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Emmanuel Brousse
À savoir | 17 janvier

Stars et businessmen
Beaux, oui, comme Bowie, mais surtout richissimes : à l'instar du beau David, une poignée d'artistes ont transformé leur carrière en machine à cash.

David Bowie, Stars et businessmen © Pluris
Star du rock, acteur, icône de la mode, David Bowie était également un homme d'affaires avisé qui a su innover dans le monde de la finance. Mais il n’est pas le seul à avoir su faire fructifier habilement son triomphe dans les charts. Petit tour d'horizon des moyens de doper sa fortune grâce à sa carrière.

1-Créer une marque à son nom et placer sa musique en bourse

Lorsqu’un album cartonne, propulsant son auteur au rang de superstar, la « valeur » de celui-ci peut être multipliée par dix, cent ou plus. De quoi faire rêver les traders. Partant de cette idée certains artistes propriétaires de leurs droits d'auteur ont fait de leur nom des marques cotées en bourse, dont l'action sera susceptible de grimper ou de baisser en fonction de leurs « performances », comme n'importe quelle entreprise. Bien sûr, il faut une certaine notoriété pour attirer les investisseurs, ceux-ci souhaitant avoir quelques garanties quant au succès des albums à venir.
Kiss et les Beatles ont tenté l'aventure avec des fortunes diverses. Si les hard-rockeurs maquillés ont touché le pactole en créant une entreprise propriétaire des droits, et surtout en vendant des produits dérivés, les Fab Four ont eu moins de chance. Après avoir créé Northern Songs avec leur manager Brian Epstein, ils n’ont pas réussi à empêcher la vente de la majorité des parts.
C'est Michael Jackson lui-même qui est devenu actionnaire majoritaire de Northern Songs, et donc des chansons des Beatles, avant de fusionner son catalogue avec Sony au nez et à la barbe de Paul McCartney. Si transformer sa musique en actions peut s'avérer très rentable, mieux vaut donc s'assurer malgré tout d'en conserver plus de 50 % au risque de perdre le contrôle de son propre catalogue…
Bowie Bonds

2-Se faire prêter de l'argent grâce à ses droits d'auteur

Cette méthode, initiée par David Bowie, permet d'emprunter une forte somme d'argent, même en fin de carrière, là où un banquier aurait probablement refusé. Le concept est rusé et diablement efficace : si vous êtes un artiste dont le catalogue contient plusieurs albums considérés comme des classiques, vous disposez de revenus réguliers grâce aux royalties des ventes de disques. Plutôt que d'attendre que l'argent tombe doucement dans vos poches, contractez un prêt en créant des obligations, des Bowie Bonds par exemple, et en remboursant les intérêts grâce aux royalties issues d’albums sortis il y a longtemps.
L’investisseur prête de l'argent à l'artiste en bénéficiant en retour d'un taux avantageux (7,9 % pour les Bowie Bonds), dont le paiement est assuré par les royalties touchés par l'artiste sur ses anciens succès (pas de risques que l'artiste fasse un flop et ne puisse plus payer). L'artiste, lui, dispose immédiatement d'une forte somme d'argent qu'il peut investir ailleurs. David Bowie a ainsi pu se faire prêter en 1997 plus de 55 millions de dollars en remboursant les intérêts grâce aux royalties d'albums comme Honky Dory, Heroes ou Aladdin Sane...
Ce système a été imité avec succès par le groupe de hard rock Iron Maiden, et James Brown, qui sont parvenus à emprunter plus de 30 millions de dollars.
King of Pop

3-Racheter le catalogue d'autres artistes

Si les droits d’auteur de vos chansons vous rapportent beaucoup d'argent mais que vous souhaitez en gagner encore plus, comment faire ? Bien sûr, vous pouvez sortir de nouvelles chansons... Mais vous pouvez aussi racheter les droits de celles des autres. Vous devenez alors une mini maison de disques.
Paul McCartney possédait ainsi une partie des droits des chansons des Beatles mais aussi de celles de Buddy Holly, Carl Perkins et bien d'autres, ce qui lui permettait dans les années 80 de toucher plus de 40 millions de dollars en royalties par an. Cet habile placement lui a permis de devenir un des artistes les plus riches du monde. Mais il lui a également joué des tours...
Mickaël Jackson © DR
Après avoir conseillé en 1982 au jeune Michael Jackson d'investir de la sorte, il ne se doutait pas que celui-ci connaitrait ensuite un succès phénoménal, au point de pouvoir acheter les droits d'exploitation des chansons... des Beatles ! McCartney devait donc payer le « King of Pop » pour jouer sur scène des morceaux qu'il avait lui même composés. Une situation rageante pour le bassiste du quatuor de Liverpool, d'autant plus que « MJ » n'a pas hésité à monnayer l'utilisation de chansons des Beatles dans des publicités afin de financer son improbable train de vie et ses frais de justice.

4-Investir judicieusement

La méthode la plus lucrative quand on est un musicien à succès reste encore de placer son argent dans des domaines qui n'ont rien à voir mais qui rapportent gros, comme n'importe quel investisseur. C'est par exemple le cas de Bono. Le leader de U2 disposait déjà d'un solide pactole issu des ventes de ses disques. Mais sa fortune a encore grimpé lorsqu'il a investi 56,5 millions de dollars avec ses quatre associés du fonds d'investissement Elevation Partners pour acquérir 2,3 % des parts d'une jeune entreprise en plein essor. Son nom ? Facebook. C’était en 2009. Six ans plus tard, cette entreprise est devenue un géant du net et les parts d'Elevation Partners représentent plus d'1,4 milliards de dollars...
René Angélil, le mari de Céline Dion, décédé vendredi dernier, a constitué une fortune évaluée à plus de 700 millions de dollars canadiens, la 101e du Canada en 2013. Son premier actif, ce sont les ventes de 225 millions de disques de Céline Dion, bien sûr, mais aussi les spectacles à Las Vegas : chaque année, ils ont rapporté 114 millions de dollars de retombées économiques à la ville, et créé 7000 emplois directs et indirects. Enfin, René Angélil a aussi investi dans une chaîne de restauration, et racheté un restaurant coté à Montréal. Sans oublier les innombrables participations de Céline Dion à des campagnes publicitaires.
Crédits photo : Pluris, DR
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Article paru dans le numéro #94 ODDITIES
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