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Christophe Salet
À savoir | 29 juin
7 mn

Les couleurs de l’abandon
Fascinée par la théâtralité des ruines, la photographe Gina Soden en a capturé toute la mélancolique beauté.

Gina Soden - Bath Haus © Gina Soden
Gina Soden - Mine Changing Room © Gina Soden
La photographie de lieux à l’abandon est devenue en quelques années un genre à part entière, popularisé par les nombreux adeptes de ce que l’on appelle « l’exploration urbaine ». Dans cette intense production photographique, peu d’images parviennent à égaler la théâtralité et le mystère des images de Gina Soden, une artiste britannique que rien n’effraie.
Gina Soden - Bath Haus © Gina Soden
Gina Soden - Bath Haus
L’univers des ruines et des lieux abandonnés, Gina Soden est tombée dedans à la fin des années 2000. Alors photographe portraitiste, elle reçoit une commande d’un DJ pour réaliser la pochette de son prochain album.
À la recherche d’un lieu pour les prises de vue, elle entend parler d’un asile abandonné proche de la ville d’Epsom, dans le Sud de l’Angleterre où elle réside. Elle se rend sur place et, pendant 12 heures, parcourt l’endroit sans s’arrêter. Elle y revient le lendemain, et encore le surlendemain...
Deux semaines plus tard, elle quitte son emploi pour se consacrer pleinement à sa nouvelle passion.
Depuis, cette amoureuse des lieux laissés au travail du temps parcourt l’Europe à la recherche des endroits les plus insolites, souvent au mépris des risques... et de la légalité !
Hôpitaux psychiatriques, écoles ou installations militaires, orphelinats, stations électriques... En Belgique, en République tchèque, dans la lagune vénitienne... « Il y a de la beauté dans le déclin. C’est un cliché, mais c’est la vérité », dit-elle.
Gina Soden - Eglise © Gina Soden
Gina Soden - Eglise
Gina Soden - Chemical Plan © Gina Soden
Gina Soden - Chemical Plan
Gina Soden - Krankenhaus © Gina Soden
Gina Soden - Krankenhaus
Cette beauté, Gina Soden ne se contente pas de la saisir. Dans ses photographies, les bâtiments semblent reprendre vie, et se situer dans un entre-deux chargé de mystère : entre sérénité et chaos, décrépitude et splendeur, absence de toute vie et présence de mille mémoires.
Le travail sur les couleurs est fondamental dans cette entreprise de « revitalisation » des ruines. Fascinée par Titien et Le Caravage, la photographe construit ses compositions autour de la lumière (toujours naturelle) et des lignes, très rigoureuses, grâce auxquelles elle parvient à apaiser le chaos et à conduire le regard du spectateur vers un détail du décor.

« J’aime raconter des histoires, mais sans en dire trop. Je veux que les gens qui voient mes photos aient la possibilité de s’échapper, que la magie de l’endroit saisisse leur imagination et les emporte ailleurs » .
Repérée dès 2012 par Rob et Nick Carter, les duo de curateurs du Groucho Club à Soho, Gina Soden a été invitée a exposer ses photographies dans le prestigieux club privé londonien, écrin d’une collection où se côtoient tous les enfants terribles de l’art contemporain britannique, de Damien Hirst à Michael Landy.

Ce soudain coup de projecteur lui a permis d’enchaîner les projets, récompensés par de nombreuses distinctions : finaliste du Holt Art Prize en 2012, nommée Artiste émergent de l’année au concours National Open Art en 2013, lauréate du Naylon Award pour la meilleure photographie l’année suivante... Un nom à retenir donc.
Gina Soden - Grand Nouveau © Gina Soden
Gina Soden - Grand Nouveau
 Gina Soden est représentée par la galerie en ligne Artistics.

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Crédits photo : Gina SodenDR, Gina Soden
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Article paru dans le numéro #118 SÉCURITÉ
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