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Emmanuel Brousse
News | 16 janvier
5 mn

Une crise boursière sous étroite surveillance
Quel regard la presse internationale porte-t-elle sur le krach boursier qui fait trembler les bourses chinoises et les marchés financiers du monde entier ?

China Stock Exchange © DR
L'année 2016 commence fort mal pour les investisseurs chinois. Les bourses de Shanghai et Shenzen dégringolent, et si cette chute devait se prolonger, elle aurait des conséquences incalculables pour les autres économies du monde. Le pays a déjà connu un violent krach boursier l’été dernier et ses perspectives de croissance sont très mauvaises, comme le rappelle Slate dans un article très complet sur la crise chinoise.
Très dépendante de ses exportations, la Chine voit sa croissance freinée par la morosité de l'économie mondiale et par l'augmentation des salaires et du niveau de vie de ses habitants. Comme le Japon et Taïwan avant elle, elle subit la concurrence de nouveaux pays à bas salaires. L'économie chinoise est donc obligée de muter pour devenir moins dépendante de ses ventes, et cette transformation ne peut se faire que dans la douleur. The Economist souligne l'extrême volatilité du marché chinois et cite Wu Jinglian, un expert de la bourse de Shanghai, qui explique que « les fluctuations du marché chinois sont si déconnectées de la réalité qu'elles se rapprochent plus du casino. Encore que ce serait une comparaison injuste pour les casinos. »
Conscient de la vulnérabilité de ses plateformes boursières, le gouvernement de Pékin a bien tenté d'introduire plus de régulation après le krach de cet été, notamment en introduisant des circuit breakers. Ce rôle, confié à la China Securities Regulatory Commission (CSRC), consiste à actionner un temps mort, voire un arrêt des transactions pour la journée en cas de décrochage de la bourse. Mais cette idée aura fait long feu. Après une première utilisation cet hiver, ce système n'a pas convaincu. The Australian et The Times of India s'interrogent sur l'avenir et la responsabilité de Xiao Gang, responsable atypique de la CSRC, qui avait sauvé son poste cet été mais dont la démission est réclamée par plusieurs puissants investisseurs chinois.
China Stock Exchange © DR
Si pour les marchés, il ferait un excellent bouc émissaire, ce n'est pas à lui que Pékin a décidé de faire porter le chapeau pour le moment, mais plutôt à Wang Xiaolu. The Guardian explique comment ce reporter du très sérieux journal économique Caijing a été forcé d’effectuer des excuses publiques à la télévision. Dans une séance surréaliste, le journaliste reconnaît sous la contrainte qu'il est le seul responsable de la crise de l’été, parce qu’il a publié des informations infondées sur un éventuel retrait des marchés financiers de la part des autorités de régulation. Ces nouvelles auraient alors affolé les bourses de Shanghai et de Shenzen et causé le krach. Pour les spécialistes de la bourse chinoise, ces explications semblent bancales et plusieurs médias ont annoncé avoir eu vent d'informations similaires à celles diffusées par Wang Xiaolu, rejetant plutôt la faute sur l'opacité entretenue par le gouvernement quant à la réalité de l'économie chinoise.
En définitive, connaître le nom du responsable de la crise chinoise importe peu. Pour le quotidien grec Ekathimerini, le plus urgent est de savoir quelles répercussions pourraient avoir ces soudains décrochements sur l'économie européenne, alors que celle-ci se remet à peine de la crise. Des craintes fort compréhensibles à l'heure où de nombreux experts ont exprimé leurs vives inquiétudes si une nouvelle crise mondiale venait à se déclencher.
Crédits photo : DR
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Article paru dans le numéro #94 ODDITIES
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