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Emmanuel Brousse
News | 21 février
7 mn

Faut-il avoir peur de la Corée du Nord ?
La dictature nord-coréenne teste des missiles à tout va, mais représente-t-elle vraiment une menace pour la paix du monde ?

Corée du Nord, Kim Jong Un, menaces militaires © DR
Le 7 février dernier, Pyongyang annonçait avoir procédé à un tir de fusée visant à mettre en orbite un satellite. Une manœuvre largement perçue par la communauté internationale comme un test déguisé de missile intercontinental. Cette nouvelle provocation, à peine un mois après un test nucléaire pose la question des capacités militaires réelles de la Corée du Nord.
Depuis l'arrivée au pouvoir de Kim Jong Un, le pays a adopté une ligne politique très dure et militariste. Le site coréen Chosun Ilbo rapporte qu'après l'essai nucléaire survenu en début d'année, le chef d'Etat major Ri Yong Gil a été condamné à mort pour « corruption, abus de pouvoir et formation de parti politique » et remplacé par un successeur partisan d'une politique encore plus agressive.

L'échec de la diplomatie

Face aux incessantes provocations de son voisin du Nord, la Corée du Sud n'envisage plus vraiment de coopération. Le complexe industriel intercoréen de Kaesong, symbole de la « réconciliation » a été abandonné par Séoul et les hommes politiques n'hésitent plus à mettre sur la table des solutions extrêmes. Un député du parti majoritaire à l'assemblée a même proposé de faire assassiner Kim Jong Un alors que plusieurs voix s'élèvent régulièrement pour que le pays se dote lui aussi d'armes atomiques et soit en mesure de riposter sans dépendre de l'allié américain.
Washington ne ménage pourtant pas ses efforts pour soutenir la Corée du Sud. Après avoir répliqué à l'essai atomique de janvier en faisant venir un bombardier nucléaire B52, l'armée américaine vient de déployer sur place quatre avions F22 Raptor, aéronef perçu comme étant le plus performant du monde et pouvant transporter un véritable arsenal. Les Etats-Unis ont également annoncé l'installation en Corée du système anti-missiles THAAD au grand dam de la Chine et de la Russie.
Mais si la Chine apprécie peu que l'Amérique s'invite ainsi à ses frontières, cela ne signifie pas pour autant que Pékin offre un soutien sans réserve à son voisin turbulent. Allié historique de la Corée du Nord, la Chine se lasse des incessantes provocations à l'égard de l'Ouest. Le China Daily a qualifié les derniers tirs de missiles d’« inacceptables », relayant en ce sens l'avis du gouvernement de Pékin qui a « expressément demandé à Pyongyang de stopper les actions contribuant à détériorer la situation ».
Ces déclarations ne sont pas les premières et la présidente sud-coréenne Park Geun Hye a récemment demandé officiellement l'aide de la Chine sur le dossier nord-coréen, symbolisant ainsi l'évolution de la position l'empire du milieu. Si Pékin ne souhaite pas voir émerger une Corée unifiée alliée aux Etats-Unis, un conflit ou un effondrement du régime de Pyongyang provoquerait un afflux massif de réfugiés qui ne ferait pas non plus ses affaires. Un statu quo avec une longue réconciliation en toile de fond conviendrait mieux à Pékin que la situation actuelle.
Corée du Nord, Kim Jong Un, menaces militaires © DR

Quelle menace représente réellement la Corée du Nord ?

De son côté, l'Occident se pose surtout la question de l'étendue de la menace posée par Pyongyang. Graphiques à l’appui, le Business Insider montre que le développement des capacités balistiques de la Corée du Nord permet désormais au pays d'atteindre l'Europe et une grande partie des Etats-Unis grâce aux missiles Taepodong-2 pouvant être équipés d'une tête nucléaire. Un constat que nuance toutefois le site de fact-checking américain Politifact, qui rappelle que si la technologie nord-coréenne permet assurément d'envoyer des fusées à 10 000 km de distance, l'intégration de têtes nucléaires dans les missiles et la précision des tirs ne sont pas encore au point.
Les missiles intercontinentaux (ICBM) utilisent une technologie similaire à celles des fusées comme celle testée le 7 février par Pyongyang. Mais en plus de pouvoir atteindre les limites de l'atmosphère comme un lanceur visant à mettre un satellite en orbite, un ICBM doit être capable de redescendre avec son chargement pour atteindre sa cible avec une tête explosive ou nucléaire.
Si Pyongyang poursuit son programme nucléaire au rythme actuel, les experts estiment que la technologie sera véritablement au point vers 2020, et ce malgré les très lourdes sanctions économiques imposées au pays. L'économie nord-coréenne dépend principalement de la Chine. Les échanges avec l'Empire du Milieu représentent 80 % du commerce extérieur du pays et Pyongyang a bien du mal à exporter au-delà de l'Asie, à part quelques ventes d'armes à l'Ethiopie et un étonnant commerce de statues géantes raconté par la BBC.
Crédits photo : DR
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Article paru dans le numéro #99 CROWDFUNDING
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