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Élodie Fondacci
À savoir | 27 mars
5 mn
L'Été Diabolik, de Thierry Smolderen & Alexandre Clerisse, Dargaud, 2016 © DR

L'Été Diabolik, de Thierry Smolderen & Alexandre Clerisse, Dargaud, 2016

L'Été Diabolik

1967. Antoine a 15 ans. Il passe ses vacances dans le sud de la France seul avec son père. Parties de tennis, première expérience sexuelle, premier trip au LSD… Ce qui ne devrait être qu’un été insouciant d’adolescent ordinaire va pourtant dérailler. Au cours de ce mois d’août, le père d’Antoine va mystérieusement disparaître pour ne jamais revenir.
BD d’espionnage haletante sur fond de Guerre froide, L’Été Diabolik est porté par un graphisme psychédélique éblouissant. Couleurs flamboyantes, références assumées au Pop-art : on se croirait tombé dans un tableau nabi ou dans une couverture de 33 tours des Sixties. Un vrai polar initiatique prodigieusement dessiné.

L'Été Diabolik, de Thierry Smolderen & Alexandre Clerisse, Dargaud, 2016, 168 p., 21 €.

Au cœur de Fukushima, Journal d'un ouvrier de la centrale, de Kazuto Tatsuto, Éditions Kana © DR

Au cœur de Fukushima, Journal d'un ouvrier de la centrale, de Kazuto Tatsuto, Éditions Kana

Au cœur de Fukushima, Journal d'un ouvrier de la centrale

Personne ne sait qui est vraiment Kazuto Tatsuta. Il s’est fait embaucher sous un pseudonyme par TEPCO dans la tristement célèbre centrale 1F de Fukushima pour y devenir liquidateur après la catastrophe. C’est le quotidien presque banal des « travailleurs de l’atome » (chargés de déblayer, et de démanteler les réacteurs dans ce site si radioactif qu’ils ne peuvent y intervenir que quelques heures avant que leur dosimètre ne s’affole) qui nous est raconté avec une grande minutie.
Très neutre, ce manga n’est en aucun cas un réquisitoire contre le nucléaire. Mais ses dessins hyper réalistes, qui nous font pénétrer dans cette zone interdite à la presse et aux photographes, en font un témoignage inouï.

Au cœur de Fukushima, Journal d'un ouvrier de la centrale, de Kazuto Tatsuto, Éditions Kana, 2016, 192p., 9,90 €

Le grand méchant renard, de Benjamin Reiner, Éditions Shampooing, Delcourt, 2015 © DR

Le grand méchant renard, de Benjamin Reiner, Éditions Shampooing, Delcourt, 2015

Le grand méchant renard

Tellement drôle ce « grand méchant renard » qui n’est pas méchant pour un sou ! Il a l’air tellement inoffensif qu’il n’arrive même pas à effrayer une poule. Affamé, humilié il s’en va demander conseil au loup, (un vrai méchant qui, lui, a fait ses preuves) lequel, accablé par sa nullité, lui suggère de voler des œufs : une bonne omelette ça le changera des navets… Mais évidemment, les poussins qui en sortent le prennent pour leur mère !
Un trait à la Reiser, la poésie en plus… Cet album est une merveille de tendresse qui a valu à son auteur le prix jeunesse du Festival d’Angoulême.

Le grand méchant renard, de Benjamin Reiner, Éditions Shampooing, Delcourt, 2015, 192p., 16,95 €.

Rosalie Blum (version intégrale), de Camille Jourdy, Actes Sud, 2016 © DR

Rosalie Blum (version intégrale), de Camille Jourdy, Actes Sud, 2016

Rosalie Blum

Dans une petite ville de province, Vincent Machot s’ennuie. Garçon coiffeur, célibataire, il habite avec son chat et sa mère un peu folle, et sa vie est désespérément insipide. Jusqu’au jour où en rentrant dans une épicerie, il aperçoit Rosalie Blum. Une quinquagénaire presque aussi solitaire que lui. Cette femme, il est sûr de l’avoir déjà vue, mais où ? Intrigué, il se décide à la suivre un soir et ne tarde pas à se prendre au jeu de cette filature qui met un peu de piment dans ses mornes habitudes. Sans se douter que sa vie va s’en trouvée changée !
Un roman graphique au charme fou, dans la veine d’Amélie Poulain, que les éditions Actes Sud publient en version intégrale à l’occasion de la sortie du film de Julien Rappeneau.

Rosalie Blum (version intégrale), de Camille Jourdy, Actes Sud, 2016, 384 p., 38 €.

L'Odeur des garçons affamés, de Loo Hui Phang, Frederik Peeters, Casterman, 2016 © DR

L'Odeur des garçons affamés, de Loo Hui Phang, Frederik Peeters, Casterman, 2016

L'Odeur des garçons affamés

À la fin du 19e siècle, au moment où les Indiens finissent d’être décimés par les hommes blancs, un ingénieur cynique et sans scrupule décide de s’approprier des terres des Comanches et monte une expédition dans l’Ouest sauvage américain. À ses côtés, un photographe irlandais homosexuel qui a dû fuir la Côte Est pour des problèmes de mœurs et un mystérieux garçon de ferme qui semble avoir l’étrange pouvoir de parler aux chevaux…
Dans un Far West peuplé d’esprits, un western brûlant et sensuel qui frôle le surnaturel, et aborde avec subtilité les questions de l’identité.

L'Odeur des garçons affamés, de Loo Hui Phang, Frederik Peeters, Casterman, 2016, 112 p., 18,95 €.

Mickey's craziest adventures, de Lewis Trondheim et Nicolas Keramidas, Éditions Disney by Glénat © DR

Mickey's craziest adventures, de Lewis Trondheim et Nicolas Keramidas, Éditions Disney by Glénat

Une mystérieuse mélodie et Mickey's craziest adventures

Mickey a bercé votre enfance ? Bonne nouvelle, des aventures inédites de la souris la plus célèbre du monde paraissent chez Glénat ! L'éditeur français détenteur de la licence Disney en bande dessinée, a en effet demandé à Walt Disney l’autorisation de créer une collection « Mickey vu par… ». L’idée : confier à la crème des dessinateurs franco-belges le soin de s’attaquer au mythe américain, à leur manière.
L’accord une fois obtenu (après d’âpres négociations : on ne badine pas avec la World Company !), ce sont le Suisse Cosey et les Français Lewis Trondheim et Nicolas Keramidas qui ont accepté de relever le gant, trop contents de réaliser un rêve de gosse !
Dans Une mystérieuse mélodie, Cosey imagine la romantique rencontre de Mickey et Minnie. Le duo Trondheim/Keramidas quant à lui, fait croire qu’il a mis la main dans une brocante sur de numéros oubliés d’une revue des années 60, Mickey’s Quest, et compile ces planches prétendument inédites dans une histoire qui tire vers le fantastique, toute pleine de créatures de l’espace !
Deux hommages délicieusement nostalgiques qui devraient être suivis en octobre par ceux de Tebo et Loisel.

Une mystérieuse mélodie, de Cosey, Éditions Disney by Glénat, 64 p., 17 €.
Mickey's craziest adventures, de Lewis Trondheim et Nicolas Keramidas, Éditions Disney by Glénat, 48 p.,15 €.

California Dreamin’, de Pénélope Bagieu, Gallimard BD, 2015 © DR

California Dreamin’, de Pénélope Bagieu, Gallimard BD, 2015

California Dreamin’

California Dreamin’, c’est le titre d’une BD mais d’abord celui d’un tube légendaire sorti en 1965 aux Etats-Unis, et chanté par The Mamas & The Papas.
C’est la vie de Cass Elliot, la charismatique chanteuse du groupe que raconte Pénélope Bagieu dans un album au crayon gras particulièrement réussi. Pourtant le physique de celle qu’on a surnommé Mama Cass ne la prédestinait pas à devenir une star. Boulimique depuis sa plus tendre enfance, Cass est gironde, pour ne pas dire carrément grosse, et son corps encombrant détonne en ces années 60 où on doit être filiforme ou rien. Mais elle a un tempérament de feu, une audace extraordinaire et une voix simplement divine. Refusant de passer sa vie à vendre des bagels, cette fille d’épicier juif plaque sa ville de Baltimore pour se lancer dans la chanson. Son humour, son panache feront le reste et la placeront en haut des box offices.
Dans ce biopic libre et décalé, l’auteur raconte à plusieurs voix ce parcours détonnant, à travers le regard des proches de la jeune femme. Une plongée dans l’ambiance survoltée des Sixties.

California Dreamin’, de Pénélope Bagieu, Gallimard BD, 2015, 280 p., 24 €.

Crédits photo : DR
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Article paru dans le numéro #104 DIZAÏNE
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