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Alexis Rivière
Focus | 1er mai
6 mn

L’esthétique comme arme de disruption
Nous voulons nous démarquer par une vision du beau à tous les étages.

Alexis Rivière, Galabé © DR
Et si l’innovation et la création valeur provenaient, dans certains domaines, de la volonté d’assumer une vision esthétique?
Cette démarche imprègne l’ensemble de notre activité chez Payet & Rivière. Elle habite la petite histoire du Galabé d’abord, ce sucre brut de La Réunion disparu depuis plusieurs décennies que nous travaillons à faire renaître sur les grandes tables gastronomiques et au-delà. Autrefois consommé comme une confiserie, ce produit est une véritable Madeleine de Proust pour les réunionnais de la génération de mes parents.
Alexis Rivière, Galabé © DR

Alexis Rivière, Galabé

Notre manière de produire répond également à une exigence esthétique. Nous souhaitons être des vignerons de la canne. En travaillant sur la sélection variétale et en faisant des propositions lisibles du point de vue de la transformation – notre sucre ne contient ni additifs, ni colorants ni conservateurs – nous voulons valoriser l’image de la canne. C’est une plante qui peut donner vie à des produits remarquables, réalisés dans le respect de la terre, de la plante, d’un savoir-faire et donc de nos partenaires.

Satisfaire cette vision esthétique, c’est respecter un héritage sans être conservateurs. C’est chercher en permanence à innover, comme lorsque nous avons lancé, avec la Distillerie de Paris, un nouveau genre de rhum, justement à base de Galabé. Nous souhaitons faire valoir une démarche différente, cohérente des champs aux barriques, pour proposer un bon produit, qui corresponde tout simplement à ce que nous aimons.
L’approche que nous construisons dans le domaine des spiritueux se différencie parce qu’elle repose sur un choix précis du segment que nous souhaitons occuper sur ce marché. Il s’agit là encore d’un parti pris esthétique. La définition de ce qui est bon et donc de ce qui a de la valeur est principalement ordonnée par le temps et la rareté. Un rhum qui a 15 ou 20 ans d’âge est supposé nécessairement meilleur qu’un rhum jeune, un rhum ambré est meilleur qu’un rhum blanc et rien n’a plus de valeur qu’une bouteille produite par une distillerie qui a fermé. Bien entendu, les préférences n’existent pas par hasard et nous comprenons très bien celles de certains consommateurs, que nous pouvons également partager. En la matière, nous considérons aussi que le travail du temps n’est pas systématiquement gage de de qualité et qu’il n’est, en tout état de cause, pas le seul. Notre offre se construit sur la conviction que l’on sait faire du très bon grâce au travail et à l’innovation.
Alexis Rivière, Galabé © DR
Enfin, la performance du paradigme esthétique suppose la mise en valeur d’une identité forte qui s’exprime évidemment à travers la marque et le packaging. Dans le cas particulier de Payet & Rivière, nous avons voulu assumer et valoriser notre identité créole, la réalité de notre géographie et de notre histoire, contre l’imagerie tropicaliste, celle du coupeur de cannes et toutes les autres représentations qui produisent une image péjorative. A mes yeux, la Réunion est un jardin très français et l’identité créole en général dit quelque chose de très beau de la France, aux français et à tous ceux qui dialoguent avec elle. Il vit dans les territoires ultramarins une culture forte, de la poésie de Saint-John Perse à la musique d’Alain Péters, une culture qui se réinvente chaque jour, dans une idée certaine du vivre ensemble.
Ainsi, je suis convaincu qu’une vision radicale du point de vue esthétique et que l’on transmet, autant que faire se peut, dans chacune des dimensions de son activité, permet de se démarquer et de construire une réalité distinctive. Chez Payet & Rivière, une congruence originale entre le terroir, notre histoire et nos produits nous a ouvert une voie sur laquelle nous nous sommes engagés avec détermination.

Ce que je peux partager sur mon expérience entrepreneuriale :

 Dans le choix d’entreprendre : Comme dans toute activité, bien faire son travail dépend du rapport que l’on entretient avec soi-même. Dans mon cas particulier, le désir de créer est le moteur principal et j’ai trouvé là mon terrain d’expression. Connais-toi toi-même. Merci Platon.
 L’exécution : Il faut être au contact des réalités particulières qui se rapportent à la conception et à la mise en œuvre de son projet. Il faut vouloir se lever pour boxer avec ces réalités et développer un écosystème d’anticipation.
 Worse vice is advice : les conseils c’est bien, mais l’action c’est mieux.
Alexis Rivière
Pdg Payet & Rivière
Crédits photo : DR
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