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Emmanuel Brousse
News | 21 février

Crise de croissance pour le crowdfunding français
Après 5 ans de boom, le marché du financement partipicatif arrive à maturité. Quelle est l'étape d'après ?

Crise de croissance pour le crowdfunding français © DR
« La croissance est toujours importante chez nous, mais le marché s'est stabilisé, c’est vrai. » Chez Ulule, leader français du financement participatif avec KissKissBankBank, on regrette un peu les années passées où le chiffre d'affaire doublait à chaque bilan. Mais pas d'inquiétude : avec 15 à 20 % de croissance annuelle, le succès reste massivement au rendez-vous.
Ces chiffres illustrent à merveille l'état actuel du crowdfunding français. Le concept a trouvé son public et est entré dans les mœurs. Quelques sites règnent désormais en maîtres sur un marché arrivé à maturité. En revanche, le « boom » initial est terminé et pour les nouveaux acteurs, il faut créer quelque chose de nouveau sous peine de disparaître rapidement. D'autant plus que le crowdfunding est par nature un domaine où les places sont peu nombreuses.
« La viabilité du crowdfunding repose sur la visibilité des projets. Les sites les plus connus seront plus visités et attireront donc plus de gens susceptibles de donner pour les projets qui les intéressent. »
« La viabilité du crowdfunding repose sur la visibilité des projets. Les sites les plus connus seront plus visités et attireront donc plus de gens susceptibles de donner pour les projets qui les intéressent. Un site en manque de visibilité ne permettra pas au projet qu'il héberge d'être financé et sera donc moins utilisé que les autres. C'est un cercle vicieux dont il est difficile de sortir », explique-t-on chez Ulule. Le marché français où deux entreprises se partagent le marché reproduit avec quelques années de retard le marché américain où Kickstarter et Indiegogo ne laissent pas de place à la concurrence.

Créer une niche pour exister

Pour exister, la seule solution est donc de créer sa niche. Certains sites se sont spécialisés dans le crowdfunding immobilier, d’autres sont dédiés aux films ou plus original encore, comme MoolaHoop qui ne s'adresse qu'aux entrepreneurs féminins. Une exclusivité qui permet de toucher un public très concerné mais qui fait aussi courir le risque de s'enfermer. Le site MyMajorCompany, un temps leader du marché français se retrouve ainsi contraint de fermer ses portes aux nouveaux projets après s'être trop concentré sur la musique.
En France, le dernier eldorado du crowdfunding se trouve probablement du côté de la finance participative. Rendu possible par la loi entrée en vigueur en octobre 2014, ce modèle permet aux internautes d'agir comme des « business angels » et de prêter à des entreprises naissantes comme le feraient des banques.
Contrairement au crowdfunding classique, la finance participative vise à assurer une rentabilité pour les internautes investisseurs, contrairement aux plateformes plus classiques comme Kickstarter, Ulule ou KissKissBankBank. Ces nouveaux sites (Wiseed, SmartAngels...) sont apparus par dizaine après l'ouverture du marché et connaissent des taux de croissance impressionnants, tant en nombre de projets soutenus qu'en montants levés. Mais comme pour leurs aînés, la période faste pourrait bien ne pas durer et le marché devrait se resserrer sur un ou deux sites à forte visibilité. Les nouveaux n’auront qu’à innover pour exister...
Crédits photo : DR
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Article paru dans le numéro #99 CROWDFUNDING
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