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Théo Siffrein-Blanc
Reportage | 31 janvier
Dimanche 24 janvier, 9h30, Gstaad, au cœur du village. Au milieu des boutiques huppées de la station, les crampons cloutés des vélos tintent sur les pavés. Entre appréhension et excitation, une centaine de passionnés de vélos s'apprêtent à écrire les première pages d’une nouvelle discipline : le snow bike.
Parmi ces coureurs, pour la grande majorité rompus aux compétitions cyclistes, figurent une poignée de novices dont je fais partie. Agneau parmi les loups, j’ai choisi la course la moins ardue du week-end. Cette troisième et dernière étape du Snow Bike Festival s'étend sur 25 km, avec 500 mètres de dénivelé, tandis que les coureurs venaient d’avaler 64 km, trois cols et 1950 mètres de dénivelé en deux jours.
Outre le parcours, l'équipement de mon colocataire d’une nuit, un Suisse maniaco-alémanique d'une cinquantaine d'années, avait achevé de m'effrayer : deux énormes sacs de sport, une vingtaine de vêtements techniques, trois paires de chaussures, un florilège de gels comestibles, de boissons fluos et barres énergisantes...

Fesse meurtrie

La course lancée, bravant les côtes à mon rythme, je me retrouvais rapidement en queue de peloton. Mais au fil de l'ascension, et à mesure que la beauté de l'écrin de nature se révélait, le sentiment de fatigue a diminué et un second souffle m’a doucement poussé. Avec ses 14 kg et ses pneus larges (97-114 mm), mon snow bike s’avérait assez stable. Ayant perdu du temps dans la montée, j'attaquais la descente tambour battant. Là encore, les paysages sont à couper le souffle, les pentes escarpées sous le bois cédant la place à des chemins sinueux surplombant une rivière ensoleillée.
Grisé par la vitesse et les places gagnées, j’ai répondu par un large sourire – eh oui, c'est ça, l'esprit de Gstaad – à une pisteuse qui m’alertait sur une pente plus raide d’un signe de la main. Un tacle plus tard, à 35km/h sur une plaque de verglas, je me retrouvais sur le sol, avec la fesse meurtrie.
Calmé par la chute, je finis plus prudemment la course, en 2h05, sans oublier d’arborer un sourire constipé pour la photo-finish, ni même de réaliser un petit cabrage bien senti. Cette attitude, ajoutée à l'éclat de mon survêtement baillant et de mes baskets saillantes, envoûtait littéralement les demoiselles à fourrure venues admirer les pros.

Look full-pink

Soucieux de rendre la politesse, je tendais à mon tour le micro à des participants. Julien C., un Français présent sur le podium, relayait l'impression générale des coureurs, en évitant toute forme verbale : « Super sensations, cadre exceptionnel, organisation au top ! » Le matériel ? « Seule différence avec le VTT : les pneus. » Mais celui qui, comme moi, est le fruit de toutes les jalousies pour son look full-pink, s'appelle Kuii : « Je viens de Thaïlande spécialement pour la course et il y a à peine quatre jours, je n’avais encore jamais vu de neige ! »
Snow Bike Festival Gstaad © Joakim Faiss
Sud-Africains, Américains, Espagnols, Anglais... La compétition a attiré des amateurs de tous les horizons. Le prestige du lieu, Gstaad, n'y est pas pour rien. En cela, Herman Coertze, directeur de l'événement, tient à remercier les habitants pour leur accueil. Si ce sport est pratiqué en Amérique du Nord, là où il est né il y a une dizaine d'année, « C'est la première fois qu'un événement d'une telle ampleur se produit en Europe : il a été télévisé partout dans le monde », poursuit-il.
Ce Sud-Africain, propriétaire d'un vignoble, ambitionne de faire de Gstaad la capitale européenne de ce sport en rééditant l'événement chaque année. Plus encore, il me confie avoir déposé une demande d'accréditation auprès de l'Union cycliste internationale pour en faire un jour, « pourquoi pas », un sport olympique.
Snow Bike Festival Gstaad © Joakim Faiss
 Pour plus d'information Snow Bike Festival
Crédits photo : Zoon Cronje, Nick Muzik, Joakim Faiss
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Article paru dans le numéro #96 ALTERNATIVES
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