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Théo Siffrein-Blanc
News | 9 avril
5 mn

Primeurs à Bordeaux : un retour aux prix du marché ?
Un millésime 2015 prometteur et des prix plus raisonnés pour donner un nouveau souffle aux vins de Bordeaux.

Un millésime 2015 prometteur et des prix plus raisonnés pour donner un nouveau souffle aux vins de Bordeaux. Primeurs © DR
« Millésime exceptionnel », « millésime de la décennie » : pour cette édition 2015 des primeurs, l’éloge le dispute au dithyrambe. Après un inégal millésime 2013 et une année 2014 sans éclat, l’engouement suscité par ce dernier cru pourrait relancer les ventes du vignoble. Mais à quel prix ?

Fixer le prix du marché

Comme chaque année, environ cinq mille importateurs, grossistes et cavistes du monde entier se sont rendus dans les châteaux bordelais pour goûter la production en cours d'élevage.
Cette semaine de dégustation, organisée par l'Union des grands crus de Bordeaux (UGCB), qui réunit 133 des plus grandes propriétés, permet de fixer les prix d'ici à quelques semaines et de vendre deux ans avant livraison.
Ce rituel unique au monde a largement contribué au succès de Bordeaux, apportant aux producteurs notoriété et trésorerie, et permettant souvent aux acquéreurs de réaliser une économie.
Mais ces dernières années, le système des primeurs s’était grippé. En 2009 et 2010, les prix se sont envolés. Or, la qualité moindre des millésimes suivants ne s’est pas traduite par un réajustement des prix à la baisse. Des acheteurs ont ainsi acquis des vins à des prix bien au-delà du marché, ce qui a augmenté les stocks et affaibli les capacités financières des négociants. Le contexte de crise, notamment en Russie, au Brésil ou en Chine, couplé à des lois restrictives sur les cadeaux pour ce dernier, a contribué aux tensions sur le marché.
Un millésime 2015 prometteur et des prix plus raisonnés pour donner un nouveau souffle aux vins de Bordeaux. Primeurs © DR
2013, millésime aux volumes historiquement faibles, ainsi que la baisse de la demande à l’international ont semble-t-il ramené les vignobles à la raison.
« On a un bon millésime, voire très bon, qu'on peut comparer au 2005 mais avec plus de corps. On s'attend à une hausse par rapport à 2014, normale et souhaitable compte tenu de sa qualité », explique François Lévêque, l'un des plus grands courtiers de la place. « Mais si le 2015 est au prix de sortie du 2009, on n'y arrivera pas. Je suis optimiste, j'ai le sentiment que les propriétaires l'ont compris », ajoute-t-il.

La vie sans Parker

Avec une récolte qui n’a pas été aussi bonne depuis 2010, la semaine des primeurs a été une réussite. D’autant que Robert Parker, dont les notes ont pendant longtemps fait les prix du marché, n’est plus là pour alimenter la spirale inflationniste. Ce dernier ne déguste plus les vins de Bordeaux qu’en livrable.
« Avant, je proposais un prix à certains propriétaires en fonction des volumes, des stocks. Ils mettaient mon papier dans la poche et ils attendaient la note Parker. Si elle était supérieure à 93, mon papier ne servait à rien et ils fixaient leurs prix au-dessus », se souvient François Lévêque. « Déparkérisé », Bordeaux peut de nouveau joueur son rôle de prescripteur et les producteurs s’affranchir d’une production calibrée pour le critique.
Malgré un enthousiasme justifié, la prudence s’impose. Un vin ne peut se juger qu’une fois mis en bouteille. Et l'évolution des vins du millésime 2010, très médiatisé, révèle parfois quelques déceptions. Pour un certain nombre de vins, les prix de ce millésime sont 30 % moins cher que le marché primeur.
Crédits photo : DR
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Article paru dans le numéro #106 SCALE UP
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