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Emmanuel Brousse
Reportage | 24 avril
Affairés derrière leurs ordinateurs bardés de gadgets, des dizaines de geeks scrutent leurs écrans avec attention dans le vrombissement de dizaines de ventilateurs. Régulièrement, l'un d'eux se lève et asperge sa machine d'azote liquide, ce qui dégage d'impressionnantes volutes de fumée pour le public de la Gamers Assembly de Poitiers.
Ces informaticiens de l'extrême participent à une compétition d'overclocking (« surfréquençage »), un concours visant à pousser leurs machines au maximum de leurs possibilités de calcul, notamment en soumettant les processeurs à des températures extrêmes.
Tous ces fanatiques de hardware font cela avant tout par amour de la technologie et de la compétition. Mais les meilleurs sont sponsorisés par les fabricants d'informatique, comme le montrent les logos qui décorent leurs vestes, casquettes et machines. Rien d'étonnant, car ces bricoleurs de génies sont revenus sous le feu des projecteurs et l'industrie ne compte pas passer à côté d'une occasion de surfer sur la tendance du moment.
Après les débuts de l'informatique où le Do it yourself avait engendré quelques belles success stories, le monde était entré dans l'ère de l'Internet de masse. Immense et incroyablement complexe, le web n'a jamais cessé d'être un vivier d'innovation, mais celles-ci semblaient désormais être l'apanage des géants de la Silicon Valley ou d'ambitieuses startups.
Les bricoleurs de garage appartenaient déjà à la légende de l'informatique mais ne devaient plus avoir de vrai rôle à jouer dans l'évolution de la technologie tant celle-ci apparaissait désormais inaccessible pour quelques personnes isolées.
Regroupés dans des communautés en ligne et reliés par les concepts d'Open Source, les « makers », adeptes du DIY spécialisés dans la high tech, n'ont jamais cessé de bricoler mais étaient désormais considérés par l'industrie comme des simples pratiquants d'un hobby en lien avec l'informatique.

Les informaticiens de garage ne sont pas morts

Pourtant, il était un peu tôt pour ranger au musée les « informaticiens de garage ». Ces dernières années, l'apparition de technologies nouvelles et la simplification de certains outils ont remis les bricoleurs sur le devant de la scène. L'arrivée sur le marché des drones, des imprimantes 3D et la démocratisation des solutions pour développer aisément des applications mobiles a donné aux makers les outils pour revenir en première ligne de l'innovation technologique. Et plus particulièrement dans le domaine de l' « Internet of Things », l'internet des objets qui constitue la prochaine étape de l'évolution du web.
Les yeux des fournisseurs d'accès comme ceux des géants de la Silicon Valley sont désormais rivés sur les objets connectés et les possibilités commerciales gigantesques qu'ils offrent. Toute la technologie est déjà prête pour connecter n'importe quel objet à un ordinateur ou à un téléphone. Il ne manque qu'une chose pour que commence la déferlante des objets connectés : de bonnes idées pour conquérir le public et le convaincre de connecter son quotidien à une interface virtuelle.
Or, si n'importe qui ne peut pas concevoir un smartphone de A à Z, il est à la portée de nombreux particuliers d'inventer un système pour inclure des capteurs dans un pot de fleur ou dans un thermomètre. La création de ce genre d'objets reposant sur l'inventivité plutôt que sur la complexité technique est le cœur même de l'activité des makers.
Maintenant que la course aux objets connectés est lancée, toutes les industries, fournisseurs internet, compagnies d'assurance font les yeux doux aux bricoleurs capables de trouver des concepts novateurs et d'en tirer des prototypes.
Makers © DR
Bien entendu, les makers ne sont pas insensibles à ces juteuses propositions. De plus en plus, les bidouilleurs amateurs se transforment en startup et lient des partenariats avec des industriels soucieux de prendre quelques coups d'avance dans la grande course aux objets connectés.
Techniquement, l'objet connecté repose sur quatre bases :
  Les composants (capteurs, hardware etc...)
  La transmission (choix du réseau par laquelle transite l'info diffusée par l'objet connecté : haut ou bas débit, dans un seul sens ou non...)
  La data (nature de l'info transmise et utilisation qui en est faite)
  L'interface homme-machine (la façon dont l'utilisateur aura accès à l'information transmise : sur son smartphone, son ordinateur, une appli, etc...).
Alors que débute la plongée massive de notre monde dans l'univers du tout connecté, les makers, et leurs bricolages redevenus soudainement très sérieux aux yeux de l'industrie, sont probablement ceux qui définiront les contours de notre quotidien de demain. Et dans le Far West des objets connectés où tout reste à faire, le grand gagnant sera très probablement celui qui saura mettre en premier la main sur les Géo Trouvetou les plus visionnaires.
Maker Faire Paris, à Paris Expo, Porte de Versailles, les 30 avril et 1er mai 2016.
Taipei IT Month Intel Overclocking test © DR
Taipei IT Month Intel Overclocking
Taipei IT Month Intel Overclocking test © DR
Taipei IT Month Intel Overclocking
Taipei IT Month Intel Overclocking test © DR
Taipei IT Month Intel Overclocking
Taipei IT Month Intel Overclocking test © DR
Concours d'Overclocking à Taipei
Taipei IT Month Intel Overclocking test © DR
Taipei IT Month Intel Overclocking
Crédits photo : DR, Back to the future, Back to the Future
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Article paru dans le numéro #108 OVERCLOCKÉ
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