier du Numa, premier accélérateur français, a même été baptisé Silicon Sentier, pour les pépites technologiques qui y fourmillent.
En 2016, un nouveau pas sera franchi avec l'ouverture de La Halle Freyssinet dans le 13e arrondissement, projet co-financé par Xavier Niel et la Caisse des dépôts, qui pourra accueillir 1000 startups et constituera ainsi le plus grand incubateur du monde.

Des atouts indiscutables

La France dispose d'un cadre de plus en plus favorable à l'innovation. D'une part, grâce à ses grandes écoles, le pays forme parmi les meilleurs ingénieurs du monde. Ces derniers coûtent moitié moins cher que ceux de la baie de San Francisco grâce au crédit-impôt recherche, véritable catalyseur de la R&D en France. Ce dispositif, le plus accommodant d’Europe, a notamment permis à la France d’attirer les centres de recherche de Google et de Microsoft.
Par ailleurs, la création de la BPI et la mise en place d'outils de défiscalisation tels que les fonds FCPI et FCPR, permettent de stimuler le financement de nos startups. Une étude d’EY montre que les investissements ont progressé de 70 % en 2015, passant à 759 millions d’euros levés pour 244 opérations réalisées, soit un ticket moyen de 3,1 millions d’euros. Un tel écosystème permet à la France de se classer en 2015 pour la troisième année consécutive en tête du palmarès Deloitte des 500 entreprises du secteur technologique ayant la plus forte croissance de la zone EMEA.

Financements insuffisants

Tout n’est pas acquis pour autant. Malgré les dispositifs mis en place pour le favoriser, le financement des startups en France reste trop faible. La France investit 10 dollars par habitant en capital-risque, contre 85 aux Etats-Unis et 110 en Israël. Or, l’analyse du succès des startups de la Silicon Valley montre que c’est un élément primordial pour atteindre une taille critique, le scale-up, là où péchent les startups françaises. Comme le souligne une étude récente, il existe une forte corrélation entre le montant investi dans une startup et sa valorisation. Du fait de ce sous-financement, la France ne compte que trois licornes, Criteo, Blablacar et Venteprivée.com, ces entreprises dont la valorisation dépasse le milliard d'euros, ce qui la place au cinquième rang européen.
Un autre frein à l’émergence d’une Silicon Valley française concerne le droit du travail. Sa rigidité n’est pas compatible avec l'activité par nature instable d’une startup, et explique en grande partie le fait que seulement 13 % des investisseurs américains ont une image positive de la France, comme le montre le dernier baromètre d'EY.
Enfin, un facteur important du succès de la Silicon Valley, et c’est là une différence profonde avec la France, est sa culture entrepreneuriale extrêmement développée, une culture du risque qui encourage l’entrepreneuriat et valorise l’échec. Tout le contraire de la France, où l’échec est très mal perçu. Un chiffre éloquent à cet égard : il faut en moyenne neuf années en France pour se remettre d’un échec professionnel contre une seulement au Danemark et six en Allemagne.
Which country is the unicorn champ?
Which country is the unicorn champ?
Which country is the unicorn champ? © DR - Pluris
Crédits photo : DR - Pluris, DR
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Article paru dans le numéro #93 START ME UP
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