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Élodie Fondacci
Recommandation | 16 janvier
8 mn

5 romans pour rire ou se faire peur
Au programme de la rentrée littéraire : une femme sans âme, un gueux, la guerre, Kafka et le Camarade Wang.

5 romans pour rire ou se faire peur / Extrait de la couverture de La femme qui avait perdu son âme, de Bob Shacochis, Éditions Gallmeister © DR
La femme qui avait perdu son âme, de Bob Shacochis, traduit de l'anglais (Etats-Unis) par François Happe, Éditions Gallmeister © DR

La femme qui avait perdu son âme, de Bob Shacochis, traduit de l'anglais (Etats-Unis) par François Happe, Éditions Gallmeister

La femme qui avait perdu son âme

Le voilà, ne le cherchez plus, le GRAND roman de la rentrée d’hiver. Gros (800 pages), foisonnant, tout simplement époustouflant, La femme qui avait perdu son âme tient à la fois du thriller d’espionnage, de la fresque géopolitique et du roman d’amour.
1998. Une jeune photographe est retrouvée morte sur une route d’Haïti. Jackie Scott, alias Renee Gardner, aussi connue sous le nom de Dottie Chambers ou Dorothy Kovacevic.

Qui était vraiment cette femme belle à couper le souffle qui a fasciné tous les hommes qui ont croisé sa route ? Pourquoi ces identités multiples ?
C’est sur les traces de cette jeune femme – fille adorée d’un espion trouble – que nous traversons le 20e siècle et ses conflits meurtriers, du côté obscur de la force et de ceux qui tirent les ficelles dans l’ombre des gouvernements. Fascinant.
La femme qui avait perdu son âme, de Bob Shacochis, traduit de l'anglais (États-Unis) par François Happe, Éditions Gallmeister, 2015, 800 p., 28 €.
Évangile pour un gueux, d’Alexis Ragougneau, Éditions Viviane Hamy, 2016 © DR

Évangile pour un gueux, d’Alexis Ragougneau, Éditions Viviane Hamy, 2016

Évangile pour un gueux

Un SDF est retrouvé noyé dans la Seine. Mutilé. Les pieds et les mains troués. Une plaie au côté… Le légiste identifie aisément l’homme qui porte ces étranges stigmates. Quelques mois plutôt Mouss faisait la une de la presse. Le « roi des gueux », comme le surnommaient les médias, avait pris la tête d’une cohorte de sans-abris qui occupaient Notre-Dame pour revendiquer le droit au logement pour tous. La belle Claire Kauffmann est

chargée d'instruire l'affaire et demande de l'aide au père Kern, qui officiait à la cathédrale au moment des manifestations. Excellent polar, qui décrit de façon presque picturale le monde de la rue, Evangile pour un gueux est aussi envoûtant que dérangeant.
Évangile pour un gueux, d’Alexis Ragougneau, Éditions Viviane Hamy, 2016, 360 p., 28 €.
La poupée de Kafka, de Fabrice Colin, Actes Sud, 2016 © DR

La poupée de Kafka, de Fabrice Colin, Actes Sud, 2016

La poupée de Kafka

Berlin, automne 1923. Kafka se promène au parc de Steglitz au bras de son dernier amour, Dora Diamant. Sa fin est proche : il est rongé par la tuberculose. Tout à coup, il croise une petite fille qui sanglote au bord du chemin. Kafka s’accroupit et demande à l’enfant les raisons de son chagrin. Elle explique : elle a perdu sa poupée. Immédiatement Kafka la rassure. Non, sa poupée n’est pas perdue, elle est

simplement partie en voyage. Comment le sait-il ? Tout simplement parce qu’elle lui a écrit une lettre pour le lui dire. La petite fille reste interdite. Une lettre ? Mais où est-elle ? Et bien, dans son tiroir mais promis, il lui apportera le jour suivant.
Le lendemain, l’écrivain est au rendez-vous. Il s’est piqué au jeu. Il a écrit dans la nuit la première missive d’une correspondance qui durera 3 semaines. Ces lettres, qui existent mais n’ont jamais été retrouvées et représentent un Graal pour tous les spécialistes de Kafka, l’héroïne de ce roman va se mettre en tête de les découvrir pour les offrir à son père – le sombre Abel Spieler, éminent spécialiste de Kafka, qui n’a jamais su aimer sa fille. Cette offrande pourrait-elle les réconcilier ?
Une enquête romanesque et une belle histoire d’apprivoisement filial.
La poupée de Kafka, de Fabrice Colin, Actes Sud, 2016, 272 p., 20 €.
À la table des hommes, de Sylvie Germain, Albin Michel, 2016 © DR

À la table des hommes, de Sylvie Germain, Albin Michel, 2016

À la table des hommes

Dans un monde ravagé par la guerre, un monde d’apocalypse, un petit cochon rescapé d’un cataclysme est transformé en humain. Enfant sauvage, dénué de langage, démuni et nu, il est trouvé par des rescapés du conflit auprès desquels il va apprendre à devenir humain.
Dans une parabole qui est à la lisière du fantastique et du conte philosophique, un récit où La Genèse,

l’Ecclésiaste, les cosmogonies païennes s’enlacent étroitement, Sylvie Germain fait de son personnage une sorte de Candide. Un être pur qui porte sur la folie des hommes un regard d’innocence. Avec sa langue de chamane, presque « synesthésique » – bruissant d’odeurs, de couleurs et de sons, l’auteur s’interroge : et si la plus belle part de l’homme était son animalité ?
À la table des hommes, de Sylvie Germain, Albin Michel, 2016, 272 p., 19,80 €.
Camarade Wang achète la France, de Stéphane Fière, Phébus © DR

Camarade Wang achète la France, de Stéphane Fière, Phébus

Camarade Wang achète la France

Wang Desheng, vice-ministre du commerce de la République populaire de Chine, est en déplacement en France, avec sa garde rapprochée – hommes de confiance, traducteur personnel, le fidèle Thibaut Marsan, et six très jeunes et jolies mannequins chargées de le délasser une fois sa journée de travail accomplie… Et il profite de son voyage pour faire quelques emplettes ! Vignobles, (Ah

quel fou rire en voyant le château de Fussioles devenir Fu Si Ao Le…) laboratoires, hôtels, usines de haute technologie : aucun des fleurons censés faire la fierté de ce « mini pays à peine plus grand que la province de l’Anhui » n’échappent à son appétit vorace. Sa fortune est sans limite, les scrupules ne l’embarrassent guère ; il négocie au pas de course devant des Français effarés qui se répandent en courbettes.
Avec un style extraordinairement drôle et original, Stéphane Fière qui connaît par cœur la mentalité chinoise, trousse une satire hilarante (et effrayante !) à lire d’urgence, surtout si vous avez pour projet de commercer avec l’Empire du Milieu !
Camarade Wang achète la France, de Stéphane Fière, Phébus, 2016, 280 p., 19 €.
Crédits photo : DR
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Article paru dans le numéro #94 ODDITIES
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