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Emmanuel Brousse
News | 7 février

L'appli machine à cash
Pour gagner 80 millions de dollars, les Chinois ont secoué leur téléphone 11 milliards de fois l'année dernière. Une riche idée signée WeChat.

Affiche de propagande chinoise illustrant l'application WeChat © Gunter Von Kloster Kampen
La Chine compte aujourd'hui 520 millions d'utilisateurs de smartphones. Et parmi eux, 400 millions utilisent WeChat. D'abord pensé comme une application de messagerie instantanée, le service s'est vite transformé en plateforme hybride.
Contrairement à Facebook ou Google qui ont connu une success story après être nés de l'imagination de quelques entrepreneurs de la Silicon Valley, WeChat a été lancé à grands renforts de publicité par le géant Tencent. En alliant des moyens financiers considérables à une stratégie adaptée à son marché, l'appli a réussi à devenir un monstre en à peine cinq ans.
La valeur de WeChat est désormais estimée à 60 milliards de dollars, soit trois fois plus que son concurrent occidental Whatsapp. Il faut dire que contrairement à celui-ci, WeChat a réussi à transformer son appli gratuite en machine à cash, grâce aux ventes de jeux à télécharger et de stickers à coller dans les conversations en ligne.
« WeChat ne peut pas être simplement comparée à Skype ou à Whatsapp, explique Vladimir Djurovic, Pdg de Labbrand, cabinet de conseil en stratégie fondé en Chine en 2005. Certes on y retrouve surtout ses amis, mais il est possible de s'abonner à des pages de célébrités ou de marques. C'est à la fois un outil de communication et un réseau social sur lequel on peut installer des applications pour jouer, commander des taxis, payer en ligne... »

Le gros succès des « enveloppes rouges »

L'incitation à recourir aux options payantes est permanente et l'application chinoise est bien plus « monétisée » que ses équivalents occidentaux. On trouve un service de micro-paiement semblable à Paypal qui sert non seulement à acheter des jeux, mais aussi à échanger de l'argent avec ses contacts. Pour le nouvel an 2015, Wechat a mis en place un système inspiré de la tradition des hongbao, les « enveloppes rouges », avec lesquelles les Chinois ont l'habitude de s'envoyer des étrennes chaque année.
Désormais, il est possible d'envoyer une petite somme par WeChat avec une animation inspirée des enveloppes d'antan. Lancée en grande pompe avec le partenariat des chaînes de télévision, cette fonctionnalité a eu un succès incroyable. Pour le gala de la fête du Printemps de CCTV, WeChat a offert 80 millions de dollars sous forme de hongbao que les utilisateurs de l'application pouvaient tenter de remporter au hasard en secouant leur smartphone. L'opération a connu un succès colossal puisque les Chinois ont secoué 11 milliards de fois leurs téléphones et envoyé plus d'1 milliard de hongbaos à leurs proches.
Cette année, WeChat ne pouvait pas compter sur le soutien de CCTV mais a tenté un nouveau coup de com en lancant une nouvelle fonctionnalité pour quelques jours. Il s'agit cette fois de permettre aux utilisateurs d'envoyer à leurs contacts des photos floutées qui pourront être « défloutées » si le destinataire envoie une hongbao à l'envoyeur. Cette fonctionnalité a été moins bien reçue par le public qui a raillé un moyen « de faire payer ses amis pour des selfies » et s'est inquiété de la diffusion par ce biais d'images pornographiques.

Des applis calibrées pour la Chine

Mais ce petit couac ne devrait pas empêcher WeChat d'essayer de se démarquer avec des fonctionnalités originales et ludiques bien adaptées au marché chinois. « Shake » permet de secouer son téléphone pour échanger et devenir ami avec un autre utilisateur inconnu qui secoue lui aussi son mobile. Plus original encore, la fonction « bouteille à la mer » permet d'envoyer un message à un utilisateur aléatoire qui pourra ensuite choisir d'y répondre ou non.
Toutes ces fonctionnalités pensées et calibrées pour le marché chinois rencontrent aussi un certain succès ailleurs. Dans certains pays d'Afrique, en Espagne et en Inde, WeChat commence à se faire une place sur un marché pourtant bien encombré par les mastodontes américains.
Crédits photo : Gunter Von Kloster Kampen
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Article paru dans le numéro #97 SINGE DE FEU
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