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Théo Siffrein-Blanc
À savoir | 24 avril
6 mn
La France, où est née la course automobile en 1894, n’avait pas vu un Grand Prix se dérouler sur son territoire depuis 2008 et dans Paris depuis 1951. Pour cette septième étape de la deuxième saison du championnat du monde de Formule E, course de monoplaces 100 % électriques, les organisateurs ont tapé fort : 2,3 km de circuit autour des Invalides, 15 000 spectateurs et Canal+ derrière les caméras.
Dans ce décor royal, c’est le Brésilien et leader du championnat Lucas di Grassi (Audi Sport ABT) qui s’est imposé au terme des 45 tours, creusant ainsi l’écart sur son principal rival Sébastien Buemi (Renault e.dams), malgré une remontée impressionnante de ce dernier de la 8e à la 3e place. L’autre duel qui a animé la course a opposé les deux DS-Virgin, celles de Vergne (2e) et de Bird (6e), qui se sont livrés un combat spectaculaire menant le second à la faute.
Les spectateurs et les personnalités venus en masse – Albert de Monaco, Manuel Valls, l’acteur Tomer Sisley – ont ainsi assisté à un vrai show qui confirme après ses passages à Dubaï, Mexico et Pékin que la Formule E est en train de s’imposer comme une discipline à part entière, avec ses spécificités.
La première est le bruit des bolides. Le vrombissement des F1 a laissé place à un bruit aigu et métallique de réacteur, qui n'entame pas la sensation de vitesse, les monoplaces électriques pouvant atteindre 210 km/h sur des circuit plus étroits que ceux de la F1. « C’est au moins aussi technique que la F1 », observe Pablo, jeune pilote espagnol de touring, « la piste est étroite, les pilotes n’ont droit qu’à six pneus pour toute la journée et le revêtement est glissant, c’est dur de dépasser ! »
Autre spécificité, les 18 pilotes des neuf écuries en compétition sont tenus de s’arrêter au stand pour changer de voiture à mi-parcours, les batteries de 28 kw (soit 5 300 batteries d'iPhone ou 600 batteries d'ordinateur portable) ne pouvant tenir qu’une trentaine de minutes à plein régime. « Nous voulons doubler l'autonomie des batteries d'ici trois ans », expliquait à Mexico Alain Prost, propriétaire de l’écurie Renault e-Dams, ce qui permettrait donc de supprimer cet arrêt au stand.
La recherche réalisée doit permettre des transferts de technologies aux voitures de série. Car le but de cette compétition est clair : promouvoir l’électricité comme mobilité d’avenir. « Les voitures électriques sont faites pour les grandes villes, car c’est la meilleure solution de mobilité et cela offre plus de possibilités de transport », estime ainsi Jean Todt, le président de la Fédération internationale d’automobile (FIA) et instigateur de cette discipline.

Grands noms et « show social media »

Pour gagner rapidement en notoriété, l’ancien directeur de Ferrari a su mettre en place une stratégie marketing payante. Dans les paddocks, de grands noms de la Formule 1 ont été réunis : Nicolas Prost, premier pilote de l’écurie dirigée par son père, le plus grand pilote français de l’histoire ; Bruno Senna, le neveu de son meilleur rival ; ou encore Nelson Piquet Jr, fils d’une autre légende brésilienne. La participation de Venturi, l’écurie monégasque cofondée par Gildo Pastor et la star américaine Leonardo Di Caprio vient ajouter aux paillettes. De quoi attirer de nombreux sponsors soucieux de leur image « green », comme Pernod-Ricard qui s’est tourné vers la FE après quinze années de partenariat avec la F1.
Cette compétition se veut également plus proche du public et interactive. Le public est d’ailleurs un acteur à part entière de la course grâce au Fan Boost. À chaque manche, le pilote qui reçoit le plus de suffrage sur les réseaux sociaux se voit accorder un surplus de 40 chevaux durant la course. Si le public semble apprécier, la F1 raille volontiers sa petite sœur : « Un show 'social media', fun, avec animations et DJ », résume Romain Grosjean, pilote français de F1. Une façon de dire que F1 et FE ne boxeront jamais dans la même catégorie ?

Making-of du circuit parisien

Crédits photo : Dominique Fontenat
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Article paru dans le numéro #108 OVERCLOCKÉ
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