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Pascal de Rauglaudre
Recommandation | 25 oct.
4 mn

Lucia di Lammermoor, démente et radieuse
Pretty Yende, prodigieuse soprano, interprète Lucia di Lammermoor, opéra romantique de Donizetti, à l'Opéra Bastille, jusqu'au 14 novembre.

Pretty Yende, prodigieuse soprano, interprète Lucia di Lammermoor, opéra romantique de Donizetti, à l'Opéra Bastille, jusqu'au 14 novembre. © Sébastien Mathé
Pretty Yende, prodigieuse soprano, interprète Lucia di Lammermoor, opéra romantique de Donizetti, à l'Opéra Bastille, jusqu'au 14 novembre. © Sébastien Mathé
Pretty Yende, prodigieuse soprano, interprète Lucia di Lammermoor, opéra romantique de Donizetti, à l'Opéra Bastille, jusqu'au 14 novembre. © Sébastien Mathé
Pretty Yende, prodigieuse soprano, interprète Lucia di Lammermoor, opéra romantique de Donizetti, à l'Opéra Bastille, jusqu'au 14 novembre. © Sébastien Mathé
Pour promouvoir sa carrière politique, Enrico Ashton de Lammermoor, noble écossais, décide de marier sa sœur Lucia avec Arturo Bucklaw. Mais Lucia est amoureuse d’Edgardo de Ravenswood, famille rivale des Lammermoor, et elle refuse le projet de son frère, qui est cependant prêt à tout pour parvenir à ses fins.

Lucia finit par épouser Arturo, mais Egdardo rentre de voyage au moment précis de la signature du contrat de mariage. Découvrant la trahison de Lucia, il la maudit, lui faisant perdre la raison. Dans un accès de folie, Lucia assassine Arturo puis s’effondre. Apprenant la mort de sa bien-aimée, Edgardo se poignarde.

Lucia di Lammermoor, c’est LE chef-d’œuvre romantique de Gaetano Donizetti, et un grand classique du bel canto. Créé en 1835 au théâtre San Carlo de Naples, sur un livret de l’auteur italien Salvadore Cammarano, son succès ne s’est jamais démenti. Il contient plusieurs morceaux de bravoure, dont le fameux air de la folie, lorsque Lucia perd la raison, et le célèbre sextuor du mariage, quand Edgardo débarque à l’improviste pendant le mariage, ou encore le désespoir chanté par Edgardo au dernier acte.

Pretty Yende, soprano bouleversante

La mise en scène d’Andrei Serban, actuellement présentée à l’Opéra Bastille, qui date de 1995, n’a rien perdu de sa force. Le décor est dominé par les tonalités de gris et les corps masculins, entre salle de gymnastique militaire et amphithéâtre de la Salpêtrière. De part et d’autre de la scène, deux structures métalliques figurent l’impossible alliance entre Lucia et Edgardo et plus largement les rivalités inconciliables entre les deux familles.

Mais ce qui rend cette version de Lucia di Lammermoor si émouvante, c’est sans conteste la prodigieuse soprano sud-africaine Pretty Yende, déjà connue du public parisien quand elle avait chanté Rosina, dans le Barbier de Séville. La perfection de sa voix dans les airs les plus difficiles, son agilité dans les vocalises, son excellence dans les aigus et les legatos font frissonner. Elle transcende littéralement le rôle de Lucia, dans une palette vocale d’une puissance stupéfiante. Sans oublier son jeu audacieux et expressif, et son sourire radieux, sur la balançoire, à la fin de la scène de l’habillage, dans le premier acte.

À l’écoute des voix, l’orchestre de l’Opéra de Paris, dirigé par Ricardo Frizza, les valorise sans jamais les écraser. Le solo de flûte et les commentaires mezza voce du chœur qui accompagnent Lucia dans sa démence soulignent avec délicatesse l’ambiance poignante de la scène. Enfin, le timbre limpide du ténor ukrainien Oleksiy Palchykov, dans le rôle faussement naïf d’Arturo Bucklaw, et l’aisance du baryton Artur Ruciński, interprète du cruel Enrico Ashton, dans les graves et les aigus, ajoutent à la distribution splendide de cette version de Lucia de Lammermoor.
Lucia di Lammermoor, à l’Opéra Bastille, du 14 octobre au 16 novembre 2016.
Crédits photo : Sébastien Mathé
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