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Élodie Fondacci
Recommandation | 19 mars
6 mn

3 pièces pour rire intelligent
Ni amants dans le placard, ni monologues intello : 3 autres façons de se dérider au théâtre.

L’amant dans le placard ? Très peu pour vous… Pour autant, le monologue intello de 4h aurait tendance à vous effrayer ? Voici trois pièces pour rire à coup sûr au théâtre, mais intelligemment.
L’Affaire Dussaert, de et par Jacques Mougenot, au Petit Montparnasse © Benjamin Dumas

L’Affaire Dussaert

Né en 1947, Philippe Dussaert est un artiste belge représentant du vacuisme – entendez par là l’art du vide –, courant qu’il a poussé jusqu’à son ultime expression, avec une série de tableaux intitulés Après. Il y a d’abord Après le radeau de la méduse où on voit le radeau sans ses occupants… Ensuite un monochrome blanc baptisé La Fuite des Hébreux d’Égypte (blanc parce que les Hébreux sont partis et les Égyptiens pas encore arrivés !) enfin, sa toile la plus célèbre : Après la Joconde, ou La Joconde est dans l’escalier, où l’on voit simplement la campagne toscane... sans Mona Lisa.

Si ces toiles défraient la chronique, le vrai scandale éclate en 1991 quand Dussaert expose à la galerie d’Argenson dans le Marais une œuvre qui s’appelle Après tout. Et puisque après tout, il n’y a rien, la galerie est tout simplement VIDE. Coup de génie ou mystification totale ? Canular ou sommet de l’art ? C’est ce qu’interroge Jacques Mougenot avec cette pièce en forme de conférence au cours de laquelle il revient sur l’Affaire, diapositives à l’appui, en massacrant au passage les critiques d’art et leurs propos abscons et le panurgisme des collectionneurs… Avec en toile de fond la question irrésolue : l’art contemporain peut-il n’être qu’une imposture ?

L’Affaire Dussaert, de et par Jacques Mougenot, au Petit Montparnasse, tous les mardis, jeudis et samedis à 19h, jusqu’au 8 juin.

Voyage avec ma tante, de Graham Greene, mise en scène de Nicolas Briançon, avec Claude Aufaure, Jean-Paul Bordes, Pierre-Alain Leleu et Dominique Daguier, au Théâtre de la Pépinière © François Berthier

Voyage avec ma tante

Employé de banque à la retraite, Henry Pooling est un vieux garçon tiré à 4 épingles qui n’a pour seule passion que les dahlias de son jardin qu’il entretient avec un soin maniaque. Et voilà que cet homme d’habitudes, qui ne s’est jamais aventuré plus loin que sa paisible banlieue, croise aux obsèques de sa défunte mère, son excentrique tante Augusta (que sa mère s’est bien gardée de lui présenter plus tôt !). 75 ans, une bonne descente de brandy, la jambe encore leste malgré sa canne, un amant noir et bien bâti de 40 ans son cadet, quelques trafics louches à son actif… Tante Augusta est une vieille dame tout à fait fantasque, qui a une vision très personnelle de ce qui se fait ou ne se fait pas ! Voilà ce cher Henry entraîné malgré lui dans un périple qui va le mener jusqu’au Paraguay, voyage au cours duquel il va comprendre qu’il faut mieux vivre follement que de façon trop tiède, quel qu’en soit le prix à payer.

Dans une mise en scène d’un brio irrésistible, quatre acteurs inouïs jouent plus de vingt rôles, jeune fille en fleur, agent-secret américain, perroquet, générale allemande, trafiquant d'art italien, et même une horloge ! Et bien sûr la vieille dame anglaise ! Tout simplement génial.

Voyage avec ma tante, de Graham Greene, mise en scène de Nicolas Briançon, avec Claude Aufaure, Jean-Paul Bordes, Pierre-Alain Leleu et Dominique Daguier, au Théâtre de la Pépinière, jusqu’au 2 avril.

Dernier coup de ciseaux, de Paul Portner, mise en scène de Sébastien Azzopardi, au théâtre des Mathurins © DR

Dernier coup de ciseaux

Un crime vient d’être commis dans un immeuble qui abrite un salon de coiffure. 4 suspects, 2 policiers. Dans ce délirant Cluedo grandeur nature, c’est le public qui mène l’enquête. Qui du propriétaire, de la shampouineuse ou de la bourgeoise imbuvable est l’auteur du crime ? Impossible de vendre la mèche, de toute façon le coupable n’est jamais le même. Les comédiens improvisent chaque soir en fonction des réactions des spectateurs qu’ils interrogent en leur qualité de témoins, et ne savent absolument pas qui sera l’assassin.

Immense succès aux USA (la pièce s’y joue depuis 30 ans sans interruption et figure est dans Guinness des records de longévité !), cette comédie policière interactive décoiffante et désopilante a déjà séduit 9 millions de spectateurs à travers le monde et passé la barre des 1000 représentations en France ! Une valeur sûre. À voir si ce n’est déjà fait.

Dernier coup de ciseaux, de Paul Portner, mise en scène de Sébastien Azzopardi, au théâtre des Mathurins, du mardi au samedi à 21h, jusqu’au 2 juillet.
Crédits photo : François Berthier, DR, Benjamin Dumas, Antoine Muller
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Article paru dans le numéro #103 STRATÈGES
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