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Emmanuel Brousse
Focus | 9 avril
9 mn

Scénario 4 : Red America
La campagne électorale américaine bat des records de confusion. Scénario 4 : Red America.

SCÉNARIO 4 : RED AMERICA © Gunter Von Kloster Kampen
Au lendemain de sa victoire dans le Wisconsin, Bernie Sanders le répète haut et fort : il peut encore gagner. La mobilisation pour sa campagne ne faiblit pas et les dons continuent d'affluer depuis tout le pays. La plupart des observateurs politiques doutent malgré tout des chances réelles du sénateur. Après tout, Hillary Clinton dispose de près de 400 super-délégués prêts à voter pour elle en plus de l'avance dont elle dispose dans les urnes.
Les choses commencent à changer quand Bernie Sanders remporte le très symbolique État de New York avec une large avance. La question qui a déjà agité les rédactions américaines lors des précédentes victoires du sénateur du Vermont revient une nouvelle fois sur la table : « Bernie Sanders pourrait-il l'emporter ? » Et de plus en plus, cette hypothèse devient crédible.
Alors qu'il peinait jusqu'ici à convaincre l'électorat noir, le candidat socialiste bénéficie d'un coup de pouce inattendu et involontaire de Donald Trump. Alors qu'une énième polémique éclate suite à la publication d'une photo montrant un homme vêtu d'une cagoule du Ku Klux Klan devant une pancarte « Make America great again », Sanders déclare à la télévision que « s'il souhaitait réellement rendre sa grandeur à l'Amérique, Donald Trump lirait des discours de Luther King et chasserait les cagoules blanches de ses meetings ». Le tweet reprenant ces propos est repris par nombre de personnalités du showbiz et se répand sur les réseaux sociaux comme une traînée de poudre.
Lors du scrutin en Pennsylvanie, où Hillary Clinton était supposée l'emporter aisément, Bernie Sanders l'emporte avec une large marge et bénéficie de scores inhabituellement hauts auprès des populations noires. Les médias s'interrogent sur un « effet Luther King » tandis que le sénateur du Vermont répète à qui veut l'entendre que la roue a tourné et que la victoire est désormais à portée de main.
Alors que la polémique sur les emails d'Hillary Clinton ressurgit, la campagne de Sanders poursuit son envolée. Le grand final du mois de juin le voit triompher en Californie et au Nouveau Mexique alors qu'Hillary Clinton est critiquée pour le manque de réactivité dont elle fait preuve. Les primaires s'achèvent avec une dernière victoire de Bernie Sanders dans le Dakota du Sud. Avec 10 délégués d'avance, il remporte les scrutins ouverts mais reste à la merci d'Hillary Clinton qui bénéficie du soutien des fameux super-délégués qui devraient théoriquement lui donner la victoire lors de la convention de Philadelphie fin juillet avec une large marge.
Pendant tout le mois précédant la convention, d'immenses rassemblements de partisans de Bernie Sanders ont lieu dans les grandes villes du pays et réclament que leur candidat soit investi en demandant aux super-délégués de ne pas aller à l'encontre du résultat des urnes. Le mot d'ordre #RespectOurVote s'inscrit aussi bien sur les réseaux sociaux que sur des milliers de pancartes. Voyant dans cet engouement populaire une façon de promouvoir leurs propres carrières locales, une vague de « super-délégués » rejoint Bernie Sanders pour ne pas « faire mentir l'élection ».
Du côté des Républicains, Donald Trump n'a pas réussi à obtenir le nombre de délégués nécessaires pour échapper au traquenard que constitue la convention de Cleveland du 18 juillet. Alors qu'un blocage se profile, les médias commencent à évoquer une candidature républicaine « de rassemblement » autour de Paul Ryan ou John Kasich. Or, ces deux candidats éventuels sont bien moins clivant que Ted Cruz et Donald Trump et pourraient profiter du manque d'engouement pour la campagne d'Hillary Clinton pour l'emporter en novembre.
Confrontés à un engouement populaire en faveur de Sanders qui ne faiblit pas et effrayés par la perspective de perdre en novembre une élection qui semblait gagnée d'avance, les responsables du parti démocrate se retrouvent dans une position délicate. Faut-il soutenir Clinton à qui ils ont juré allégeance mais qui a perdu la bataille des délégués dans les urnes et dont la popularité est en berne ? Ou faut-il soutenir Bernie Sanders dont l'impressionnante dynamique et la légitimité électorale donnent de sérieux arguments ?
Un sénateur démocrate qui avait promis son soutien à Clinton saute le pas et affiche un selfie sur Twitter où il brandit une affichette « Sorry Hillary but I'll vote Bernie #RespectOurVote ». Les militants jeunes et ultra-connectés du sénateur du Vermont se saisissent de l'occasion et retweetent l'image des milliers de fois avant d'organiser une grande manifestation à New York où des pancartes « THANK YOU Senator » sont brandies pour inciter les autres super-délégués à faire de même.
C'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase et nombre de super-délégués rejoignent le camp de Bernie Sanders qui finit par emporter l'investiture démocrate lors de la Convention de Philadelphie alors que Donald Trump parvient finalement à être investi comme candidat républicain après trois journées d'intenses tractations et d'incertitude à Cleveland.
Une nouvelle campagne démarre et le magnat de l'immobilier accuse Sanders d'être trotskyste et « rouge partisan de Fidel Castro ». Alors que les médias s'interrogent dans un premier temps sur la capacité d'un candidat aussi marqué politiquement que Bernie Sanders de l'emporter, le positionnement tout aussi clivant de Donald Trump laisse toutes ses chances au « socialiste » de s'installer à la Maison Blanche alors même qu'il aurait été balayé face à un candidat plus consensuel.
En novembre, une élection entre deux candidats atypiques se tient et, conformément aux sondages, Bernie Sanders l'emporte relativement facilement avec 53,5 % des suffrages. Fox News se désole de ces années où il faudra supporter une Amérique « Rouge » que les éditorialistes conservateurs n'hésitent déjà pas à comparer au Vénézuela de Chavez ou à l'URSS. En Europe, des centaines de pages sont rédigées pour expliquer le processus qui a fini par faire tomber les Etats-Unis dans les bras du socialisme. Libération publie un portrait de Sanders reprenant le graphisme de la célèbre affiche d'Obama et le fameux slogan HOPE.

Un autre scénario ?

SCÉNARIO 1 : DONALD TRUMP PRÉSIDENT ! © Gunter Von Kloster Kampen

Scénario 1 : Donald Trump président !

La campagne électorale américaine bat des records de confusion. Scénario 1 : Donald Trump président !

SCÉNARIO 2 : LA PLUS GROSSE RACLÉE DE L'HISTOIRE - HILLARY CLINTON © Gunter Von Kloster Kampen

Scénario 2 : La plus grosse raclée de l'Histoire

La campagne électorale américaine bat des records de confusion. Scénario 2 : La plus grosse raclée de l'Histoire

SCÉNARIO 3 : LE PRÉSIDENT QUE PERSONNE N'ATTENDAIT © Gunter Von Kloster Kampen

Scénario 3 : Le Président que personne n'attendait

La campagne électorale américaine bat des records de confusion. Scénario 3 : Le Président que personne n'attendait.

Crédits photo : Gunter Von Kloster Kampen
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Article paru dans le numéro #106 SCALE UP
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Scénario 4 : Red America à un ami.
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