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Olivier de Cointet
News | 22 janvier
6 mn

Transmettre pour durer
Décryptage du lancement de la nouvelle collection Overseas, par Julien Marchenoir, directeur de la stratégie et du patrimoine de Vacheron Constantin.

Julien Marchenoir, directeur de la stratégie et du patrimoine de Vacheron Constantin. © Vincent Calmel / Mitsu120 Studio
À l’occasion du SIHH 2016, Pluris s’est entretenu avec Julien Marchenoir, directeur de la stratégie et du patrimoine chez Vacheron Constantin. L’occasion de revenir sur l’identité de la manufacture, sa stratégie de développement et le lancement de la nouvelle collection Overseas.

Pluris – Comment votre collection Overseas s’inscrit-elle dans la stratégie de Vacheron Constantin ?

Julien Marchenoir – Overseas est une ligne de produits complémentaire de l’expression la plus connue de Vacheron Constantin qu’est l’horlogerie classique. En même temps, elle correspond à un historique de plus de cent ans de travail sur des montres-instruments développées pour le voyage. À la fin du 19e siècle, ces montres faisaient l’objet de demandes de la part de navigateurs, d’ethnologues ou de grands explorateurs et avaient des caractéristiques spécifiques, celles d’être hermétiques et constituées de matériaux et de mouvements plus solides. Historiquement, nous faisons principalement des montres en or et nous nous autorisons rarement à sortir de ces métaux précieux. Mais dans les années 70, moment où ce type de montres a vraiment émergé, comme conséquence de la démocratisation du voyage, l’acier s’est imposé sur ce segment. Overseas s’inscrit dans la suite logique du succès de ce segment, qui a connu une croissance à deux chiffres ces dernières années et qui devrait continuer à bien se porter les années à venir.

Comment analysez-vous l’évolution des attentes de vos clients ?

Nous pensons qu’il ne s’agit pas de développer des produits qui correspondent à des attentes des clients car, quand nous faisons des études de marché, il est très rare de trouver des clients qui arrivent à se projeter sur le type de produits dont ils auront besoin dans cinq ans. Là où nous avons le plus de succès, c’est quand on arrive à les surprendre.

Lorsque l’on est une manufacture chargée d’histoire et qui attache une grande importance à la tradition, comment être plus réactif et agile pour s’adapter aux changements de son marché ?

Vacheron Constantin est une maison dans laquelle les choses sont planifiées très à l’avance. Il y a tellement de contraintes fonctionnelles pour produire une montre que cela prend nécessairement du temps, quand bien même on essaie de réduire le time-to-market. Cependant, on a cette sérénité liée à notre héritage qui nous permet d’appréhender l’avenir avec confiance. Nous sommes dans une époque dans laquelle les organisations très pyramidales sont totalement remises en cause. Nous essayons donc de sortir de ce travail en cascade pour s’organiser en réseau. Nous nous adaptons aussi aux outils que les nouvelles technologies nous apportent et aux attentes des générations dites Y et Z.

En quoi Vacheron Constantin se démarque-t-elle des autres manufactures ?

C’est une question que nous nous sommes posée à l’occasion du quart de millénaire de la maison. On s’est aperçu que l’approche de la transmission du savoir-faire est fondamentale chez nous. Par exemple, on ne va pas demander à la personne la plus expérimentée d’un atelier de gérer les flux de production ou les personnes. Les horlogers ont choisi ce métier pour le savoir-faire qu’il implique et quand ils en sont trop détachés, au profit des tâches de gestion, ils sont moins épanouis et enclins à prendre du temps pour préparer le terrain pour les générations suivantes. Or, pour travailler dans les grandes complications par exemple, ce dont rêvent tous les jeunes qui postulent chez nous, la formation dure 25 ans.
Julien Marchenoir, directeur de la stratégie et du patrimoine de Vacheron Constantin et Steve McCurry, Photographe. © DR

Votre nouvelle collection, en collaboration avec le photographe Steve McCurry, s’appelle Overseas. Est-ce que cette ouverture sur le monde répond à une demande particulière de vos clients ?

Cette ouverture sur le monde fait partie de l’ADN de la maison. Genève a toujours été un lieu de passage, jusqu’au 12e siècle elle était l’une des principales places de commerce d’Europe. Très tôt, Vacheron Constantin s’est préoccupé de s’internationaliser et de commercer avec de nombreux pays. Comme on en discutait avec Steve McCurry, voyager c’est changer sa perspective sur le monde, c’est aller aux sources des civilisations, c’est parfaire son éducation – Montaigne disait « l’homme fait le voyage, le voyage fait l’homme. » On a donc sélectionné douze lieux de sens, photographiés par Steve McCurry. Et on va échanger avec nos clients à travers nos plateformes digitales sur ces lieux et leur donner la possibilité en retour de nous faire part des endroits de la planète qui les ont marqués.
Crédits photo : Vincent Calmel / Mitsu120 Studio, DR
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