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Recommandation | 22 mai
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Le box office de Pluris
Un manteau d'hermine, un gagnant au loto et une envoûteuse déshabillée : les plus belles toiles vues par la rédaction ces dernières semaines.

Incendies, un film de Denis Villeneuve, 2010. © DR
Incendies, un film de Denis Villeneuve, 2010.

Pour ton anniversaire

Un banal trio amoureux qui bascule dans un thriller psychologique, où l’histoire se mêle à la vie de chacun. On est en Allemagne de l’Est, au début des années 80. Deux amis d’enfance aiment la même fille. Georg est avec Anna, qui est aussi aimée de Paul. Dans tout trio, il y a un pacte : Georg donne Anna à Paul en lui faisant promettre de la lui reprendre quand il le souhaiterait, puis disparaît sans donner de nouvelles. Paul épouse Anna. Ils ont deux enfants et sont heureux. Trente ans plus tard, Georg réapparaît…
Un film rigoureux, caractéristique du cinéma allemand. Une intrigue adroitement menée jusqu’au dénouement, grandiose. Une subtilité psychologique. Et un peuple à jamais marqué par la privation de liberté, la surveillance, la suspicion…

 Pour ton anniversaire, de Denis Dercourt, 2014. Prix du public au Festival du Cinéma Allemand de Paris 2014.

Incendies

À la mort de leur mère, Jeanne et Simon Marwan, deux jumeaux, reçoivent deux enveloppes : l'une est destinée à leur père, qu'ils croyaient mort, l'autre à un frère dont personne ne leur a jamais parlé. Jeanne et Simon partent au Liban, à la découverte des douloureux secrets d'une famille dont ils ignoraient tout...
Inspiré d'une pièce du metteur en scène libanais Wajdi Mouawad, Incendies enchaîne les belles tirades poétiques, qui créent autant de moments intenses. Le spectateur avance au même rythme que les jumeaux, il va de révélation en révélation, et doit démêler le vrai du faux tout au long du film. À la fin, il ne sait plus qui sont les victimes et qui sont les bourreaux.

 Incendies, de Denis Villeneuve, 2010.

Nebraska

Woody Grant, vieil homme persuadé d'avoir gagné un million de dollars à une loterie, part au Nebraska pour percevoir son lot. Sa famille veut le placer en maison de retraite, mais son fils David l'accompagne en voiture pour chercher son chèque. En route, l'équipe fait halte dans la ville de naissance de Woody, et tombe sur des personnes à qui Woody doit de l'argent...
Voyage au cœur de l'Amérique engluée dans la crise, et où les habitants attendent que ça se passe. Cadrages splendides, ironie mélancolique, scénario burlesque comme un film des frères Coen, candeur crédible : toutes les qualités du feel good movie, sans la mièvrerie.

 Nebraska, d'Alexander Payne, 2014.

L'Hermine

Michel Racine, président de cour d'assises à Saint-Omer dans le nord de la France, ne se laisse jamais attendrir, et ses sentences dépassent toujours les dix ans, d'où son surnom de « président à deux chiffres ». Il a épousé une femme plus riche que lui, ce qui a ruiné sa vie personnelle. Lors d'un procès, il découvre que l'une des jurés est une femme dont il était amoureux...
C'est d'abord un film sur l'éloquence des prétoires. Les procès sont reconstitués avec soin et réalisme, sans à peu près ni vision caricaturale. En parallèle se noue une intrigue, l'histoire d'amour entre le magistrat Michel Racine et une jurée. L'émotion qui en résulte doit beaucoup au jeu des comédiens, Fabrice Luchini, très subtil, et Sidse Babett Knudsen, solaire et charnelle.

 L'Hermine, de Christian Vincent, 2015.

American History X

American History X est la fresque cruelle d'une jeunesse américaine en perdition, dont les seuls repères semblent être le communautarisme et la haine raciale. Porté par une interprétation magistrale de Edward Norton, le film de Tony Kaye raconte l'histoire de Derek Vinyard, jeune néo-Nazi envoyé en prison, héros incontestable de son plus jeune frère Danny. Sa réalisation, rythmée de passages en noir et blanc, capture la violence et le désespoir des jeunes protagonistes, sans tomber dans le pathos.

 American History X, de Tony Kaye, 1998.

The Wicker Man

Le sergent Neil Howie, fervent catholique, débarque sur l'île écossaise de Summerisle pour enquêter sur la disparition d'une fillette de 13 ans. Les habitants, qui lui sont hostiles, pratiquent un culte d'anciens dieux celtes, et leurs mœurs (orgies en plein air, cimetière profané, pédagogie particulière de l'institutrice, sacrifices humains pour améliorer les récoltes) le choquent. Il finit par comprendre que la population est sous influence d'un lord libertaire (Chistopher Lee)...
À la fois « film d'antihorreur » selon le réalisateur, manifeste hippie inondé de soleil et comédie musicale, The Wicker Man aurait provoqué un renouveau du paganisme en Grande-Bretagne. Ce très beau film inclassable perturbe par sa totale liberté de ton et le malaise qu'il instille sans aucune image d'épouvante. Dans une scène érotique mythique, la fille de l'aubergiste, interprétée par Britt Ekland, tente d'ensorceler le sergent avec un chant aux accents païens (extrait ci-dessous).

 The Wicker Man, de Robin Hardy, 1973.
Lire aussi Comment nous avons réalisé « The Wicker Man ».

Hunters

À la suite de la disparition soudaine de sa femme, un agent du FBI voit ses recherches l'amener jusqu'à une unité spéciale et secrète du gouvernement, constituée pour traquer un autre genre de terroristes, des criminels venus d'un autre monde.

 Hunters, de Natalie Chaidez, 2016.
Crédits photo : DR
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Article paru dans le numéro #112 SPÉCIAL CORÉE
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