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Élodie Fondacci
Recommandation | 16 avril
5 mn

Bons baisers de la Villette
James Bond s'expose à Paris jusqu'en septembre. 4 romans et bd pour plonger dans les eaux troubles de l'espionnage.

Pistolet - James Bond 007 l'Homme au Pistolet d'or © EON Productions
L’Aston Martin DB5 de GoldenEye, le maillot orange mythique porté par Ursula Andress quand elle sort de l’eau dans James Bond contre Dr. No, le chapeau melon aux bords d'acier (et au petit moteur intégré) avec lequel Oddjob décapite ses ennemis dans Goldfinger… C’est ce que vous pourrez voir dans 007 l’exposition, dès aujourd’hui à la Grande halle de la Villette. Plus de 500 objets issus des tournages, costumes mais aussi maquettes miniatures des décors par ailleurs construits en taille réelle, bijoux (véritables !) portés par les James Bond girls. Et puis surtout, tous les gadgets sortis de l’antre de Q, fabriqués en vrai, en ces années où l’imagerie 3D n’existait pas encore, et où les effets spéciaux étaient le fait de bricoleurs de génie.

Songez que le premier appareil photo sous-marin à marcher réellement a été créé pour un James Bond ! Et que l’armée américaine, très intéressée, a bel et bien appelé le chef technicien d’Opération Tonnerre pour lui demander combien de temps on pouvait tenir sous l’eau avec le recycleur que portait Pierce Brosnan. Réponse de l’intéressé : « Aussi longtemps que vous pouvez retenir votre respiration. »

La magie du cinéma….

James Bond 007, l'exposition. 50 ans de style Bond, à la Grande Halle de la Villette, jusqu'au 4 septembre 2016.
Joseph Kanon, Berlin 49 / Espionnage, livre, berlin, bond, agent secret © DR

Joseph Kanon, Berlin 49 / Espionnage, livre, berlin, bond, agent secret

Berlin 49

Le romancier et scénariste Alex Meier, d'origine juive, a fui l’Allemagne nazie avant guerre, et s’est réfugié en Californie. Mais, victime de la chasse aux sorcières, il est accusé de sympathies communistes et expulsé des Etats-Unis. Comme d’autres intellectuels – Bertold Brecht par exemple – il choisit de rentrer au pays. Mais quand il revient en janvier 1949, il ne reconnaît pas la ville de son enfance. Berlin est en ruines : une ville fantôme, dévastée par les bombes, paralysée par le Blocus soviétique, où les avions du pont aérien vrombissent jour et nuit… Accueilli à bras ouverts par le nouveau régime (les communistes, trop contents d’avoir un écrivain au service de leur propagande), Meier a pourtant un secret. Juste avant son départ il a été convoqué par le FBI : s’il veut revoir son fils, il devra infiltrer les Rouges et renseigner la CIA. Autour de cet espion malgré lui, un thriller politique de très haut vol, dans une atmosphère délétère.

Berlin 49, de Joseph Kanon, traduit de l’américain par Lazare Bitoun, Éditions du Seuil, 2016, 460 p., 22,50 €.

Percy Kemp, Le Grand Jeu / Espionnage, livre, berlin, bond, agent secret © DR

Percy Kemp, Le Grand Jeu / Espionnage, livre, berlin, bond, agent secret

Le Grand Jeu

Dans un futur tout proche, le monde est à feu et à sang. À cause du réveil, à Yellowstone, d’un puissant volcan, l’hémisphère nord est couverte d’un épais nuage de cendres. Revenu à l’ère glaciaire le monde a sombré dans l’anarchie : des millions de gens sont morts, des milliards d’autres, affamés, menacent de s’entretuer dans des conflits sanglants.

Les services secrets britanniques, prudemment repliés en Australie, lancent leur meilleur agent de renseignement, l’indolent dandy Harry Boone, sur les traces d’un biologiste seul capable d’enrayer la crise alimentaire, qui se terre sur le sous-continent indien.

Dans sa quête Boone, rencontre Mick, 12 ans, un jeune orphelin que le chaos du monde a jeté sur les routes. Romancier et consultant en géostratégie, Percy Kemp pose un regard aigu sur notre époque. Entre récit d’apocalypse, voyage initiatique et roman d’espionnage, ce Grand jeu où plane l’ombre de Kipling, est une fable sur l’humanité tout simplement époustouflante.

Le Grand Jeu, Percy Kemp, Éditions du Seuil, 2016, 410 p., 21 €.

Jean Echenoz, Envoyée spéciale, Éditions de Minuit © DR

Jean Echenoz, Envoyée spéciale, Éditions de Minuit

Envoyée spéciale

Ne tournons pas autour du pot : un de mes livres préférés de l’année. Quand Jean Echenoz, ce styliste inimitable, s’offre une parodie du roman d’espionnage, c’est à chaque page qu’on part d’un rire aussi silencieux qu’un Ruger MK II calibre 22. Pour une mission un peu spéciale (déstabiliser la Corée du Nord, en toute simplicité), un général des services secrets a besoin d’une femme. Jeune. Jolie de préférence.

Ni une ni deux, voici donc trois faux électriciens/vrais agents des renseignements, qui enlèvent un beau matin, rue de Passy, la charmante et bourgeoise Constance et l’emmènent quelques temps dans une planque au fin fond de la Creuse, histoire de « briser sa volonté » et de la rendre docile comme un agneau. Mais Constance, qui en fait s’ennuyait un peu dans sa vie oisive, n’est pas vraiment mécontente de son sort. Grand bien lui fasse d’ailleurs, car son mari n’a pas l’air pressé de payer la rançon. Et puis ses ravisseurs sont courtois, voire charmants, et cette captivité a des allures de partie de campagne. On ne vous dira rien, bien sûr, de la mission à Pyongyang, sauf qu’elle est tout simplement délectable. Echenoz se régale à se jouer des codes du genre. Et nous, on en redemande.

Envoyée spéciale, de Jean Echenoz, janvier 2015, Éditions de Minuit, 314 p., 18,50 €.

Kaplan & Masson, Il faut sauver Hitler / Espionnage, livre, berlin, bond, agent secret © DR

Kaplan & Masson, Il faut sauver Hitler / Espionnage, livre, berlin, bond, agent secret

Il faut sauver Hitler

Si vous vouliez des espions, vous allez en avoir pour votre argent ! Russes du KGB, américains de la CIA, agents italiens, ils sont tous là, à Rome en ce printemps 1958, occupés à traquer un certain Adolf Hitler... Ne tombez pas de votre chaise : on vous explique.

Convaincus qu’Hitler n’est pas mort dans son bunker, des anciens nazis ont monté une puissante société secrète (le Kreis) qui prépare en sous main la résurrection du Reich… Pour mettre hors d’état de nuire ces nostalgiques du Führer armés jusqu’aux dents, les services de renseignement français ont mis sur pied une opération baptisée Piège à cons, et embauché un sosie d’Hitler. Malheureusement, leur plan a si bien fonctionné que les services secrets du monde entier ont mordu à l’hameçon. Reste aux Français (le colonel Kaplan, son ami Nathan Masson et leurs acolytes) à sauver la pauvre doublure qui est dans un sacré pétrin !

Servie par un dessin spectaculaire, digne d’un bon Blake et Mortimer (le couple Kaplan/Masson connaitra-t-il leur formidable destinée ?) une BD trépidante dans la pure tradition de l’âge d’or des séries d’espionnage.

Il faut sauver Hitler, de Jean-Christophe Thibert, Éditions Glénat, mars 2016, 48 p., 13,90 €.

Crédits photo : EON Productions, DR
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Article paru dans le numéro #107 VINYLE
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