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Élodie Fondacci
Recommandation | 7 février
10 mn

Des vies chinoises
8 livres et bandes dessinées qui racontent la Chine d'aujourd'hui.

Zeng Nian, Photographies panoramiques, Zeng Nian, Ed. Lieux dits © DR
Yiyun Li, Plus doux que la solitude © DR

Yiyun Li, Plus doux que la solitude

ROMANS

Plus doux que la solitude, Yiyun Li

Shaoai, une jeune étudiante exclue de l’université après avoir participé aux révoltes de la place Tiananmen, est empoisonnée… Elle ne meurt pas mais est condamnée à une vie végétative. Que s’est-il passé ? Qui a cherché à attenter à ses jours ? A sa mort 21 ans plus tard, le secret pèse encore sur ses anciens amis, avec qui elle a passé son adolescence. Ils sont continué leur chemin, Ruyu et Moran tentant leur

chance aux États-Unis, Boyang restant en Chine, mais aucun n’est heureux, leurs émotions comme étouffées pour toujours. Reste-t-on pour toujours prisonnier du passé ? Nous condamne-t-il à la solitude ? Plus qu’une enquête, un roman psychologique étrangement distancié.

Plus doux que la solitude, de Yiyun Li, traduit de l'anglais par Françoise Rose, Éditions Belfond, 2015, 368 p., 21 €.
Xu Zechen, Pékin pirate © DR

Xu Zechen, Pékin pirate

Pékin pirate, Xu Zechen

Après trois mois de prison pour trafic de faux papiers, DunHuang retourne à Pékin. Il n’a en poche que quelques yuans avec lesquels il s’offre non sans panache un paquet de cigarettes de luxe. Rien à faire. Nulle part où aller. C'est alors qu’il rencontre une vendeuse à la sauvette de DVD piratés.
En suivant la vie de débrouille de ses personnages - des précaires vaillants, amoureux, parfois déconfits mais

jamais vaincus, Xu Zechen plonge au cœur du Pékin des bas-fonds. De chambres insalubres en bars interlopes, d’un périphérique à l’autre, il nous entraîne dans un monde souterrain où grouillent des petits trafiquants, des escrocs sans envergure, des prostituées, des flics corrompus… Bien loin du Pékin touristique, le portrait d’une ville tentaculaire et dévorante.

Pékin pirate, Xu Zechen, traduit par Hélène Arthus, Éditions Philippe Rey, 2016, 208 p., 17 €.
Chi Zijian, Bonsoir la rose  © DR

Chi Zijian, Bonsoir la rose

Bonsoir, la Rose

Xiao'e, une jeune fille « d'origine modeste et pas spécialement belle » que son maigre salaire de correctrice dans une agence de presse empêche de se loger, trouve une chambre à louer chez une vieille dame juive d'origine russe. Raffinée et mystérieuse, Lena vit dans une anachronique bâtisse de bois, qui au milieu de l’océan de béton de la ville d’Harbin fait songer à une demeure de conte de fée. Entre les deux femmes que tout oppose va se

nouer une amitié tout en pudeur qui va les conduire à se confier mutuellement les lourds secrets de leur passé. Un roman délicat comme une fleur de givre, qui aborde un pan méconnu de l’histoire du 20e siècle : le sort des réfugiés juifs de Mandchourie, qui fuirent la Sibérie pour la Chine juste après la révolution d'Octobre.

Bonsoir, la rose, Zijian Chi, traduit par Yvonne André, Éditions Philippe Picquier, 2015, 192 p , 20 €.
Jia Mai, L'enfer des codes © DR

Jia Mai, L'enfer des codes

L’enfer des codes, Jia Mai

Véritable phénomène d'édition en Chine, ce roman d'espionnage sophistiqué, construit comme une enquête, raconte l'histoire d'un génie de la cryptographie. Rong Jinzhen, jeune orphelin presque autiste se révèle surdoué pour les mathématiques. Il se lie à l'Université avec un célèbre professeur, Jan Liseiwicz, impressionné par ses dons.
À l'arrivée de Mao au pouvoir, tout bascule : Liseiwicz, accusé

d'anticommunisme doit quitter le pays, tandis que Ron Jinzhen est enrôlé par les services secrets pour déchiffrer un code qui menace la sécurité du pays. Un code qui s'avère avoir été mis au point par Liseiwicz en personne…
À travers le destin d'un Snowden chinois, une fable palpitante sur la maigre frontière entre génie et folie.

L’enfer des codes, Jia Mai, traduit du chinois par Claude Payen, Éditions Robert Laffont, 2015, 330 p., 21 €.
Ai Weiwei, Hans Werner Holzwarth, Taschen © DR

Ai Weiwei, Hans Werner Holzwarth, Taschen

BEAUX LIVRES

Ai Wei Wei, Hans Werner Holzwarth

Ses chimères de papier enchantent en ce moment le Bon Marché – cerfs-volants d’oiseaux fabuleux suspendus entre ciel et terre, Ai Wei Wei est L’artiste contemporain chinois à connaître absolument. Difficile d’ailleurs de ne pas entendre

parler de lui : ses provocations, et sa maîtrise des réseaux sociaux en font un des artistes les plus en vue de l’espace public international. Turbulent, dissident, subversif, celui qui est la bête noire du Gouvernement Chinois depuis ses clichés insolents de la Place Tienanmen, ne cesse d’user de son art pour défendre les droits de l’homme et secouer les consciences.

Pour comprendre le travail protéiforme de ce caméléon – agitateur politique, installateur de génie – la monographie ultra complète de Taschen s’avère incontournable.

Ai Weiwei, Hans Werner Holzwarth, Taschen, 2016, 600 p., 49,99 €.
Édition de luxe limitée à 1000 exemplaires, enveloppé dans un foulard en soie, 33 x 44 cm, 724 p., 1000 €.
Ai Weiwei, Hans Werner Holzwarth, Taschen © The artist, courtesy Ai Weiwei Studio/TASCHEN
Ai Weiwei, Hans Werner Holzwarth, Taschen © The artist, courtesy Ai Weiwei Studio/TASCHEN
Ai Weiwei, Hans Werner Holzwarth, Taschen © The artist, courtesy Ai Weiwei Studio/TASCHEN
Ai Weiwei, Hans Werner Holzwarth, Taschen © The artist, courtesy Ai Weiwei Studio/TASCHEN
Ai Weiwei, Hans Werner Holzwarth, Taschen © The artist, courtesy Ai Weiwei Studio/TASCHEN
Ai Weiwei, Hans Werner Holzwarth, Taschen © The artist, courtesy Ai Weiwei Studio/TASCHEN
Ai Weiwei, Hans Werner Holzwarth, Taschen © The artist, courtesy Ai Weiwei Studio/TASCHEN
Ai Weiwei, Hans Werner Holzwarth, Taschen © The artist, courtesy Ai Weiwei Studio/TASCHEN
Ai Weiwei, Hans Werner Holzwarth, Taschen © The artist, courtesy Ai Weiwei Studio/TASCHEN
Ai Weiwei, Hans Werner Holzwarth, Taschen © The artist, courtesy Ai Weiwei Studio/TASCHEN
Ai Weiwei, Hans Werner Holzwarth, Taschen © The artist, courtesy Ai Weiwei Studio/TASCHEN
Ai Weiwei, Hans Werner Holzwarth, Taschen © The artist, courtesy Ai Weiwei Studio/TASCHEN
Ai Weiwei, Hans Werner Holzwarth, Taschen © The artist, courtesy Ai Weiwei Studio/TASCHEN
Ai Weiwei, Hans Werner Holzwarth, Taschen © The artist, courtesy Ai Weiwei Studio/TASCHEN
Ai Weiwei, Hans Werner Holzwarth, Taschen © The artist, courtesy Ai Weiwei Studio/TASCHEN

Photographies panoramiques, Zeng Nian

Lutrin intégré, gants blancs pour effleurer sans les abîmer les tirages… Le portfolio de Zeng Nian que nous proposent les éditions Lieux Dits est plus qu’un livre : un objet d’art. Né en en 1954 à Wuxi le photographe franco-chinois a effectué une carrière de photoreporter pour les grands medias mondiaux mais c’est le reportage que lui commande le NY Times en 96 sur la construction du barrage des Trois Gorges sur le fleuve Yangtsé qui est le tournant de sa carrière. La façon saisissante dont il rend compte du drame (1 million et demi de personnes déplacées, un paysage et une culture noyée sous 70 mètres d’eau… ) le rend célèbre dans le monde entier.

Le coffret propose 60 des plus belles photos panoramiques de sa carrière (noir et blanc, grands angles numérotées et signées : presque des estampes tant elles sont profondément picturales.

Zeng Nian photographies panoramiques, Éditions Lieux Dits.
Édition de luxe tirée à 250 exemplaires pour la France, offret de 72 x 36 x 6 cm, 960 €.
Li Kunwu, Une vie chinoise © DR

Li Kunwu, Une vie chinoise

BANDES DESSINÉES

Une vie chinoise, Kunwu Li

Une vie chinoise. Une parmi tant d’autres. Voilà ce que fut finalement la vie du dessinateur Li Kunwu. Et c’est la force de cette autobiographie graphique inouïe : nous faire vivre de l’intérieur - du point de vue d’un simple quidam - toute l’histoire de la Chine de l’arrivée de Mao au pouvoir jusqu’à nos jours en évitant à la fois la

propagande communiste chinoise et le politiquement correct occidental.
Les trois tomes de ce roman graphique maintes fois primé sont pour la première fois publiés sous forme d’intégrale. Une chance pour cette BD qui est aussi majeure sur l’histoire de la Chine que peut l’être Maus, sur l’histoire de l’Allemagne.

Une vie chinoise, Kunwu Li, Philippe Ôtié, Éditions Kana, 2015, 744 p., 39 €.

Ma génération, Kunwu Li

Et comme un bonheur n’arrive jamais seul Kana publie ce mois ci (encore quelques jours de patience…) le premier tome de la nouvelle BD de Li Kunwu : Ma génération. Alors que dans Une vie chinoise, il avait dessiné le petit Li et le vieux Li, le voilà qui dessine le petit Wang et le vieux Wang, le petit Zhou e le vieux Zhou dans

cette sorte de suite. Tous les enfants de sa classe jadis, ceux de sa génération, que sont-ils devenus une fois grands ? Tous ils son vécu la folie collective du Grand Bond en avant et les famines qui en découlé, l’enthousiasme et le désespoir de la Révolution culturelle, l’ouverture qui fut la condition de l’essor économique actuel. Un témoignage formidable sur ces homes et ces femmes qui ont construit la Chine d’aujourd’hui.

Ma génération, tome 1, de Kunwu Li, Éditions Kana, 2016, 255 p., 15 €. À paraître le 19 février.
Crédits photo : The artist, courtesy Ai Weiwei Studio/TASCHEN, DR
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Article paru dans le numéro #97 SINGE DE FEU
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