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Théo Siffrein-Blanc
Reportage | 30 mars
10 mn

La Fashion Tech fait son show
Les réseaux sociaux font souffler un vent de fraîcheur sur le secteur de la mode.

Lundi 21 mars, le HUB de la BPI fait salle comble. Habitué à accueillir des événements sur les nouvelles technologies, l’endroit recevait cette fois des entrepreneurs de la mode 2.0 triés sur le volet. Grands groupes, startups, artisans ou créateurs de marketplace ont décrypté ensemble les bouleversements du secteur. Tous témoignent d’une mode fraîche, innovante, éloignée des podiums et ultra active sur les réseaux sociaux, où s’est jouée une partie de la soirée.
Les septs enseignements à retenir de ces prises de paroles :

1. Les réseaux sociaux comme arme de visibilité massive

Alexandre Mattiussi, le fondateur d’AMI, incarne un renouveau dans la création française. Issu du groupe LVMH, il évoque une marque qui s’inscrit en rupture du discours élitiste des grands créateurs pour se recentrer sur des valeurs de partage et d’amitié. Son « vestiaire de potes », comme il aime à le définir, a dès sa création tiré profit d’Instagram, son outil de communication préféré. Sa recette : y mêler sa vie personnelle et celle de sa marque, qu’il considère indissociables.
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Les réseaux sociaux, c’est le terrain de jeu favori de Guillaume Gibault et d’Etienne Morin, les fondateurs du Slip Français et de ChicTypes. Les deux startups ont acquis une notoriété extrêmement rapide et à moindre coût grâce à des campagnes virales. Le tout bien sûr lié à un contenu de marque qui doit être dense, différenciant et en rupture, comme l’a twitté De Rigeur, le spécialiste de la maroquinerie connectée.
Petit clin d’œil de la soirée, Guillaume Gibault, le fondateur du Slip Français, s’est d’ailleurs déplacé accompagné de deux cameramen et d’un capteur de son, une sorte de mise en abîme qui démontre qu’il n’y a pas de limite dans la mise en scène de soi.

2. Omnicanal même dans le monde des startups

Startup de la mode ne rime pas forcément avec pure player. Sézane illustre bien sûr cette règle avec son appartement qui permet de vivre l’expérience de la marque et tester les produits avant de les acheter en ligne. Mais le Slip Français et ChicTypes sont également deux très bons exemples de la manière dont la Fashion Tech vient bouleverser les business models traditionnels : pure player online à l’origine, ils ont ensuite acquis une présence physique pour favoriser l’expérience client.
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Une transition qu’a fait également le joailler Gemmyo qui a ouvert un espace de vente physique dans le 6ème arrondissement de Paris. Pas de vente directe, mais un lieu d’expérience qui maximise le meilleur des canaux : le digital pour l’achat et le réel pour l’expérience.

3. Le contenu devient expérience

C’est la très belle démonstration de force faite par Selectionnist qui, grâce à sa technologie, permet aux medias print classiques d’offrir de nouvelles expériences aux lecteurs (vidéos, tutorials, achat, etc.). L’application reconnecte les grands titres papiers en donnant la possibilité aux clientes de flasher les articles de mode. Intéressant de constater que 60% des flash ne se font pas sur de la publicité mais bien sur de l’éditorial comme le twitte Tatiana Jama, sa fondatrice. Les médias papiers, loin d’être moribonds, jouent plus que jamais leur rôle de prescripteurs de tendances.
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4. 3D comme levier de créativité tout autant que de rentabilité

Les nouvelles technologies permettent également de bouleverser la mode sur le plan industriel. Pauline Laigneau, la fondatrice de Gemmyo, montre comment grâce à l’imprimante 3D, elle est parvenue à combler le vide entre la joaillerie de luxe et la joaillerie « accessible mais dépourvue de magie ». Elle casse les codes de ce marché mondial de 150 milliards de dollars, où les coefficients de marge vont de 3x à 9x, et sur lequel les marques sont minées par des stocks moyens de 646 jours de BFR en produisant à la demande, en moins de trois mois et à moindre coût. Pauline Laigneau a de quoi être fière.
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5. La Fashion Tech encourage les investisseurs à prendre des risques

Côté investissements, c’est une transformation de fond qui s’opère également. Comme l’avance Nicolas Santi-Weil, business angel au capital d’AMI, notre pays pâtit d’une lacune importante : une culture du risque et un rapport à l’échec sévère ayant pour conséquence le sous-financement de nos pépites. Or, dans une vision anglo-saxonne, il estime que l’échec est un gage d’opiniâtreté et de persévérance, moteurs de l’entrepreneuriat comme le relaie Olivier de Cointet.
Néanmoins, il explique que la dimension technologique de ces startups de la mode renforce leur potentiel et rassure les investisseurs, comme le twitte Delphina Tomas, fondatrice de Dresswing, une plateforme de conciergerie de vêtements.

6. L’immédiateté de la mode, un risque pour la créativité ?

La technologie peut également susciter le débat, voire inquiéter. Citant l’exemple de l’apparition d’un bouton « buy now » sur Instagram, Pascal Morand s’interroge sur l’impact du raccourcissement du temps de la mode : l’immédiateté ne risque-t-elle pas de tuer la créativité ?
Se pose aussi la question de la pertinence des défilés à l’heure de la réalité virtuelle qui permet de créer de nouvelles expériences comme un défilé 100% virtuel justement, une immersion backstage, la présentation de nouvelles collections, l’essayage de vêtements, etc.

7. Un nouveau partenariat entre la BPI et l’IFM

La Fashion Tech, c’est tout un écosystème qui valorise une certaine « French Touch ». Un style inimitable hérité d’une longue tradition et associé aux avancées des technologies, comme l’ont rappelé Isabelle Ginestet, directrice des fonds sectoriels chez BPI France et Pascal Morand, Président exécutif Fédération Française de la Couture (FFC).
Dans cette veine, BPI et l’Institut Français de la Mode ont conclu un partenariat visant à mettre en commun leurs expertises pour accompagner les industries créatives de la mode. Celui-ci doit permettre à nos pépites de la French Touch de mieux exporter leur savoir-faire d’excellence à l’étranger.
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Les thèmes et les intervenants de l’événement Fashion Tech :

 « Réinventer la création française »  – par Alexandre Mattiussi (Président fondateur et Directeur Artistique d’AMI)
 « Ces modèles qui hybrident online et vente physique? » – Guillaume Gibault (CEO Le Slip Français) et Etienne Morin (CEO Chictypes)
 « Alliance presse & mobile : le new deal ?» – Tatiana Jama (Co-fondatrice Selectionnist) ; Cecile Villain Michaud (Planning Stratégique Havas Média France); Amalric Poncet (DG Délégué - Activités digitales et pôle parental Groupe Marie Claire)
 « Jeune et joailler » – Pauline Laigneau (CEO Gemmyo)
 « Investir dans la Fashion Tech » – Thierry Petit (CEO Showroomprivé) ; Emmanuele Levi (CEO 360 Capital) ; Nicolas Santi-Weil (Business Angel – CEO AMI) ; Marc Menasé (CEO Menlook)
 « Pouvoir de prescritpion des médias et influence et influence sur les achats mode » – Lara Rouyres (Co-fondatrice Selectionnist) ; Annie-Paule Quéré (Directrice Marketing Presse Elle) ; Julie Pellet (Brand development lead – Europe du Sud Instagram)
 « La French Touch meets la French Tech » – Pascal Morand (Président exécutif Fédération Française de la Couture) ; Isabelle Ginestet-Naudin (Directrice des Fonds sectoriels BPI France)
Crédits photo : Pluris, DR
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Article paru dans le numéro #105 VROMBISSANT
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