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Emmanuel Brousse
Recommandation | 9 avril
7 mn
Iggy Pop - Break Into Your Heart

Le disque évident : Post Pop Depression, Iggy Pop

Moins punk, plus noir et plus réfléchi. Voilà qui résume en quelques mots ce qu'il y a à retenir de Post Pop Depression. Iggy Pop a cessé depuis longtemps d'être l'« iguane » rock n'roll de ses années avec les Stooges. Désormais, il est un vestige d'une époque dont les icônes sont mortes. Bowie, Lou Reed... Iggy Pop a perdu ses compagnons de route et se trouve désormais réduit à cabotiner dans des pubs pour leboncoin. Mais il le sait. Et c'est tout ce qui donne la force de ce disque.

Conscient d'être un vrai chanteur mais un compositeur quelconque, il a fait appel à Josh Homme (Queens of the Stone Age / Eagles of Death Metal) et à d'autres amis dont les noms parleront aux amateurs de rock pour produire avec lui un album qui sorte du lot.

Que ce soit dans la composition, les paroles ou la façon de chanter, on comprend qu'Iggy Pop se lasse de voir son personnage n'être réduit qu'à de vieilles photos et à des apparitions dans des talk show ou des interviews où il sert de glorieuse caution rock n'roll sans que personne ne se soucie de sa musique. On touche du doigt l'amertume du vieux dinosaure qui veut prouver à ceux qui prendront le temps d'écouter qu'à l'intérieur du rocker empaillé brûlent encore une hargne et une ironie mordante.

Un bon album. Pas virtuose. Pas parfait. Mais sincère et infusé d'une touchante volonté de faire de la musique et de raconter des histoires d'avant.

Le disque psycho-psychédelico-aérien avec des trucs qui font penser à Pink Floyd : Black Mountain, Florian Saucer Attack

Ceux qui connaissaient le travail du groupe de Vancouver ne seront pas surpris de retrouver sur le même disque des passages très punk rock et d'autres où le groupe part dans un délire mystico-spatial qui rappelle ceux, hallucinatoires, de Jefferson Airplane. Les chansons s'enchaînent bien et regroupent joyeusement des claviers new wave, des abus de pédale wah wah et des longs trips stoner. Il y a un peu de Pink Floyd et un peu de Garbage là dedans : jamais aussi bon que les originaux mais jamais médiocre non plus. Et surtout, il y a un clip dessin-animé avec des insectes aliens qui mangent des gens avec du ketchup. Alors bon, ça ne peut pas être trop mal.

Le disque avec de vrais morceaux de noirceur et des guitares qui font beaucoup de bruit à l'intérieur : Apex III (Praise For The Burning Soul), Mars Red Sky

Le groupe de garage bordelais est fort productif en 2016 puisqu'il avait déjà sorti un EP en début d'année. Voici donc à présent un album. S’il n'est pas aussi bon que le premier album éponyme du groupe, ce troisième opus reste malgré tout un très bon disque pour les amateurs du genre. Pour peu qu'on ne soit pas allergique aux sons saturés et aux guitares aussi lourdes qu'omniprésentes, on pourra pleinement apprécier le travail du groupe qui ne se départit pas de son univers inspiré par l'espace, le psychédélique et l'onirisme.

Le disque de pop alternative dont tout le monde parle sur les sites de musique et qui est effectivement pas mal du tout : While the heart beats, Nadéah

La chanteuse australienne avait fait un tabac avec « Venus gets even » il y a 5 ans (elle était d'ailleurs au Printemps de Bourges, ce qui n'est pas le cas cette année) et avait participé à tout un tas de projets en général intéressants entre temps. Elle revient désormais avec un nouvel album salué par la critique. En l'écoutant, on comprend volontiers pourquoi.

While the heart bets s'écoute facilement. La voix est souvent pop et les chansons se basent sur des refrains et des bases qu'on retrouve dans nombre de titres de Madonna voire Lady Gaga. Et cette recette, on le sait, fonctionne bien. Mais ce qui donne tout l'intérêt de l'album, c'est que la chanteuse ne s'est pas contenté de singer les tubes radio. Elle en a retiré la suffisance et y a incrusté une collection d'éléments issus du rock alternatif ainsi qu'une agréable dose d'ironie.

Le résultat est résolument rock sans qu'on ne puisse nier qu'il s'agit aussi d'un disque de pop. Et c'est très bien ainsi.

Le disque qui a une pochette beaucoup trop cool et des clips beaucoup trop drôles : Stuff, White Denim

Un disque qui a une pochette avec un slip en tricot rempli de cactus ne peut pas être fondamentalement mauvais. Question musique, White Denim c'est des riffs de rock sudiste façon ZZ top ou Lynyrd Skynyrd couplés à une voix qui ressemble un peu à celle de Huey Lewis and the News. Évidemment il y a du gros solo bien texan réalisé avec une impeccable maîtrise technique.

Ce n'est pas original pour un sou mais ça fonctionne complètement et ça vous réveille un homme aussi bien qu'un gros burrito au piment. Et puis sincèrement, vous ne devriez pas manquer ce clip mêlant Air Guitar grotesque et montages vidéo ultra kitsch (assumés) où on trouve des chameaux, des paysages suisses et des pantalons en jean blanc qui jouent du rock sur la Lune. Non, vraiment, allez voir, c'est rigolo.
Crédits photo : DR
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Article paru dans le numéro #106 SCALE UP
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