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Pascal de Rauglaudre
Focus | 28 nov.
5 mn
« Les talents sont comme des produits : ils ont un prix, alors pourquoi ne se vendraient-ils pas aux enchères ? » À cette question iconoclaste, Jérémy Roffe-Vidal, ancien DRH de grands groupes comme Capgemini, Alstom Power ou Dell Computer, et ses deux associés, Julien Jourdan et Christopher Roffe-Vidal, apportent une réponse qui ne l’est pas moins : Ladiv, une nouvelle plateforme de recrutement dans laquelle les candidats se vendent aux enchères. « Disruptive et décalée », selon les termes de ses fondateurs, Ladiv compte déjà parmi ses clients Groupon, Mazars, Altran et Assystems.

Après l’univers du jeu et les sites de rencontres, le recrutement s’inspire donc des enchères et de la gamification. Le principe est simple : sur Ladiv, les candidats filtrent les offres d’emploi selon plusieurs critères, dont la qualité de vie, le type d’entreprise et le lieu de travail (distance par rapport au domicile, présence d’une crèche…). Ils postulent en enregistrant une vidéo de présentation, et ils indiquent le niveau de rémunération qu’ils souhaitent, à l’intérieur d’une fourchette donnée par l’entreprise.

Le candidat devient stratège

Cette place de marché du recrutement fonctionne comme un compte à rebours qui s’étale sur 30 jours à compter de la publication de l’offre. Pendant ce délai chaque candidat a accès au nombre de postulants et à la moyenne des rémunérations, ce qui lui permet d’adapter sa stratégie en conséquence, en fonction de l’attractivité du poste et de ses objectifs. « Par exemple, je repère un poste, je dispose de 30 jours pour peaufiner mes expériences, mes soft skills et mes prétentions salariales, décrit Jérémy Roffe-Vidal. Un autre candidat, lui, préfèrera attendre les dernières 48h pour se comparer aux autres postulants, évaluer les rémunérations indiquées, et décider si ça vaut la peine de répondre à l’offre. »

Ladiv veut en finir avec le ‘Post and Pray’ : vous publiez votre annonce ou votre CV, et vous priez en attendant qu’arrivent le bon candidat ou la réponse de l’entreprise. « Quand j’étais DRH, je me suis rendu compte que les candidats voulaient être mis au centre du processus de recrutement, une preuve de leur réel intérêt pour l’entreprise, sa culture, ses rouages. Notre objectif avec Ladiv, c’est donc de leur offrir davantage de transparence et de créativité. »

Mieux vivre le recrutement

La transparence permet aux candidats de mieux vivre le processus de recrutement : « Ils peuvent affiner leur choix, se montrer plus motivés et donc plus pertinents dans leur recherche. » L’entreprise, quant à elle, rencontre des candidats qui ont pris une vraie décision. « Pour un recruteur, c’est un bon moyen de trouver la perle rare qui sera intéressée pour intégrer les équipes. »
Ladiv, « première place de marché de recrutement », veut transformer les candidats en stratèges de leur propre carrière.  © DR
Trop de transparence ne risque-t-il pas de tirer les salaires vers le bas ? C’est un risque de Jérémy Roffe-Vidal balaie d’un revers de main. « Aucun danger de dumping selon nous car l’entreprise fixe un seuil en-dessous duquel les candidats ne peuvent pas enchérir. De plus les profils des candidats comprennent une multitude de critères : ce n’est donc pas systématiquement le moins-disant qui gagne, mais celui qui se sera le mieux positionné pour montrer sa motivation. »
Pour Jeremy Roffe-Vidal, la place de marché interactive n’est rien d’autre que la démocratisation du processus de recrutement : « Les candidats se mesurent aux autres, ils peuvent se positionner sur des jobs où il y a très peu de candidats pour augmenter leurs chances d’être recrutés. »

Pour en savoir plus

Ladiv
Crédits photo : DR
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