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Emmanuel Brousse
News | 7 février
6 mn
À Shanghai, ne pas se fier aux imposants gratte-ciels et autres sièges de banques. Derrière les façades impeccables, la vie culturelle explose, comme dans le quartier de Tianzi Fang. Avec ses maisons des années 30 et son ambiance « village », ce petit labyrinthe de ruelles anciennes abrite des galeries d'art et des boutiques de vêtements très prisés par les Shanghaïens.
Des dizaines d'échoppes proposent des vêtements, de la vaisselle ou des objets de déco exposés dans une ambiance « marché aux puces ».  © http://www.kilometres-et-megapixels.com/
Des dizaines d'échoppes proposent des vêtements, de la vaisselle ou des objets de déco exposés dans une ambiance « marché aux puces ».
Le vintage à l'occidentale fait un carton auprès de la jeunesse. Des dizaines d'échoppes proposent des vêtements, de la vaisselle ou des objets de déco exposés dans une ambiance « marché aux puces ». Même dans les enseignes les plus chics de la Nanjing Lu, les Champs-Elysées de Shanghai, les boutiques optent pour un design Art déco faisant la part belle au bois et au métal.
Ce goût pour le rétro symbolise l’émergence des Chinois « bobos ». Dans les rues, on croise des trentenaires avec des T-shirt colorés Nike qui reprennent les codes des années 70 80, mais sur lesquels le nom de la marque est écrit en mandarin. Comme si la Chine s'efforçait de se créer un « vintage personnalisé » en ajoutant une touche locale.
Shanghai hipsters © http://benross.net/
Shanghai hipsters !

Cafés et chants d'oiseaux

La jeunesse branchée qui commence à manger bio et à s'intéresser à l'écologie redonne un coup de jeune à certaines vieilles traditions longtemps délaissées. Par exemple, les concours de chants d’oiseaux qui se tiennent dans le parc Guilin depuis la dynastie Qing : certains Shanghaïens dépensent des fortunes dans des cages pour élever des oiseaux chanteurs importés de provinces reculées ou d'Australie.
Shanghai bird keeping competition in Guilin Park © http://www.timeoutshanghai.com/
Toutes les traditions ne sont pas égales face au changement. Le thé cède du terrain au profit du café, longtemps boudé par les Chinois. Symboles des working men en cols-blancs, les terrasses de Starbucks font le plein tous les jours, et Shanghai est désormais la deuxième ville à accueillir le plus grand nombre de cafés, après Tokyo mais devant New York et Los Angeles.

Lignes épurées

Les galeries d'art poussent comme des champignons, avec des designs toujours plus ambitieux et extravagants. Dans le district de West Bund, les lignes architecturales épurées et modernes de la ShangART gallery, du Shanghai Fair Art Center ou du centre d'art contemporain Fu Space ont fait de ce quartier une des zones les plus en vue du moment.
FU Space by Philip F. Yuan and Archi-Union Architects #WestBund © DR
Parmi les adresses huppées, où la jeunesse dorée se mêle aux stars du show-business, le Bar Rouge et ses cocktails affiche complet tous les soirs et offre une vue sans pareil sur les gratte-ciels de la ville. Plus bas, The Shelter, club le plus prisé de la ville et cœur de la scène underground, est un ancien bunker antinucléaire où se réunissent les amateurs de dubstep, de hip-hop et d'électro.

Shanghai, capitale du smartphone

Avec leurs écrans omniprésents, les Shangaïens échangent chaque jour des dizaines de millions de messages grâce à WeChat, le Whatsapp chinois, symbole de la spécificité chinoise sur le web, aidé par le protectionnisme de l'Etat et les particularités de l'alphabet. Alors que Google ne parvient pas à écraser Baidu et qu'eBay est supplanté par Alibaba, Uber peine à s'imposer à Shanghai face à Didi Kuaidi, un service qui regroupe commande de taxis, covoiturage et bus privés.
Didi Kuaidi : service qui regroupe commande de taxis, covoiturage et bus privés. © DR
Didi Kuaidi : service qui regroupe commande de taxis, covoiturage et bus privés.
C’est aussi vrai pour les sites de rencontre. Les nouveaux riches des années 1990 et 2000 cherchaient de bons partis et des mariages arrangés en passant par le cercle de proches ou le cercle professionnel. Aujourd’hui, les Shanghaïens branchés sont bien plus libérés, et draguent désormais sur Momo, l’équivalent chinois de Tinder, même si de nombreux parents ou célibataires âgés se pressent encore tous les jours au « marché aux fiancés » du Parc de la Place du Peuple pour poster des petites annonces mentionnant âge, taille, poids et salaires.
Et quand vient l'heure de fonder un foyer ou de se remarier, ils ne passent plus par les petites pancartes du marché des fiancés mais par le salon de l'amour et du mariage de Zhaoxiang qui ouvre chaque année ses portes depuis 2009. Avec ses inscriptions en ligne et ses 20 000 m2, celui-ci est à l'image de la ville : connecté, immense, occidentalisé et en même temps tellement chinois.
Crédits photo : http://www.timeoutshanghai.com/, http://www.kilometres-et-megapixels.com/, http://benross.net/, DR
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Article paru dans le numéro #97 SINGE DE FEU
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